Le football, bien plus qu'un simple sport, est un art où l'esthétique du geste technique rencontre la passion du jeu. Des moments de grâce, d'audace et d'ingéniosité transforment une action banale en un instant mémorable. Certains gestes, devenus iconiques, portent le nom de leur inventeur, tandis que d'autres, anonymes, émergent des terrains pour défier les lois de la physique et de la logique. Ce lexique explore ces petits gestes devenus de grands noms, ces inspirations qui transcendent les palmarès et marquent l'histoire du football.
La "Feuille Morte" de Didi : L'Art du Coup Franc Trompeur
Inventée dans les années 1950 par l'international brésilien Didi, la « feuille morte » est une technique de frappe sur coup franc qui permet au ballon de retomber juste sous la barre transversale, piégeant ainsi le mur et le gardien. Cette trajectoire imprévisible, à la fois flottante et plongeante, est une véritable arme pour les tireurs de coups francs.
La "Madjer" : Talonnade Instinctive et Décisive
Lors de la finale de la Coupe d’Europe des Clubs Champions 1987 entre le FC Porto et le Bayern Munich, l’attaquant algérien Rabah Madjer a inventé un geste qui, désormais, porte son nom : marquer un but sur une talonnade. Dos au but, Madjer dévie instinctivement le ballon d'une talonnade audacieuse, offrant ainsi la Coupe d'Europe à Porto. Depuis, ce geste est imité, mais jamais égalé, incarnant l'improvisation et le génie du moment. La "Madjer" est plus qu'un but, c'est une légende.
La "Panenka" : Audace et Sang-Froid face au Gardien
Si Antonin Panenka a créé le geste lors de la séance de tirs au but du match de l’Euro 1976 entre l’Allemagne et la Tchécoslovaquie, Zinédine Zidane a donné un tout autre sens à la « panenka » en finale de la Coupe du Monde 2006 entre la France et l’Italie… Une pichenette audacieuse au centre du but, un pari risqué sur le plongeon du gardien. La "Panenka" est un geste de confiance ultime, une provocation élégante qui peut transformer un tireur en héros ou en bouffon. Zidane customisera le geste en ajouter "le toucher la barre transversale", oui un peu comme le "Challenge Téléfoot", en finale de la coupe du monde.
L'"Arconada" : Quand l'Histoire se Souvient d'une Bourde
L' "Arconada" : ou comment accoler son nom pour l'éternité à une grosse daube. Prenez un gros évènement international, par exemple la Finale de l'Euro 1984, un coup franc d'une star, disons Platini, et laisser glisser le ballon bien lentement sous votre ventre. Les commentateurs vous citent à chaque foirage de gardien de but, les enfants vous jettent des pierres… "Faire une arconada ", expression principalement employée en France lorsque le gardien de but se couche sur la balle mais que celle-ci lui glisse sous le corps. Ce terme fait référence au gardien espagnol Luis Arconada, auteur d'une erreur semblable lors de la finale de l'Euro 84 sur un coup franc de Michel Platini. Le ballon glisse entre les mains du gardien espagnol et rentre dans le but.
Lire aussi: Maillot NBA : comment choisir la bonne longueur (+2) ?
Le "Coup du Scorpion" de Higuita : L'Acrobatie Inutile et Spectaculaire
Fantasque gardien colombien, Rene Higuita a marqué les esprits sur la pelouse de Wembley en 1995 lors d’un match amical entre l’Angleterre et la Colombie. Pour sortir un tir cadré, il a tenté le « coup du scorpion », c'est-à-dire sortir le ballon des pieds par-dessus son dos. Un geste que peu ont su rééditer. Ce dégagement des talons après un plongeon en avant devant sa ligne de but vaut a René Higita le respect, pour l'élégance, le caractère inédit et surtout l'inutilité absolue de ce geste. Higuita, le dernier véritable artiste du football ? Une vie plus classique ensuite avec malgré tout un passage remarqué dans le "Relooking Extrême" colombien pour se refaire la tronche. Higuita recule un peu, saute en arrière et propulse le ballon hors de la surface à l’aide de ses talons: Le coup du scorpion est né. Il avouera qu’à la base, son intention était plutôt de bloquer la balle entre ses chevilles. Mais à l’entrainement, en tentant le geste, René dégage involontairement le ballon avec ses talons et la parade plait beaucoup à ses coéquipiers. "Tout le monde était content, mais j’attendais le moment que m’arrive un ballon en cloche et pas trop puissant, à parfaite hauteur, pour pouvoir le réaliser durant un vrai match. " Et le tir parfait arrive donc ce jour-là, à Wembley.
