Fédération de Serbie de Football : Histoire et Évolution

La Fédération de Serbie de Football (FSS) a une histoire riche et complexe, marquée par des changements politiques et des restructurations sportives. Cet article explore les différentes facettes de son parcours, des premiers pas du football en Serbie à son statut actuel, en passant par les périodes de Yougoslavie et de Serbie-Monténégro.

Les Débuts du Football et la Création de la Fédération Roumaine

Le football a commencé à prendre racine dans la région au début du 20e siècle. La Fédération Roumaine de Football a été fondée en 1909, avec seulement trois clubs dans tout le pays, dont deux à Bucarest et un à Ploiești. La Fédération est affiliée à la FIFA depuis 1923 et à l’UEFA depuis sa création en 1954.

Un événement marquant a été le match amical du 9 octobre au stade de Ploiești, entre l’équipe royale de Roumanie et l’équipe royale de Serbie. Cette rencontre commémorait le centenaire du premier match international de l’équipe nationale de football de Roumanie. Le 8 juin 1922, la princesse Marie de Roumanie a épousé le roi Alexandre Ier des Serbes, Croates et Slovènes. À l’occasion de ce mariage royal, l’équipe nationale de football de Roumanie a joué son premier match international à Belgrade, affrontant l’équipe serbe.

L'Ère Yougoslave : Un Football Unifié

Après la Seconde Guerre mondiale, la Serbie a fait partie de la République fédérale socialiste de Yougoslavie. Le football yougoslave était alors géré par la Fédération Yougoslave de Football (FSJ). Cette période a été marquée par des succès notables, tant au niveau des clubs qu'au niveau de l'équipe nationale.

L'Étoile Rouge de Belgrade et le Partizan Belgrade, les deux clubs phares de la capitale, ont dominé le football yougoslave. L'Étoile Rouge a notamment remporté la Coupe d'Europe des clubs champions en 1991, le plus grand succès de l'histoire du football serbe.

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Cependant, la fin de la Yougoslavie a été marquée par des conflits et des tensions nationalistes. Ces tensions se sont également reflétées dans le football, avec des rivalités exacerbées entre les clubs des différentes républiques.

La Serbie-Monténégro : Une Union Éphémère

Après la dissolution de la Yougoslavie, la Serbie et le Monténégro ont formé une nouvelle fédération, appelée Serbie-Monténégro. La sélection de Serbie-Monténégro participera, unie, à sa première sélection en phase finale de Coupe du monde, en dépit de la proclamation d’indépendance du Monténégro obtenue lors du référendum du 21 mai, ont annoncé lundi des officiels. "Les joueurs de l’équipe nationale se sont rassemblés [dimanche] pour un entraînement sous un même drapeau et se sont réveillés le lendemain sans Etat", a déclaré Tomislav Karadzic, président de la Fédération serbo-monténégrine de football. Les électeurs du Monténégro se sont, effectivement, prononcés majoritairement en faveur de la séparation de la petite république avec la Serbie. M. Karadzic a estimé que l’équipe se retrouve dans une "situation étrange", mais que cet événement historique dans cette région du monde "ne pertubera pas la préparation" de la sélection en vue de la Coupe du monde.

En matière de football, la Serbie était le "successeur formel" de la Serbie-Monténégro. La Serbie jouera pour la première fois sous cette appellation en septembre pour les qualifications de l’Euro 2008. Le championnat national actuel allait devenir la Super Ligue serbe et comptera douze équipes. Le Monténégro, selon les propos du président de la fédération nationale, Dejan Savicevic, ancien grand joueur yougoslave des années 1990, va poser sa candidature pour adhérer aux fédérations européenne (UEFA) et internationale (FIFA) de football.

L'Indépendance et les Défis Actuels

En 2006, le Monténégro a proclamé son indépendance, mettant fin à l'union avec la Serbie. La Fédération Serbe de Football a été créée en tant qu'entité indépendante. La Serbie, victorieuse de la Roumanie 5 buts à 0 le 10 octobre, a décroché sa première qualification pour une Coupe du monde en tant que pays indépendant. En 2006, elle avait participé en Allemagne à cette compétition sous l'étiquette commune de Serbie-Monténégro. A la suite de la proclamation d'indépendance du Monténégro en juin 2006, deux fédérations distinctes ont vu le jour.

La FSS a dû relever de nombreux défis, notamment la reconstruction du football national après les conflits, la lutte contre la corruption et le hooliganisme, et la formation de jeunes joueurs talentueux.

