L'histoire du handball féminin est jalonnée de confrontations mémorables entre la France et la Russie. Ces deux nations, parmi les plus grandes de ce sport, ont tissé une rivalité intense, marquée par des victoires et des défaites partagées, des moments de tension et des émotions fortes. Des Jeux Olympiques aux Championnats d'Europe, en passant par les Mondiaux, chaque match entre les Bleues et les Russes est un événement à part entière, un duel au sommet où l'enjeu dépasse souvent le simple résultat sportif.
Genèse d'une Rivalité
La rivalité entre la France et la Russie en handball féminin s'est intensifiée au fil des années, alimentée par des rencontres cruciales dans les compétitions majeures. Ces deux nations ont régulièrement figuré parmi les prétendantes aux titres, se croisant souvent en phases finales des tournois. Chaque confrontation est un nouveau chapitre de cette histoire commune, un récit fait de défis, de revanches et de quête de suprématie.
Jeux Olympiques : Des Confrontations Épiques
Les Jeux Olympiques ont été le théâtre de moments marquants de cette rivalité. En 2016, à Rio, la Russie avait privé la France du titre olympique, remportant la finale 22-19. Les Bleues ont pris leur revanche à Tokyo, en 2021, en battant les Russes en finale 30-25, après avoir perdu en phase de poule (28-27).
Championnats d'Europe : La Quête du Titre Continental
L'Euro 2018 de handball s’est terminé par un choc entre la France et la Russie. Mais pour cette deuxième rencontre, ce sont les Bleues qui l’ont emporté et qui deviennent pour la première fois championnes d’Europe. Elles ont pris leur revanche sur la finale des jeux Olympiques perdue contre les mêmes Russes en 2016. En tête presque en permanence, les Françaises prenaient pour la première fois trois buts d'avance, un écart qu'elles allaient garder jusqu'à l'explosion finale. Le mérite de ces Bleues est immense car elles étaient attendues au tournant après leur médaille d'or de 2017.
Dans ce choc de très haut niveau, la tension a atteint son comble à la 36e minute après le carton rouge reçu par Allison Pineau, accusée d'avoir visé la tête de la gardienne russe sur un penalty. L'incident a eu le don d'exciter les 14.000 supporteurs qui remplissaient entièrement Bercy.
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Moments Clés et Anecdotes Mémorables
Au fil des années, plusieurs moments clés ont marqué la rivalité France-Russie en handball féminin. Ces événements, souvent chargés d'émotion et de suspense, ont contribué à forger la légende de ces confrontations.
L'Euro 2018 : Le Triomphe des Bleues à Bercy
L'Euro 2018 restera gravé dans les mémoires comme le sacre des Bleues à domicile. En finale, à Bercy, devant 14 000 supporters en délire, l'équipe de France a dominé la Russie 24-21, remportant son premier titre de championne d'Europe. Cette victoire, acquise avec panache et détermination, a marqué un tournant dans l'histoire du handball féminin français.
Allison Pineau expulsée en première mi-temps. Dans ce choc de très haut niveau, la tension a atteint son comble à la 36ème minute, après le carton rouge reçu par Allison Pineau, accusée d'avoir visé la tête de la gardienne russe sur un penalty. L'incident a eu le don d'exciter les 14.000 supporteurs qui remplissaient entièrement Bercy.
Le Carton Rouge Controversé d'Allison Pineau
La finale de l'Euro 2018 a été marquée par un fait de jeu controversé : le carton rouge infligé à Allison Pineau. Accusée d'avoir visé la tête de la gardienne russe sur un penalty, la star française a été exclue du match à la 36e minute, suscitant l'indignation du public et de nombreux observateurs. Malgré cette injustice, les Bleues ont su faire preuve de résilience et de solidarité pour décrocher la victoire. Jérôme Fernandez a sévèrement jugé la décision arbitrale qui a conduit à l’expulsion d’Allison Pineau en finale de l’Euro.