La "Cuauhtemiña" ou "Coup du Crapaud" : L'Art de Dribbler avec Astuce
Cuauhtémoc Blanco, s’il n’a pas connu une carrière exceptionnelle, restera pour la postérité l’inventeur de la Cuauhtemiña, aussi connu sous le nom de « coup du crapaud ». L’attaquant mexicain, à plusieurs reprises, a piégé des défenseurs en retenant le ballon entre ses pieds puis en sautant au-dessus des jambes de son adversaire pour se sortir du marquage. Le Mexique devient en un seul geste l'équipe la plus sympa de la Coupe du Monde 1998, Cuauhtémoc Blanco passe son saut a pieds joints avec le ballon entre les chevilles, pour passer un ou deux défenseurs. En France, on appellera ça plutôt un "saut du crapaud" quand, dans un match, un joueur prend la balle entre ses pieds et saute par dessus les défenseurs qui tentent de l’intercepter.
L'"Elastico" ou "Virgule" : La Caresse de Ronaldinho
Le double-contact, le flip-flap ou l’elastico, c’est ce geste où le joueur touche le ballon successivement de l’intérieur puis de l’extérieur du pied, ou inversement. Un geste qui a surpris plus d’un défenseur et dont Ronaldinho s’est rendu maître. On en a vu d'autres réussir cette virgule, notamment la grande carcasse d'Ibrahimovic, mais quand Ronaldinho fait ce geste face aux défenseurs marseillais lors d'un Clasico, le double contact devient une caresse sous le cuir, un pas de tango, un moment de grâce presque divin qui rend futiles les rivalités les plus tenaces.
La "Papinade" : L'Insolence du Geste Improbable
Jean-Pierre Papin restera un attaquant unique, qui tentait toujours sa chance quand une opportunité se présentait et, souvent, trouvait la cible. Pour faire une bonne Papinade, il faut de la magie, de l’impossible, de la grinta et un peu d’insolence, aussi. C’est Alain Pécheral, journaliste à La Provence qui est à l’origine du néologisme. C’est lors du match OM-Niort (1 but à 0) le 6 mai 1988 que Papin fera jaillir l’expression sous la plume du journaliste. Il venait de voir une volée "spectaculaire et parfaite, mais déclenchée hors de toute raison", dira-t-il. Il faut avouer que la Papinade n’a rien de ces gestes orthodoxes qu’on enseigne dans les écoles de football. Elle tient au bonhomme, à l’inspiration et à "cette étonnante relation affective avec le ballon qui permet au joueur de jauger, tel un ordinateur, la trajectoire, la vitesse, le “poids” de l’objet, et de traduire instantanément l’angle de frappe et le dosage de celle-ci " explique Alain Pécheral. Le premier prototype de la Papinade a été réalisé un peu avant, face au Matra Racing, qui s’était soldé par une victoire 2 buts à 0 avec Pascal Olmeta dans les buts.
La "Foquinha" de Kerlon : Dribble Irritant ou Génie Précoce ?
Si le nom de Kerlon ne vous dit rien, vous allez le découvrir grâce au geste qu’il a inventé. L’attaquant brésilien est l’auteur de la « foquinha » ou le coup du phoque. Après un jongle, il a gardé en équilibre sur sa tête le ballon pour le mettre hors de portée de ses adversaires. Un geste qui est souvent mal passé chez les défenseurs et qui est limite niveau règlement. On ne sait pas encore si le Brésilien Kerlon est le nouveau Ronaldinho ou le prochain Freddie Adu. Ce qu'on sait, c'est que c'est un petit con qui prend plaisir a traverser les défenses avec son dribble de l'otarie. Enervant pour les défenseurs, pas sûr que le choix de l'Inter de le prêter à l'Ajax, dans un championnat qui a enfanté de De Jong et Van Bommel, va rendre service au gamin.
Lire aussi: PSG vs Inter Milan : Analyse du match
Autres Gestes et Inspirations : Un Inventaire de Créativité
- La main de Dieu de Maradona : C’est encore quelque chose qui fait couler de l’encre mais Diego Armando Maradona a marqué l’histoire de la Coupe du Monde en marquant de la main face à Peter Shilton et l’Angleterre.