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Aujourd'hui, la FSS s'efforce de développer le football à tous les niveaux, des équipes de jeunes aux équipes professionnelles. Elle travaille également à améliorer les infrastructures sportives et à promouvoir les valeurs du fair-play et du respect.

Le Football Serbe en Ligue 1 : Une Tradition qui Perdure

Depuis près d’un siècle, les joueurs serbes ont marqué de leur empreinte le championnat de France, apportant avec eux une touche de classe, de combativité et de rigueur typiquement balkanique. La France, terre d’accueil pour les talents venus de Belgrade, Novi Sad ou Niš, a vu défiler des profils variés : des gardiens infranchissables comme Ivan Ćurković aux meneurs de jeu inspirés tels que Dragan Stojković “Piksi”, en passant par des buteurs efficaces comme Danijel Ljuboja ou Mateja Kežman.

Ils sont quatre à faire résonner l’accent serbe sur les pelouses de Ligue 1 cette saison, et chacun à sa manière incarne une facette du football serbe : l’expérience, la rigueur, la jeunesse et la promesse. Nemanja Matić, véritable métronome du milieu lyonnais, impose sa science du jeu et son calme olympien depuis son arrivée à l’OL. À Strasbourg, c’est Đorđe Petrović qui brille : le gardien prêté par Chelsea s’est mué en rempart infranchissable, alignant les arrêts et les clean sheets. Dans l’Hérault, Montpellier joue aussi la carte serbe avec Nikola Maksimović, stoppeur chevronné malheureusement freiné par une blessure, et le jeune Stefan Dzodic, 19 ans, encore brut, mais déjà prometteur, malgré un carton rouge reçu face à l’OM.

Arrivé à l’OL en janvier 2024 en provenance du Stade Rennais pour 2,6 millions d’euros, Nemanja Matić a rapidement apporté son expérience et sa sérénité au milieu de terrain lyonnais. Titulaire dès ses débuts, il a été un élément clé de la remontée spectaculaire de l’équipe, qui est passée de la dernière place à une position européenne en fin de saison. Arrivé en prêt de Chelsea à l’été 2024, Đorđe Petrović s’est rapidement imposé comme une pièce maîtresse du RC Strasbourg. Avec ses 1,94 m, il domine sa surface et affiche des statistiques impressionnantes : 10 clean sheets en Ligue 1, un taux d’arrêts de 76,81 % et 106 arrêts réalisés . Ses performances lui ont valu une nomination pour le titre de Meilleur Gardien de Ligue 1 lors de la saison 2024-2025 .

Jeune défenseur de 20 ans, Stefan Dzodic a intégré l’équipe première de Montpellier lors de la saison 2024-2025. Il a été expulsé lors d’un match contre l’OM en octobre 2024, écopant de trois matchs de suspension. Défenseur central expérimenté, Nikola Maksimović a rejoint Montpellier en octobre 2024 pour renforcer une défense en difficulté. Il a disputé 7 matchs de Ligue 1 avant de subir une grave blessure à l’ischio-jambier de la cuisse droite en janvier 2025, mettant fin à sa saison.

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Football et Criminalité : Une Enquête Nécessaire

La police serbe enquête sur les transferts de plusieurs jeunes joueurs engagés par de grands clubs européens. Car, pour les criminels, le monde du football est un moyen de blanchir de l’argent sale.

“Nous avons un travail énorme devant nous : nous devons examiner les transferts vers les clubs étrangers et les contrats de sponsor - les fonds qui ont été versés et comment les sponsors les ont gagnés à l’origine. Nous étudierons également les conditions dans lesquelles les joueurs ont été vendus, quelle part ont reçue les joueurs, les clubs et la fédération. Nous avons des informations sûres, mais nous devrons tout corroborer avec des preuves”, nous confie une source au ministère de la Police. L’enquête portera dans un premier temps sur les transferts effectués pendant que Dragan Stojkovic présidait l’Etoile rouge de Belgrade. Notre source souligne que les clubs de football travaillent main dans la main avec des individus qui ont acquis leur richesse de façon illégale, en général avec la drogue. Ces accusations ne concernent pas uniquement des “hommes d’affaires” serbes mais aussi des individus du Monténégro, qui continuent à exercer une influence sur les activités licites et illicites du football serbe depuis la fin de la Serbie-et-Monténégro.