Olivier Krumbholz n’en revenait toujours pas après la rencontre, même après avoir triomphé (24-21) de Russes accrocheuses en finale de l’Euro. L’expulsion injuste d’Allison Pineau, pour un ballon qui a effleuré l’oreille droite de la gardienne adverse sur un jet de sept mètres, a jeté un froid glacial dans les travées de Bercy. Mais aussi provoqué la rage de Krumbholz et engagé les joueuses de l’équipe de France à se démultiplier sur le terrain. A la fin de cette belle histoire, l’épisode sera bientôt rangé au rayon des anecdotes. Jérôme Fernandez, entraîneur d’Aix-en-Provence et ancien arrière de l’équipe de France masculine, s’en est tout de même étonné. Il aurait pu priver Pineau d’un bonheur incommensurable. Une décision "incompréhensible à ce niveau""Je pense que Allison a fait l’effort de tirer à côté de la tête, c’est-à-dire au-dessus de l’épaule de la gardienne, a analysé Jérôme Fernandez sur RMC Sport. Et on le voit au ralenti, la gardienne a légèrement bougé la tête vers la gauche. C’est vrai qu’elle joue bien le coup parce qu’elle tombe par terre prétextant qu’elle a été touchée à la tête. Il y a une différence entre un tir pleine tête et un tir à côté, que le gardien peut éventuellement dévier. Très sincèrement, le carton rouge est totalement immérité. D’autre part, ce qui est incompréhensible à ce niveau, c’est de valider le but et d’adresser un carton rouge à la tireuse.
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Les Acteurs Majeurs de Cette Rivalité
Plusieurs joueuses ont marqué de leur empreinte la rivalité France-Russie en handball féminin. Côté français, des figures emblématiques comme Amandine Leynaud, Alexandra Lacrabère, Allison Pineau et Siraba Dembélé ont porté haut les couleurs de leur pays, enchaînant les performances de haut niveau et les moments décisifs. Côté russe, des joueuses telles que Anna Vyakhireva et Daria Dmitrieva ont également brillé, contribuant à faire de ces confrontations des spectacles inoubliables.
Les trentenaires, la capitaine Siraba Dembélé, Alexandra Lacrabère, en feu en finale, Camille Ayglon et la gardienne Amandine Leynaud, avaient connu les périodes difficiles d'avant 2016 et pour certaines l'échec du Mondial-2007, à Bercy déjà. Cette dernière, étincelante, a été la grande dame de l'Euro (4 buts en finale). Avec ses appuis fulgurants et son efficacité au tir, elle a élevé l'attaque française presque au niveau de sa défense, son traditionnel point fort.
L'Évolution des Stratégies et des Styles de Jeu
Au fil des années, les stratégies et les styles de jeu des équipes de France et de Russie ont évolué, reflétant les tendances du handball féminin moderne. La France a souvent misé sur une défense solide et une attaque rapide, tandis que la Russie a privilégié un jeu plus physique et basé sur la puissance de ses arrières. Ces différences tactiques ont rendu les confrontations encore plus intéressantes et imprévisibles.
L’équipe de Russie effectue moins de rotations que la France, qui possède l’un des meilleurs bancs du Mondial. Un détail qui pourrait commencer à compter, sachant que les équipes, qui jouent tous les deux jours, vont disputer leur sixième match de la compétition.
L'Impact sur le Handball Féminin
La rivalité France-Russie a eu un impact significatif sur le développement du handball féminin. Ces confrontations, souvent médiatisées et suivies par un large public, ont contribué à populariser ce sport et à attirer de nouveaux talents. Elles ont également incité les autres nations à élever leur niveau de jeu, stimulant ainsi la compétitivité et l'évolution du handball féminin à l'échelle mondiale.
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Perspectives d'Avenir
La rivalité France-Russie en handball féminin est loin d'être terminée. Ces deux nations continueront à se croiser sur les terrains, animées par la même passion et la même ambition de décrocher les titres les plus prestigieux. Les prochaines confrontations promettent d'être aussi intenses et spectaculaires que les précédentes, perpétuant ainsi la légende de cette rivalité historique.
En panne de tir longue distance Si l’équipe de France a conservé son ossature depuis Tokyo, beaucoup de choses ont changé côté slave. Après le départ de nombreux cadres, l’équipe entraînée par Liudmila Bodnieva est en reconstruction. Lors de son premier match du tour préliminaire, elle n’a pu faire mieux qu’un match nul (26-26) contre la Slovénie, une équipe que la France avait dominée facilement au tour préliminaire. Parmi les 16 médaillées d’argent de Tokyo, seules six joueuses russes sont présentes en Espagne. A 26 ans, l’arrière droite Anna Vyakhireva, élue meilleure joueuse des Jeux de Rio et de Tokyo (ainsi que de l’Euro 2018) a décidé de faire une pause dans sa carrière. La demi-centre Daria Dmitrieva, 26 ans également, en fait de même. Côté français, en revanche, l’effectif est au complet. Absente des derniers matchs en raison d’une entorse à la cheville, Laura Flippes, l’arrière du Paris 92, devrait faire son retour. La victoire étriquée au match précédent contre la Serbie (22-19) a montré à quel point son bras puissant manque à des Bleues en panne de tir longue distance.