L'histoire d'un club de football est une aventure humaine, faite de passion, d'engagement et de souvenirs. Celle du Football Club de Bry ne fait pas exception. Remonter le temps pour retracer son parcours est un défi, car les mémoires s'estompent et les archives se font rares. Cependant, à travers les témoignages d'anciens, les photos jaunies et les anecdotes précieusement conservées, il est possible de reconstituer cette fabuleuse histoire.
Genèse du club : Les pionniers de l'EDF et l'abbé passionné (1957-1967)
L'aventure commence en 1957, grâce à l'enthousiasme de quelques passionnés du ballon rond, travaillant pour la plupart comme agents EDF à la centrale thermique locale. Ces pionniers, dont les noms méritent d'être honorés, jettent les bases de ce qui deviendra le Football Club de Bry. Parmi eux, on retrouve Monsieur André Féliot (président), Pierre Michel (secrétaire), ainsi que Messieurs Fleury et Louis Tétart (trésoriers).
La section football prend ses quartiers sur le stade de la Garenne, inauguré lors de la saison 1958/1959. Un événement marqué par la présence de Bernard Viot, coureur cycliste de renom ayant participé à deux Tours de France, qui donne le coup d'envoi amical. Ce terrain sera plus tard rebaptisé Thierry Doret, en hommage à un joueur talentueux disparu tragiquement.
En 1960, l'ingéniosité et la détermination des premiers dirigeants, épaulés par des employés de la sucrerie et d'autres volontaires, permettent la construction des premiers vestiaires. Un acte fondateur qui témoigne de l'esprit d'initiative et de la solidarité qui règnent au sein du club.
La religion apporte également sa contribution à l'édifice, grâce à l'abbé André Bruneau, curé de la paroisse et l'un des fondateurs du club. Cet homme passionné n'hésite pas à troquer sa soutane contre une paire de chaussures à crampons pour entraîner les premières équipes de jeunes. Son engagement est tel qu'il ne s'offusque pas de voir les fidèles plus nombreux au stade que dans son église.
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Un tournant majeur intervient en 1967, lorsque l'abbé Bruneau, alors président, signe le récépissé en préfecture officialisant le nouveau nom du club : "Union Sportive Entente St Leu d'Esserent". La municipalité, consciente de l'importance d'une association sportive, décide de soutenir et de s'investir activement dans le développement du club.
Les dirigeants actifs de cette époque, tels que Pierre Michel, Michel Sarthou, Pierre Legrand, Marcel Miloriaux, Jean Petitpez, René Copeau et Jean Gateau, contribuent à structurer et à faire grandir le club.
Les années fastes : Convivialité, solidarité et premiers succès (1960-1980)
Les années 1960 à 1980 sont considérées comme l'âge d'or du club. C'est une période de convivialité, où dirigeants, joueurs et entraîneurs forment une grande famille. L'ambiance est chaleureuse et l'engagement de tous est total.
Chaque soir de la semaine, et même les week-ends, nombreux sont ceux qui se retrouvent sur le stade de la Garenne pour effectuer les travaux nécessaires à la pratique du football : traçage du terrain, tonte de la pelouse, peinture, nettoyage des vestiaires, installation des filets de buts, etc. Tout se fait localement, dans un esprit de débrouillardise et de solidarité.
Malgré une saison 1972/1973 difficile pour l'équipe fanion, reléguée en deuxième division, l'équipe Juniors brille en devenant vice-championne de l'Oise et finaliste de la Coupe de l'Oise. Cette performance lui permet d'accéder à la division d'honneur régionale, le plus haut niveau.
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La même année, sous l'impulsion de Michel Sarthou (président) et Julien Peckre (secrétaire), le club acquiert une structure métallique en kit, qui servira de garage pour abriter le célèbre tube Citroën, un véhicule précieux pour transporter les équipes de jeunes. Quelques années plus tard, ce dernier sera remplacé par un Peugeot J7.
En 1976/1977, les poussins terminent premiers de leur groupe et sont couronnés champions de Picardie. Un premier titre important qui récompense le travail accompli auprès des jeunes.
