La Ligue contre la Violence Routière est une fédération d’associations départementales dont le siège est à Paris. Toutes les associations fonctionnent selon les mêmes statuts et les mêmes valeurs. Elle se positionne comme un acteur majeur de la sécurité routière en France et en Europe. Cet article explore la définition de la Ligue contre la Violence Routière, ses actions, ses objectifs et les enjeux auxquels elle est confrontée.
Définition et Objectifs
La Ligue contre la Violence Routière se définit comme une organisation qui refuse que l’accident de la route soit considéré comme une fatalité. Elle n’accepte pas ces drames absolus que sont les tués et les blessés graves, car ils sont tous évitables. La Ligue prône une approche de la sécurité routière inspirée des démarches « vision zéro », avec l’objectif de zéro tué et blessé grave à l’horizon 2050, un objectif acté par l’ONU et l’Europe.
Elle défend l’idée que la route est un laboratoire de la citoyenneté qui peut contribuer à renforcer le sens du collectif. Le vivre ensemble exige que nous acceptions nos différences et que nous respections en priorité les usagers vulnérables. Les règles qui dictent notre conduite, comme le code de la route, sont pensées pour permettre ce vivre ensemble dans nos déplacements. Nous sommes tous, à un moment ou un autre, des usagers vulnérables. La conduite de véhicules doit inclure le respect des autres.
Actions et Engagements
La Ligue contre la Violence Routière est active sur plusieurs fronts :
Sensibilisation et Éducation
La Ligue s’engage dans des actions de sensibilisation et d’éducation auprès des conducteurs, en particulier les jeunes et les conducteurs novices. Elle insiste sur l’importance d’une plus grande prudence sur les routes. Elle souligne que la conduite dans un espace partagé est l’une des activités humaines les plus complexes, nécessitant une attention permanente et une prise de décisions rapide pour éviter les dangers.
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Elle met en avant la nécessité pour tout conducteur de connaître les mécanismes comportementaux et cognitifs qui influencent nos décisions, en s’appuyant sur les éclairages récents des sciences comportementales et cognitives. Le suivi éducatif doit cibler les hommes en priorité, car ils sont concernés et responsables de plus des ¾ des accidents graves.
Plaidoyer et Influence Politique
La Ligue exerce un plaidoyer auprès des pouvoirs publics pour l’adoption de politiques de sécurité routière ambitieuses et efficaces. Elle exige que soient mises en œuvre une volonté et une politique qui permettent d’aligner la France sur les meilleurs pays européens (Suède, Danemark, Irlande…) dont la mortalité sur les routes est deux fois moins importante.
Elle soutient le déploiement du Contrôle Sanction Automatisé (CSA) avec l’installation des premiers radars de vitesse, fixes et mobiles. La Ligue s’oppose à la non-suppression des points pour les dits « petits excès » de vitesse qui affaiblit le permis à points, ainsi qu’à la possibilité de conduire sans condition spécifique tout véhicule à partir de 17 ans.
Accompagnement des Victimes
La Ligue offre un soutien aux victimes d’accidents de la route et à leurs familles. Elle fournit des informations et des conseils pour les aider à naviguer dans les démarches administratives et judiciaires. Elle insiste sur la nécessité d’une prise en considération des souffrances et difficultés des familles, et d’une attention particulière à leur fragilité.
Elle recommande, face à la pression des parties prenantes (gendarmes, justice, assureurs…), de ne jamais prendre de décision, ni de signer de documents dans la précipitation. Elle conseille aux victimes de se faire accompagner par un médecin expert indépendant et un avocat pour défendre leurs droits.
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Promotion de la Mobilité Durable
La Ligue promeut une mobilité durable et respectueuse de l’environnement. Elle a été pionnière en la matière en publiant dès 2005 le Palmarès de la voiture citoyenne avec le concours de 60 Millions de Consommateurs. Ce palmarès montrait que les critères de sécurité pour les usagers de la route et de respect de l’environnement étaient parfaitement conciliables et en synergie.