“Les activités illicites font partie de notre football depuis plus d’une décennie ; les mafieux insistent pour avoir leur part des transferts, qui atterrissent rarement sur le compte des agents, d’anciens joueurs. Les fonds acquis illégalement sont investis dans de jeunes joueurs prometteurs venus de petits clubs. Les joueurs sont rachetés pour des sommes ridicules et offerts à un club plus grand. Il va sans dire que ces clubs n’ont pas les moyens d’offrir aux joueurs tout ce dont ils ont besoin et c’est là que de soi-disant managers entrent en jeu, mais sans rien signer d’officiel. Ce sont des agents autorisés qui le font pour eux. Un jeune joueur reçoit disons quelques dizaines ou centaines de milliers d’euros, ce qui est plus que suffisant pour sa famille et lui. Cet argent provient en général du trafic de drogue. Le contrat signé avec un agent professionnel précise que le joueur doit rembourser cet argent et verser une somme complémentaire, en général un cinquième du contrat en question, en cas de signature d’un contrat avec une équipe étrangère. Bien entendu, le criminel reçoit la plus grande partie de l’argent et l’agent un montant relativement faible”, explique notre source.

“Quand il arrive dans le nouveau club, le jeune joueur doit afficher son talent le plus tôt possible pour être repéré par les chasseurs de tête des riches clubs européens. L’entraîneur et les dirigeants du club lui donnent donc largement l’occasion de se montrer sur le terrain et dans les médias pour pouvoir le vendre et récupérer l’argent investi rapidement. Les joueurs ne jouent qu’un petit rôle dans l’affaire. Ce ne sont pas eux qui choisissent de poursuivre leur carrière en France ou en Ukraine mais les chefs mafieux.”

Outre les futures stars, les “parrains” de Belgrade investissent dans des activités qui assurent un retour sur investissement le plus rapide possible, comme le génie civil. Bien entendu, leur nom n’apparaît jamais sur les documents officiels. Les mafieux serbes collaborent étroitement avec ceux du Monténégro. Branko Bulatovic, l’ancien patron de la fédération de football de Serbie-et-Monténégro [le Monténégro a obtenu son indépendance en juin 2006] , a été assassiné le 26 mars 2004 devant son bureau de Belgrade. L’affaire n’a jamais été résolue, mais la rumeur coure qu’il s’agit d’un règlement de comptes dans une histoire de transfert - certains joueurs n’auraient pas été satisfaits de l’argent qu’ils avaient reçu.

“Bulatovic était officiellement le chef de la fédération, mais certains compatriotes du Monténégro étaient bien plus influents et puissants à l’époque. C’étaient des hommes qui avaient travaillé pendant des décennies avec des criminels serbes dans les pays occidentaux, dans les braquages de banque et autres activités de ce genre. Une fois revenus au pays, ils ont investi l’argent qu’ils avaient ramassé dans des hôtels, des entreprises, des banques mais aussi dans des clubs de football, pour lesquels ils ont construit des stades ultramodernes. Même si la Serbie-et-Monténégro n’existe plus, ils ont toujours une influence substantielle dans les institutions du football serbe. Ils nomment leurs hommes à eux à des postes clés et vendent les joueurs de Serbie”, explique notre source.

Le gouvernement fait les frais de ces activités illégales, car il ne perçoit pas d’impôts sur les bénéfices qu’elles génèrent. Les autorités étaient jusqu’à présent demeurées passives : les transferts de joueurs, les investissements sur les joueurs et les clubs ainsi que l’origine de ces fonds n’avaient jamais fait l’objet d’une enquête.

Rivalités et Tensions : Le Match Serbie-Albanie

La Serbie et l’Albanie s’affrontent ce samedi 11 octobre dans le cadre des éliminatoires de la Coupe du monde 2026. Une rencontre qui se disputera dans un petit stade de 8 000 places à Leskovac, en raison de la rivalité historique des deux nations. Ennemis de longue date en raison des conflits géopolitiques qui concernent les deux pays, la Serbie et l’Albanie s’affrontent ce samedi 11 octobre dans le cadre des éliminatoires de la Coupe du monde 2026. Une rencontre qui ne se déroulera non pas à Belgrade comme à son habitude pour la sélection dirigée par Dragan Stojković, mais dans un petit stade de 8 000 places à Leskovac, au sud du pays. Une décision prise par la fédération serbe en raison des incidents survenus il y a onze ans, dans le stade de la capitale.

