L'Histoire de l'Équipe de Football de l'AS Monaco : Un Club de Légende

L'AS Monaco, souvent abrégé en ASM, est l'un des clubs les plus prestigieux et respectés du football français. Fondé en 1924, le club de la Principauté de Monaco a une histoire riche en succès et en moments mémorables, tant sur la scène nationale qu'européenne.

Les Débuts et l'Ascension (1919-1960)

Le club voit le jour le 1er août 1919 à la suite d'une fusion de cinq groupements de la Principauté de Monaco (Herculis, l'Étoile de Monaco, l'AC Riviera, Beausoleil et le Swimming Club). La société omnisports Association Sportive de Monaco est, quant à elle, fondée le 23 août 1924 par un arrêté du Gouvernement Princier. Malgré des débuts prometteurs, l’apprentissage du professionnalisme se fait dans la douleur. L’AS Monaco est aux portes de la Division 1, mais son rêve s’effondre après un barrage d’accession perdu contre St-Etienne (2 buts à 4). Pire, faisant face à des problèmes financiers, le club est contraint de retrouver le monde amateur. Après la guerre, la saison 1947-1948 voit l’équipe remporter la Division d’Honneur Sud-Est, succès qui lui permet d'atteindre la Division 2 et donc le statut professionnel. Bénéficiant du soutien indéfectible du Prince Rainier III, qui succède alors à son grand-père, le Prince Louis II, l’AS Monaco entame une marche de cinq années qui va la conduire en Division 1 en 1953. Le premier podium en Division 1 arrive au terme de la saison 1955-56.

La saison suivante marque un vrai tournant pour l’AS Monaco avec l’arrivée de Lucien Leduc au poste d’entraîneur. Ce dernier va conduire le club à son premier grand succès en remportant la Coupe de France en 1960. C’est également lors de cette saison que le club gagne son premier titre de champion de France.

L'Ère Dorée des Années 1960

L'AS Monaco a remporté le championnat de France de Ligue 1 à huit reprises. Les premières conquêtes arrivent rapidement, avec des titres en 1961 et 1963. Le club monégasque a également connu le succès en Coupe de France, avec une victoire en 1960, marquant le début d'une période faste. L’équipe soulève également la Coupe Drago, qui manquait encore à son palmarès, puis participe à des tournois internationaux en compagnie des meilleures formations européennes. En 1961-1962, l’AS Monaco vit sa première expérience européenne en Coupe d’Europe des Clubs Champions. Opposés aux Glasgow Rangers, les Rouge et Blanc s’inclinent à deux reprises sur le score de 3-2, mais non sans avoir démérité. Les professionnels ne gagnant rien cette saison-là, ce sont les espoirs monégasques qui ajoutent une coupe au palmarès.

1962-1963 reste la saison de référence. L’AS Monaco réalise à cette occasion le premier (et seul pour l’instant) doublé de son histoire. Le groupe reste gravé dans les mémoires : Artélésa, Biancheri, Carlier, Casolari, Cossou, Courtin, Djibrill, Douis, Forcherio, Hernandez, Hess, Hidalgo, Taberner, Théo et Thomas, sans oublier Girod, Péretti et Sottimano, le tout sous la houlette de Lucien Leduc. L’équipe gagne en plus le trophée Teresa-Herrera, l’un des plus beaux tournois du monde, en battant les Brésiliens de Vasco de Gama en finale. Lors de l’exercice suivant, l’AS Monaco réalise tout de même un authentique exploit en s’imposant 7-2 contre l’AEK Athènes à l’occasion de son retour en C1. Il s’agit de la première victoire de l’AS Monaco en compétition européenne. Qualifiés pour les 8es de finale après un match nul 1-1 au retour, les Rouge et Blanc s’inclinent face à l’Inter Milan, futur vainqueur de l’épreuve. Bénéficiant d’une belle renommée international, l’AS Monaco est invité à participer à des tournois et des matchs internationaux au Brésil, en Allemagne, en Italie, au Mexique, en Belgique ou encorer aux Pays-Bas.

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Les Années 1970 et 1980 : Confirmation et Nouveaux Talents

Après le doublé coupe championnat en 1963, il faudra attendre une quinzaine d’années pour retrouver l’AS Monaco au sommet. De tous les titres de champion de France remportés par l’AS Monaco, c’est indéniablement le troisième, obtenu au terme de la saison 1977-78, qui fût le plus surprenant. Les Monégasques réussissant un exploit rarissime, à savoir remporter le titre de champion après deux saisons de purgatoire à l’échelon inférieur. Une génération dorée, dirigée par un Lucien Leduc revenu aux affaires, et composée de Jean-Luc Ettori, jeune gardien de but formé au club, Courbis, Moizan, Noguès, Dalger et l'italo-argentin Delio Onnis, qui sera le meilleur buteur de l’histoire du club avec 223 buts. L'AS Monaco a remporté la Coupe de France en 1980.

