Le football, sport universel par excellence, suscite un engouement mondial qui transcende les cultures et les frontières. Cet article propose une analyse comparative du football en Espagne et en Égypte, en explorant ses aspects culturels, institutionnels et sportifs.
L'universalité du Football : Un Langage Commun
L'une des raisons fondamentales de la popularité mondiale du football réside dans sa simplicité et son universalité. Ses règles sont largement connues, même par ceux qui ne le pratiquent pas. Le geste de se renvoyer un ballon avec les pieds est un acte simple, mais profondément significatif. Cette pratique transcende les époques et les civilisations, des dynasties chinoises Han à l'Égypte des pharaons, en passant par l'Angleterre victorienne qui a codifié le jeu moderne. Le football, à l'instar de la musique ou du théâtre, peut être considéré comme un moyen d'expression. L'interdiction d'utiliser les mains et l'obligation d'utiliser le pied comme organe de préhension imposent des contraintes créatives similaires à celles rencontrées en littérature ou en peinture. La grandeur du football réside dans cette profondeur créatrice née de la contrainte. Comment s'approprier un ballon sans pouvoir l'attraper ?
Culture Football en Espagne et en France : Deux Modèles Distincts
En Espagne, le football est souvent considéré comme le "sport roi", justifiant ainsi les privilèges en termes de rémunération et de promotion accordés aux joueurs et aux clubs. Cette vision pragmatique contraste avec la tradition républicaine française, où l'État et les collectivités locales jouent un rôle important dans le développement et le financement du sport, créant ainsi une concurrence entre les disciplines. La France possède une culture footballistique ancienne, paradoxale, qui puise ses racines dans des pratiques rurales comme la soule et dans l'ingéniosité des premiers dirigeants du football institutionnel. Si les Anglais ont codifié le football moderne, les Français lui ont donné un cadre institutionnel inspiré par le multilatéralisme. La France a été le berceau de la FIFA, de l'UEFA et de compétitions majeures comme la Coupe du Monde, la Coupe d'Europe et le Ballon d'Or. Les élites françaises ont rapidement saisi le potentiel universaliste du football et ont œuvré à son développement. Le pouvoir gaulliste en a fait un instrument de grandeur, encourageant la création de centres de formation et d'instituts de haut rendement comme Clairefontaine. La France n'est pas un pays de football comme l'Angleterre ou l'Espagne, mais elle a eu une influence considérable sur le développement de ce sport, tant sur le plan institutionnel, culturel que sportif. La France est le pays de Montherlant et Camus, grands amateurs de football, mais aussi celui de Kopa, Platini, Zidane et Mbappé.
Le Football en Égypte : Une Passion Nationale
En Égypte, le football est bien plus qu'un simple sport : c'est une passion nationale qui unit les Égyptiens de tous horizons. L'équipe nationale, surnommée les "Pharaons", suscite un immense engouement populaire, et ses performances sont suivies avec ferveur. La qualification de l'Égypte pour la Coupe du Monde 2026, après une victoire 3-0 contre Djibouti, témoigne de l'importance du football dans le pays. Les buts d'Ibrahim Adel et de Mohamed Salah ont déclenché une vague de joie et de fierté à travers tout le pays. Cette qualification marque la quatrième participation de l'Égypte à la Coupe du Monde, après celles de 1934, 1990 et 2018. Malgré une absence à la Coupe du Monde 2022 au Qatar, les "Pharaons" ont su rebondir et se qualifier pour l'édition 2026, rejoignant ainsi la Tunisie et le Maroc en tant que représentants africains. La passion pour le football en Égypte se reflète également dans la popularité des clubs locaux, tels qu'Al Ahly et Zamalek, dont les matchs attirent des foules considérables et génèrent une atmosphère électrique.
Football et Société : Enjeux et Perspectives
Le football, en tant que phénomène social majeur, soulève des questions importantes concernant sa valorisation dans la société, son rôle dans l'éducation et son impact sur les carrières et les reconversions. En France, la politique territoriale et l'influence de la puissance publique ont parfois conduit à sectoriser le football, à le cantonner à une simple mission d'aménagement du territoire et à certaines classes sociales. Il a été confié à des "techniciens" dévoués, mais éloigné des humanistes et des intellectuels qui l'ont longtemps porté. Il est essentiel de reconnaître la contribution naturelle du sport au bien commun et de former des profils humanistes et généralistes capables de promouvoir ses valeurs. Le dynamisme des collègues européens dans la mise en place de formations de haut niveau pour les futurs cadres et leaders des organisations sportives est un exemple à suivre. En Espagne, en Suisse, en Angleterre et en Italie, des diplômes de niveau bac +5 sont dédiés aux métiers de l'administration publique et privée du sport, en partenariat avec des institutions comme la FIFA. En France, seules les écoles de management ont développé des formations spécifiques aux "métiers du sport". Il est nécessaire de former des profils capables de rappeler la contribution naturelle du sport au bien commun.
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