Footballski Live : Focus sur l’État des Forces en Serbie

La Serbie s’est qualifiée pour la première fois pour la phase finale d’une compétition internationale depuis 2010. Dans le sillage de sa sélection nationale, c’est tout un football qui renait, pour preuve, alors que près d’une dizaine de joueurs du championnat de Ligue 1 ont un passeport serbe, les rumeurs concernant des joueurs serbes ou évoluant en Serbie arrivant en France se sont multipliées. Dès lors, il est intéressant de faire un point sur la situation footballistique du pays. Ces dernières années, le football serbe n’a pas toujours été à la fête, entre absences de résultats sur la scène internationale tant pour la sélection nationale que pour les clubs. Clubs d’ailleurs parfois interdits de coupes européennes à cause du Fair Play Financier. Seules les images de violence lors de certains derbies se sont donc exportées correctement.

Cependant, alors que les deux clubs phares de la capitale, l’Étoile Rouge de Belgrade et le Partizan Belgrade passent l’hiver européen et que la sélection nationale s’est qualifiée pour la coupe du monde, il est intéressant de faire un état des lieux du foot serbe… qui revient de loin.

La Sélection Nationale : Un Renouveau Prometteur

Absents de toute compétition internationale depuis la coupe du monde 2010 et une certaine victoire 1-0 face à l’Allemagne, les Orlovi ont bataillé ferme avec l’Irlande et le Pays de Galles pour obtenir leur qualification et le droit de rejoindre le « grand frère » russe en juin prochain. Dans la lignée de la victoire des U20 lors de la coupe du monde 2015, la sélection nationale va mieux. Lors de cette campagne qualificative, la Serbie s’est imposée à six reprises, a fait trois matchs nuls pour s’incliner une seule fois face à l’Autriche lors de l’avant-dernière journée. Deux matchs ont fait basculer la qualification : la victoire à domicile face à l’Autriche et la victoire à l’extérieure face à l’Irlande.

Cette victoire 1-0 est d’ailleurs symptomatique du jeu proposé, en contre-attaque, s’appuyant sur une attaque précise et efficace. Le passage en 3-4-3 a apporté une assise défensive qui faisait défaut à cette équipe depuis longtemps. Muslin a réussi à tirer profit de ses joueurs, de leurs complémentarités. L’attaque a reposé sur l’entente « Made in Premier League » entre Mitrović et Tadić -le joueur de Southampton était non considéré par Radovan Ćurčić l’ancien sélectionneur. Nemanja Matić a apporté l’expérience de la rugueuse ligue anglaise au milieu tout comme Luka Milivojević quand Ivanović et Kolarov ont apporté leur vécu.

Slaviša Kokeza est un ancien footballeur, reconverti en politicien. Cette reprise en main, contestée, de la part d’un proche du président Vucić passe par la définition d’une nouvelle identité visuelle, la rupture du contrat avec Umbro pour être équipé par Puma en juin prochain, et par une volonté de rajeunir l’effectif, de piocher dans la diaspora (après avoir joué en espoir avec la Suisse Aleksandar Prijović a ainsi rejoint les Orlovi) ou encore celle de se doter d’un stade national. Le public a également réagi à l’amélioration des résultats sportifs. Alors qu’ils étaient près de 8000 fans lors du premier match au Marakana face à l’Irlande, ils étaient 42000 dans le même stade lors du dernier match face à la Géorgie. Ce match s’est conclu sur le score de 1-0 grâce au nouvel arrivé Prijović qui signait ainsi son premier but lors de son cinquième match. Ce but délivrait tout un peuple, il permettait à la Serbie d’accéder à la coupe du monde 2018 !

Aleksandar Mitrović malgré son manque de temps de jeu à Newcastle a terminé meilleur buteur du groupe et de l’équipe avec six réalisations, s’en suit un groupe de plusieurs joueurs dont Dušan Tadić à cinq buts. L’attaque est d’ailleurs scrutée à la loupe et Mitrović a des raisons légitimes de s’interroger. Alors que l’attaquant de Newcastle a joué moins de 300 minutes en club cette saison, Jović, Pavlović, Djurdjević enchainent les bonnes performances en club et pointent le bout de leur nez pour la sélection nationale. Cette qualification a également été l’opportunité pour Vladimir Stojković de retrouver les cages serbes. Pedrag Rajković a démarré lors deux deux premières rencontres avant de céder sa place à un Mustafa en feu. L’ancien gardien de Nantes a réalisé quelques parades qui ont sauvé son équipe. A 34 ans, il va connaître sa troisième coupe du monde. On voit dès lors se dessiner le profil de l’équipe serbe, un mélange de joueurs expérimentés comme Stojković, Ivanović, Tosić, Rukavina, Kolarov et de jeunes pousses comme Milinkovic-Savić, Grujić, Veljković ou encore Maksimović. Cette expérience sera propice au nouveau sélectionneur, novice, propulsé dans la dernière ligne droite des préparatifs.