Elle soutient que les impératifs de transition énergétique induisent des progrès dans la réduction des consommations et dans le développement et l’intégration des mobilités douces, notamment en milieu urbain, en partageant mieux les flux piétons, cyclistes/EDPM* et automobiles.
Enjeux et Controverses
La Ligue contre la Violence Routière est confrontée à plusieurs enjeux et controverses :
Acceptabilité des Mesures de Sécurité Routière
La Ligue doit faire face à une certaine résistance de la part de certains usagers de la route, qui perçoivent les mesures de sécurité routière comme punitives et contraignantes. Elle s’efforce de communiquer autrement pour que le rapport à la vitesse évolue vers plus d’apaisement et moins de précipitation inutile.
Elle alerte sur le fait que le coût de la sécurité routière en France (plus de 70 milliards d’euros par an) n’est à terme pas supportable. Viser zéro victime de la route, outre le fait de sauver des vies et d’éviter des drames absolus pour des milliers de familles innocentes, est une source d’économies qu’il faut avoir le courage politique de prendre en compte.
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Vitesse et Limitation de Vitesse
La question de la vitesse est au cœur des débats sur la sécurité routière. La Ligue est favorable à des limitations de vitesse adaptées aux différents types de routes, et s’oppose aux augmentations de vitesse qui peuvent compromettre la sécurité.
Dans l’Hérault, la limitation de vitesse est passée de 80 à 90 km/h sur un peu plus de 350 km de routes départementales. La Ligue contre la violence routière de l’Hérault a déposé un recours en annulation devant le tribunal administratif de Montpellier, pour contester les 25 arrêtés du département, qui prévoient le retour aux 90 km/h sur plusieurs portions de routes, dont certaines sont très fréquentées.
Sanctions et Impunité
La Ligue plaide pour une application plus stricte des sanctions en cas d’infractions au code de la route. Elle dénonce la tolérance de casiers judiciaires qui peuvent compter plus de 20 délits routiers, et le « pas vu, pas pris » qui permet à certains conducteurs d’échapper aux contrôles. Elle insiste sur la nécessité de mettre fin aux dispositifs qui permettent d’échapper aux contrôles, et de vérifier l’absence de failles de l’ensemble du système de contrôle des vitesses par les radars.
Comportements Déviants et Agressivité
La Ligue s’inquiète de la tendance aux comportements agressifs et individualistes sur les routes (« la route est à moi, les autres me gênent ») et à la prise de risque inutile. Elle souligne l’importance d’une éducation à la citoyenneté sur la route, et d’une prise de conscience des conséquences de nos actes.
Elle refuse qu’une minorité d’usagers de la route au comportement déviant continuent d’imposer leur violence à une majorité responsable. Si le besoin d’autorité est approuvé pour recadrer des comportements déviants à l’école, on en discute beaucoup plus pour la route où pourtant des vies sont en jeu. Face à des cas de récidive beaucoup trop importants, la dissuasion doit être bien plus forte.
Cadre Juridique et Textes de Référence
La lutte contre la violence routière s'appuie sur un ensemble de textes législatifs et réglementaires. Parmi ceux-ci, on retrouve :
- Code de la route: Plusieurs articles du code de la route sont cruciaux dans la définition des infractions et des sanctions. Par exemple, les articles L. 221-2 et suivants traitent des conditions de validité du permis de conduire, tandis que les articles L. 223-5, L. 224-16, L. 234-2, L. 234-8, L. 235-3, et d'autres, encadrent les sanctions pour diverses infractions, allant de la conduite en état d'ivresse à l'excès de vitesse.
- Code Pénal: Le code pénal intervient également, notamment avec l'article 434-41 qui concerne l'entrave à la justice, et les articles relatifs aux atteintes involontaires à la vie ou à l'intégrité physique.
- Loi n°52-401 du 14 avril 1952: Ce texte, bien que datant, pose des bases importantes concernant la réglementation des transports et les responsabilités des déménageurs.
- Ordonnance du 24 septembre 2000: Cette ordonnance, dont la ratification a été examinée, vise à adapter le droit pénal aux évolutions en matière de sécurité routière.