- Le retourné acrobatique de Cristiano Ronaldo : Dans les grands rendez-vous, le Real Madrid peut compter sur Cristiano Ronaldo. Le Portugais a marqué de son empreinte le quart de finale aller de Ligue des Champions cette saison avec un retourné parfait pour tromper Gianluigi Buffon.
- La passe du dos de Ronaldinho ("Espaldinha") : En plus de l’elastico, Ronaldinho s’est rendu célèbre pour un autre geste : la passe du dos ou l’espaldinha. Imité par de nombreux joueurs dont Dries Mertens, ce geste vient à surprendre la défense adverse avec une remise volontaire du dos sur une passe aérienne.
- Le coup franc de Roberto Carlos contre la France : Un an avant le Mondial 1998, lors du Tournoi de France, les Bleus affrontent le Brésil à Lyon et Roberto Carlos, sur un coup franc très lointain, a donné au ballon une trajectoire rentrante qui a piégé totalement Fabien Barthez. Une frappe qui n’a quasiment jamais été reproduite.
- La passe sur penalty de Messi et Suarez : C’est un geste qui, parfois, ne passe pas dans l’esprit de l’adversaire et qui est très risqué. Réussi par le duo Lionel Messi-Luis Suarez face au Celta Vigo en 2016, la passe sur penalty voit le tireur feinter tout le monde pour décaler le ballon en direction d’un joueur entré dans la surface dans le bon tempo. C’est quelque chose qui demande un timing impeccable pour ne pas être contraire aux Lois du Jeu.
- Le slalom de Benzema face à l'Atletico : Zlatan Ibrahimovic… Celui-là sait mettre les formes quand il arrive dans un nouveau club. Au Real Madrid, il y a la « Redondo », un petit pont sur talonnade pour effacer un adversaire en pleine course mais Karim Benzema a aussi créé son geste. Face à l’Atlético de Madrid en demi-finale retour de la Ligue des Champions 2016-2017, l’attaquant français a réalisé un slalom le long de la ligne de but face à trois défenseurs de l’Atlético pour servir Toni Kroos dont la frappe déviée par Oblak a permis à Isco de marquer.
- Le "Cruyff Turn" : Une feinte de frappe, un crochet intérieur pour faire passer la balle derrière sa jambe d’appui, et le tour (de magie) est joué!
- La passe aveugle de Belloumi, la roulette de Zidane, le "Jay-Jay" d'Okocha…
- Figures du football freestyle : « Tempe Abbas », « LATW », le « back flip catch », le « Jordan Stall »…
L'Importance du Dribble : Une Histoire de Maîtrise et d'Inspiration
Le football, souvent décrit comme un sport de beauté et de technique, a été marqué par des joueurs qui ont élevé l'art du dribble à un niveau exceptionnel.
- Garrincha : "Garrincha était un joueur unique, capable de faire des choses incroyables avec le ballon.
- Stanley Matthews : "Stanley Matthews était un joueur qui pouvait changer le cours d'un match avec un seul dribble.
- Johan Cruyff : "Cruyff était plus qu'un joueur, c'était un philosophe du football.
- George Best : "George Best était un joueur qui pouvait faire des choses incroyables sur le terrain.
- Lionel Messi : "Messi est un joueur qui peut faire tout ce qu'il veut avec le ballon.
- Cristiano Ronaldo : "Ronaldo est un joueur qui combine la force, la vitesse et la technique.
Pour devenir un bon dribbleur, il est essentiel de maîtriser le contrôle du ballon, la vitesse, l'agilité et une bonne vision de jeu.
Buts Spectaculaires : L'Apogée du Geste Technique
Au-delà des dribbles, certains gestes techniques sont spécifiquement destinés à marquer des buts d'une manière spectaculaire :
- La bicyclette : Un mouvement acrobatique qui demande une synchronisation parfaite.
- Le ciseau retourné : Une variation de la bicyclette pour surprendre les défenseurs.
- La talonnade : Un geste subtil pour rediriger le ballon de manière imprévisible.
- La volée : Un geste classique et élégant où le joueur frappe le ballon en plein vol.
- Le lob : Une technique utilisée pour envoyer le ballon au-dessus du gardien de but.
Lire aussi: Grands Matchs NBA