La Fédération de Football des Comores (FFC), fondée en 1979, incarne une histoire riche en défis, en espoirs et en progrès constants. Des débuts modestes à une reconnaissance internationale tardive, le football comorien a surmonté de nombreux obstacles pour finalement s'imposer sur la scène africaine. Cet article retrace l'épopée de la FFC, en mettant en lumière les moments clés, les figures emblématiques et les ambitions futures.
Les Premières Années: L'Implantation du Football et les Défis Initiaux (1930-1979)
Le football s'est implanté dans l'archipel des Comores entre 1930 et le début des années 1940. Bien que sa pratique n'ait pas été régulière dans les années 50, de nombreux Comoriens le pratiquaient en masse, notamment à Zanzibar, où la diaspora comorienne disposait d'une équipe multisports depuis 1917. À Majunga, à Madagascar, la diaspora comorienne était également active depuis les années 40, avec cinq clubs comoriens qui brillaient sur la Grande Île: l’Union La Comorienne, Jeunesse Musulmane, Islam Sport, Jeunesse Mahoraise et l’Étoile d’Anjouan. De grands noms du football malgache et comorien sont nés dans cette diaspora.
À l'accession des Comores à la souveraineté internationale le 6 juillet 1975, le football était déjà fortement implanté. Des clubs comme Rapide Club (fondé en 1953), Papillon Bleu et Citadelle (fondé en 1962) ont donné du rêve et un goût à la population pendant une vingtaine d'années. Cependant, le régime révolutionnaire de 1975 à 1978 n'a pas accordé la priorité à ce sport venu d'ailleurs.
La première rencontre officielle de l’histoire de l’Équipe nationale a eu lieu le 26 août 1979 contre l’île Maurice à Saint-Pierre (La Réunion) à l’occasion des premières JIOI, soit quatre ans après l’indépendance du pays. La fédération a été créée la même année, quelques mois avant ces jeux indianocéaniques. Il est difficile d’imaginer ce qu’auraient été les débuts de l’équipe nationale sans l’avènement des Jeux.
L'Ère de l'Isolement et de la Figuration (1979-2005)
Non affiliée ni à la CAF ni à la FIFA, la Fédération Comorienne de Football (FCF) ne pouvait pas présenter sa jeune équipe nationale aux grandes compétitions internationales. Vingt-quatre ans se sont donc écoulées de 1979 à 2003 sans qu’il y ait une évolution de la situation de l’équipe nationale.
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Sportivement, les six participations des Comores aux jeux des Iles de l’Océan Indien (JIOI) se résumaient en réalité à de la figuration. Durant cette période, l’équipe nationale a disputé 18 matchs contre 5 sélections pour 2 victoires, 1 nul et 15 défaites. Une absence de volonté politique relègue le football aux oubliettes. Il faut aussi dire que les priorités du pays à l’époque étaient ailleurs. Politiquement instables, alternant entre dictature et coup d’états, les Comores traversaient une des périodes les plus difficiles de leur histoire. Une situation qui restera figée jusqu’à ce qu’un pionnier arrive à la tête de la fédération.
L'Ascension Internationale: L'Affiliation à la FIFA et le Début d'une Nouvelle Ère (1997-2010)
Élu Président de la FCF en 1997, Salim Tourqui s’est donné comme ambition de faire reconnaître sa fédération à l’international. La tâche s’annonçait ardue connaissant les marges de manœuvre de cette fédération qui ne disposait même pas de siège. En 2000, la FCF est affiliée à la CAF et l’objectif est désormais tourné vers l’institution de Zurich. L’année suivante, un nouveau dossier a été constitué et une nouvelle demande est formulée. Elle recueille 198 voix contre 3 lors du Congrès de Marrakech du 12 septembre 2005. Les Comores deviennent officiellement le 207è membre de la FIFA.
Désormais reconnue par les instances internationales, l’équipe nationale peut enfin se lancer dans le grand large. Une identité et un premier projet se mettent en place. En 2006, le DTN Abalanrabou Abdou Chacour et le premier sélectionneur de l’ère FIFA Ali Mbae Camara proposent de donner à l’équipe nationale le surnom de « Cœlacanthes », une référence à ce poisson préhistorique vieux de 350 millions d’années, localement appelé Gombesa, menacé d’extinction et dont près de 300 individus ont trouvé refuge dans leurs eaux. Patrimoine national, symbole de résilience et de longévité.
Il est à noter que le premier but de l'histoire de l'Équipe Nationale des Comores a été inscrit le 28 août 1979 à Saint-Pierre face à Maurice par Kassim Mdahoma, surnommé Petit Kassim. Il est le père de l’international Omar Mdahoma.