Mladen Krstajić, adjoint de Muslin a été appelé au pied levé pour le remplacer lors la tournée en Asie. D’ailleurs pour la petite histoire, Krstajić est également le président du Radnik Bijeljina, un club de première division bosnienne. Avant d’être nommé sélectionneur et pour se reconvertir, l’ancien joueur de Schalke 04 s’était lancé dans les affaires. Il se sent ainsi aussi à l’aise en costume cravate qu’à siroter une bière avec ses employés agricoles. Officiellement, Muslin et la fédération se sont séparés d’un commun accord, cependant, Kokeza a révélé les raisons du départ de l’ex-entraineur du Standard de Liège : absence de jeunes joueurs, et jeu pas très attrayant. En interview près d’un mois après la qualification il déclarait « Lorsqu’ Arnautović a marqué pour l’Autriche contre nous, tout le monde me demandait pourquoi il jouait contre nous, je ne voulais pas l’histoire se répète ». Les bons résultats (victoire face à la Chine, nul face à la Corée du Sud) et la sélection de jeunes joueurs ont donc incité la fédération à prolonger le contrat de Krstajić. À l’instar de la Belgique en 2014, la Serbie de 2018 part avec un potentiel profil d’outsider avec son équipe jeune pétrie de talents individuels. Alors que la Belgique est passée de la 40e place FIFA à la 5e à l’approche de la Coupe du Monde 2014, la Serbie est passée elle de la 66e à la 37e.

Les Clubs Serbes : Entre Difficultés et Espoirs

Il faut remonter à la saison 2004-2005 pour voir le Partizan Belgrade s’extraire de la phase de poule. L’exploit est encore plus important pour l’Étoile Rouge. C’est le premier club à se qualifier pour les 16es de finale en démarrant au premier tour des qualifications soit un total de 14 matchs européens. La dernière fois que Zvezda s’était retrouvé dans cette situation, c’était en 1991-1992 et ils avaient remporté la Ligue des Champions face à l’Olympique de Marseille…

Cette amélioration de la situation a pris du temps. Les clubs ont d’abord été repris en main par des proches du président de la République, les coulisses se sont assagies, les sponsors ont accouru. La gémellité va encore plus loin, les deux clubs ont changé d’entraîneur cet été. Perclus de dettes, le club rouge et blanc a dû faire appel au cabinet de conseil Deloitte pour rééchelonner cette dette et être crédible auprès des autorités tant bancaires que politiques. En près de deux ans, Zvezdan Terzić, directeur général de Zvezda et ancien président de la Fédération Serbe de Football a réduit de moitié la dette de son club, s’élevant aujourd’hui à près de 27 millions d’euros. L’amélioration financière du club est due principalement à l’argent perçu des transferts. L’affluence quasi désertique championnat ne permettant pas de remplir les caisses du club. Seule exception, le derby éternel et les matchs de Coupes d’Europe (tours préliminaires inclus) où le stade est rempli, rapportant ainsi près de 1,5 million d’euros. La sanction infligée par l’UEFA pour avoir enfreint les règles du Fair-Play financier en 2014 a été un point de départ pour assainir tant les finances que l’équipe dirigeante du club. Une certaine forme de stabilité est donc retrouvée, celle-ci amenant une amélioration des résultats. L’autre facteur de réussite se trouve dans le recrutement, un savant mélange de jeunes talents locaux, de joueurs revenant au pays n’ayant pas réussi à faire leur trou à l’étranger et d’étrangers.

Cependant, il ne faut pas enjoliver la situation, car, si pour les deux clubs principaux de Belgrade la situation n’a situation sportive et financière n’a jamais été aussi bonne, beaucoup de clubs ont de plus en plus de mal à joindre les deux bouts et sont obligés de vendre des jours pour survivre. Les cas de Spartak Subotica et de Vojvodina sont les plus précaires.

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