La saison 1977/1978 marque l'accession de l'équipe fanion au niveau "Promotion Interdistrict". Un succès qui doit beaucoup à Julien Peckre, secrétaire de l'époque, qui avait su déjouer une tricherie orchestrée par le club de Coye-la-Forêt et mener l'affaire jusqu'aux instances de la FFF.
Le mythique café des pêcheurs continue d'être le lieu de rendez-vous privilégié des joueurs et des dirigeants. Sur une idée de Marcel Doret, un wagon est installé au stade de la Garenne, grâce aux efforts de manutention considérables de Marhino, stoppeur de l'équipe fanion et employé aux établissements Bruyere. Ce wagon servira de club-house et de vestiaire improvisé.
Trois matchs disputés sur le stade de la Garenne restent gravés dans les mémoires : une victoire en Coupe de Picardie 3-2 face à l'AS Beauvais, une défaite 3-0 face à l'AS Creil en quart de finale de la Coupe de l'Oise devant près de 200 spectateurs.
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Progression des jeunes et construction du club-house (1980-1990)
Les années 1980 sont marquées par une belle progression des équipes de jeunes, avec trois d'entre elles qui accèdent aux championnats de Ligue. C'est la reconnaissance du travail accompli par les éducateurs et les dirigeants.
En 1984/1985, un projet ambitieux est lancé : la construction d'une salle qui servira de club-house et de lieu de ralliement pour les différentes équipes de jeunes. Alain Detave réussit à convaincre la voisine, propriétaire du pavillon situé en retrait, de céder une partie de son mur d'enclos pour servir de base à la structure. Sous la houlette de Jean-Pierre Charpentier, trésorier du club et électricien de métier, des tranchées sont creusées, des câbles électriques sont installés et des poteaux sont équipés de projecteurs.
Parallèlement à la réussite des jeunes, le club gravit les échelons du championnat départemental Seniors, pour se retrouver en promotion Inter-District en 1977, sous la direction de Jacques Cazet, ancien joueur de l'US Chantilly.
Dans les années 1980, trois équipes de jeunes continuent leur parcours dans les différents championnats régionaux, rivalisant parfois avec les plus grands.
En 1986, sous l'impulsion de Philippe Bourchis, une équipe féminine voit le jour. Elle se distingue rapidement dans le championnat départemental et atteint le niveau régional grâce à l'aide de Didier Grétére.
Le deuil et l'hommage à Thierry Doret (1991)
Un événement tragique marque l'année 1991 : le décès de Thierry Doret, jeune et talentueux capitaine de l'équipe fanion, suite à un accident du travail. Promis à un grand avenir, il avait su s'imposer au sein de l'équipe et en devenir un leader respecté.
Le 8 mai 1991, en présence des membres du club, de la famille et des amis, Madame Ducros Partouche, alors maire de la ville, inaugure le stade Thierry Doret, autrefois appelé stade de la Garenne, en hommage à ce joueur exceptionnel.
Premières accessions en Promotion d'Honneur et turbulences (1990-2000)
Les années 1990 marquent un nouveau palier dans l'histoire du club. En 1993, l'équipe Seniors 1 accède pour la première fois de son histoire à la promotion d'honneur, sous la direction de Gilou Garcia. Elle y restera deux saisons avant de connaître la relégation. L'équipe 2, emmenée par Bernard Deseigne, intègre la promotion de 1ère division. C'est une année triomphante pour les Seniors, puisque les deux formations participent respectivement aux finales de coupes de l'Oise et Chivot. L'équipe 1 s'incline honorablement face à l'AS Beauvais, tandis que l'équipe 2 remporte la victoire.
Après cette embellie, le club traverse une période de turbulences, voire de règlements de comptes. Une situation qui conduit à un intérim burlesque de 48 heures à la présidence, avant la création d'un nouveau bureau.
Descente en division inférieure et renaissance chez les jeunes (2000-2010)
Les années 2000 sont plus difficiles pour l'équipe fanion, qui redescend en division inférieure après plus de vingt années passées en ligue. Elle remontera en inter-district, mais sera de nouveau reléguée en excellence, puis en 1ère division.
La saison 2005/2006 est marquée par le succès de l'équipe des 18 ans, championne de promotion de 1ère division et victorieuse en finale du challenge du conseil général face à Gouvieux.