La fédération comorienne de football (Fedcomfoot) n’a participé à ses premières qualifications pour la CAN qu’en 2010.
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Le Déclic et l'Éclosion: Vers la Première Qualification à la CAN (2014-2021)
« La bascule a eu lieu en 2014, après une rencontre face au Burkina Faso [1-1, ndlr], à Martigues », analyse Azir Saïd Mohamed Cheick. Un match comme un déclic dans la communauté qui « a pris conscience du potentiel de la sélection ». Ce jeudi, la sélection de l’océan Indien peut se qualifier pour sa première Coupe d’Afrique des nations. Large deuxième de son groupe, il lui suffit d’un point contre le Togo pour composter son billet pour la compétition et valider le projet sportif mis en place au milieu de la dernière décennie, et l’arrivée du sélectionneur Amir Abdou.
Coelacanthes, équipe A | 2 dates, 2 matchs, 1 qualification ! À moins de 24 heures du coup d’envoi au stade Malouzini, à Moroni, l’excitation est à son comble dans la communauté comorienne. « On est tous derrière eux », clame Alonzo, le rappeur de Marseille, où vit la plus grosse communauté comorienne en France. Même son de cloche pour Azir Saïd Mohamed Cheick, observateur des équipes de jeunes dans la cité phocéenne et chroniqueur dans le podcast Passe ton ballon :« C’est l’effervescence. Il y a un sentiment de fierté qui agite tout le monde. Comme il y a beaucoup de Marseillais dans cette sélection, des amis dans la vie de tous les jours, les voir être tout proche de se qualifier pour la première fois pour la CAN me remplit de fierté. Si on a l’occasion de le vivre, ce serait grandiose. »
Dans leur stade de Malouzini, les Comores ont pris hier le point qui manquait à leur bonheur et se qualifient avant même la dernière journée du groupe G où figurent également l’Égypte, le Togo et le Kenya. Ils iront donc au Cameroun pour la CAN-2021, repoussée de juin à janvier 2022.
La Diaspora et l'Identité Comorienne dans le Football
Surnommés les « Cœlacanthes », les Comoriens comptent dans leurs rangs de nombreux joueurs des Bouches-du-Rhône, comme le gardien de but Ali Ahamada (Brann, Norvège), né à Martigues ou les frères Youssouf et Mohamed Mchangama, nés à Marseille. Le capitaine Nadjim Abdou, il est né et évolue toujours au FC Martigues. Autre joueur des Sang et Or à figurer dans la sélection : Ibrahim Madi. Le sélectionneur national, Amir Abdou, est pour sa part né à Marseille, qui accueille la plus importante communauté comorienne de France.
À Marseille, où près de 10% de la population serait d’origine comorienne, Hamada Jambay a été le premier à faire rimer cet archipel volcanique situé au nord de Madagascar avec ballon rond : ce fantasque arrière droit, capable de frappes surpuissantes, fut l’un des piliers de la défense olympienne qui ramena le club en D1, en 1996. Actuellement, deux anciens joueurs de l’OM font partie de la sélection : Kassim Abdallah (Athletico Marseille) et son neveu Abdallah Mohamed Abdallah, sous contrat avec l’OM mais prêté jusqu’à la fin de saison au club belge de Zulte-Waregem.
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« On a la réputation d’être une communauté assez discrète, mais les gens vont voir qu’on est show off à mort."Le football comorien a rendez-vous avec l’histoire.
Les Défis et les Perspectives d'Avenir
La Fédération de Football des Comores (FFC) poursuit son ambitieux plan de développement en plaçant la formation au coeur de sa stratégie. A l'initiative du nouveau secrétaire général de la FFC, un planning prévisionnel des activités de la FFC vient d'être rendu public. La FFC a récemment mis en place une Formation des Officiels de Futsal, un pas de plus vers l’excellence.
Avec 9 points au compteur en cinq journées, les Comores occupent la tête du groupe G avec l’Égypte, elle aussi qualifiée. Les deux nations ne peuvent plus être rejointes par le Kenya ou le Togo. La FIFA a dévoilé le nouveau classement mondial du mois de juillet. Sans surprise, l’Argentine conserve sa place de leader.
Si Alonzo espère « une poule très faible », il souhaite un match face à l’Algérie, les champions d’Afrique en titre. « C’est le derby de Marseille », juge Azir Saïd Mohamed Cheick, qui rêve que cette rencontre, « si elle devait avoir lieu, soit délocalisée au Vélodrome.
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