Un événement insolite se produit en 2002 : Bernadette Legresy et Sylvain Albert, tous deux licenciés au club, célèbrent leur mariage et baptisent leur fille Justine sur le stade Thierry Doret.
La saison 2009/2010 voit l'équipe fanion confirmer ses ambitions en terminant 2ème de son groupe de 1ère division et en accédant au niveau excellence.
Nouveau projet et arrêt des compétitions (2018-2021)
La saison 2018/2019 est marquée par la validation d'un nouveau projet ambitieux présenté par un jeune entraîneur motivé, Yoan Goriot. Toutes les équipes de jeunes bénéficient d'un encadrement diplômé. Les équipes Seniors 1 et 2 échouent de peu dans leur objectif d'accession, mais l'équipe 3 termine sur le podium. L'équipe fanion réalise un beau parcours en coupe Objois, mais s'incline en finale face à Liancourt-Clermont.
La saison 2019-2020 est bouleversée par la pandémie de Covid-19, qui entraîne l'arrêt des compétitions. Malgré un bon début de saison, les championnats sont stoppés et les classements sont validés en l'état. L'équipe 1 retrouve le régional 3, et l'équipe 2 monte également de division.
La saison 2020/2021 est déclarée blanche en raison de la crise sanitaire.
FC Bry : Changements d'entraîneurs et accession en DHR
Le FC Bry (DSR) a connu une trêve hivernale agitée, avec le départ de huit joueurs et de l'entraîneur Mohamed Bamba pour Torcy. Alexandre Benard et Elio Iavovella sont nommés pour le remplacer. Malgré une défaite face à La Garenne-Colombes, l'équipe doit s'accrocher pour la suite de la saison.
Après une longue attente, les joueurs de Bry, vainqueurs de Sainte-Geneviève, décrochent leur ticket pour la DHR, une première dans l'histoire du club. L'entraîneur Fabien Valéri obtient une seconde montée en autant de campagnes.
Partenariat avec l'Académie ACADJO
Le FC Bry a signé un accord de partenariat avec le club du FC Bry en région parisienne. Dans le cadre de ce partenariat le président Franck ROULON est prêt à aider et accompagner l’Académie ACADJO dans sa progression et sa croissance. Dans le cadre de ce partenariat, le FC BRY accueillera en mai 2020 les U12 de l’académie ACADJO pour un tournoi sous régional et national.
Les origines du sport à Bry
Les jeunes du patronage laïc utilisaient un terrain abandonné rue de la République. Le nouveau président, M. Houziaux, y adjoignit une section sportive pour les adultes sous le nom Sporting Club de Bry, puis Sporting Club de la Marne. Quelques courageux transformèrent le terrain inculte en un joli stade, avec une piste en cendrée de 200 mètres, 2 sautoirs hauteur et longueur et un terrain de basket. Un vestiaire improvisé dans une carrosserie d'autobus complétait l'installation et, pour le foot, un terrain situé près du pont de Neuilly. Par la suite, le terrain de foot fut repris par la Compagnie des Eaux, les footballeurs s entrainent alors sur un terrain près de Villiers. Avec la guerre de 1939, ce fut l'arrêt du sport à Bry. Mais en septembre 1943 on demanda aux communes de faire revivre les stades à l'abandon, en les ouvrant à la jeunesse privée de sport depuis plusieurs années. L'Union Bryarde Sportive était née. On vit revenir les anciens joueurs du Sporting devenus animateurs, des jeunes de Noisy et de Bry, les Roussel, les Marlet dont le grand-père René avait déjà fait revivre le foot. L'Union Bryarde Sportive justifiait son nom, avec les membres du basket de l'association Saint-Louis, dirigé par M. Boulonnois, René Delacourt, Albert Carroué et leurs amis sont venus animer la section, ainsi qu'un groupe de jeunes filles de l'usine Ferber. L'essor était donné. Mais à la fin de la guerre, nous perdimes à nouveau le stade Bellan, ne gardant que les terrains extérieurs de basket et de foot. Mais la section résistait. Pour le basket, cette situation dura jusqu'en 1972 avec l'ouverture du gymnase Clemenceau.