L’AS Monaco a pour particularité d’avoir remporté deux de ses titres l’année d’une Coupe du monde, en 1978 et en 1982. Lorsque l’ASM revient en première division en 1977, il compte trois anciens internationaux dans son effectif : le gardien Yves Chauveau (32 ans, une sélection en 1969), le défenseur Albert Vannucci (30 ans, deux sélections en 1974) et l’attaquant Christian Dalger (28 ans, une sélection en 1974). Michel Hidalgo, le sélectionneur de l’équipe de France, n’est pas insensible au retour parmi l’élite du club où il a vécu les meilleures années de sa carrière de joueur. Dès le début de la saison, à l’occasion du match de rentrée des Bleus contre le club allemand de Hambourg, il fait appel à Christian Dalger dont il ne tarit pas d’éloges, le préférant au poste d’ailier droit au jeune Rocheteau. Un mois plus tard, Dalger est rappelé lors du match amical contre l’URSS au Parc des Princes en même temps que son coéquipier Jean Petit, dont c’est la première sélection, à vingt-huit ans. Au bout du compte, seuls Dalger et Petit sont du voyage en Argentine pour la Coupe du monde en juin 1978. Jean Petit devient titulaire chez les Bleus lors de la saison 1978/1979. Il participe à cinq des six rencontres de la saison au milieu de terrain. De son côté Monaco s’est renforcé avec deux internationaux, Gérard Soler (deux sélections) et Albert Emon (cinq), qui ont pour points communs d’avoir vingt-quatre ans, de n’avoir plus été appelé depuis 1976 et de retrouver un nouveau souffle au pied du Rocher. Le premier est rappelé pour le match amical contre l’Espagne (1-0) au Parc en novembre 1978 et le second pour deux rencontres éliminatoires de l’Europeo 1980 contre le Luxembourg (3-0) et en Tchécoslovaquie (0-2). Lors de la saison suivante, en 1979/1980, de nouveaux joueurs monégasques apparaissent en équipe de France. Alain Moizan fait ses débuts en Bleu à l’occasion du match UNFP contre le Bayern Munich (4-1). Il a vingt-cinq ans et joue à l’ASM depuis 1977. Quinze jours plus tard, il est du déplacement en Suède mais alors qu’il n’est pas annoncé dans le onze de départ, il est finalement titulaire en lieu et place d’Henri Michel qui s’est blessé à l’échauffement. En février 1980 face à la Grèce (5-1) apparaissent le milieu de terrain Didier Christophe, vingt-trois ans, et le gardien de but Jean-Luc Ettori, vingt-quatre ans. Leur parcours est très similaire puisqu’ils proviennent tous deux de l’INF Vichy et qu’ils ont rejoint Monaco à l’âge de vingt ans. Le premier nommé, bien que déjà présent au club, n’avait participé à aucun match du titre de 1978. Contre les Grecs, il joue soixante-dix minutes avant de céder sa place à un autre joueur qui fait également ses débuts, Bernard Genghini (un futur Monégasque). Didier Christophe est rappelé un mois plus tard pour la rencontre amicale face aux Pays-Bas (0-0) en compagnie d’un autre Monégasque, l’attaquant Alain Couriol, vingt-et-un ans, issu lui aussi de l’INF Vichy et arrivé en Principauté en 1979. Les deux hommes sont à nouveau présents deux mois plus tard à Moscou pour le dernier match de la saison contre l’URSS (0-1) avec un troisième coéquipier, Albert Emon, qui n’avait plus été appelé depuis un an. L’AS Monaco remporte la Coupe de France 1980 et reste l’un des meilleurs clubs français. Au début de la saison 1980/1981, le club de la Principauté voit partir Gardon et Moizan pour Lille et Lyon. Pour le premier match de la saison contre la Juventus au Parc, Michel Hidalgo fait appel à Didier Christophe et Jean Petit, le premier cédant sa place au second à la mi-temps. Jean Petit, toujours performant à trente ans, est également appelé lors des rencontres éliminatoires à Chypre (7-0) et contre l’Irlande (2-0). En cette saison 1980/1981, le sélectionneur penche plutôt pour l’AS Saint-Etienne, futur champion de France, alors que l’AS Monaco est représenté en Bleu à la même échelle que Nantes, Bordeaux, Strasbourg ou Sochaux, autres fournisseurs habituels de l’équipe nationale. Au début de la saison 1981/1982, Albert Emon quitte le club, remplacé par Eric Pécout. L’ancien Nantais compte, à vingt-cinq ans, cinq sélections et il est le seul Monégasque aligné lors du match de début de saison contre Stuttgart (1-3). Deux mois plus tard, les Bleus se rendent en Irlande pour un match déjà décisif en vue de la qualification pour la Coupe du monde 1982. Christophe ne sera plus jamais rappelé contrairement à Bellone qui participe au festival des Français contre Chypre (4-0) qui valide définitivement la qualification pour l’Espagne. Celui que Didier Roustan a surnommé Lucky Luke est le premier joueur issu du centre de formation monégasque appelé en équipe de France. L’AS Monaco domine le championnat de cette saison 1981/1982, à croire que l’imminence d’une Coupe du monde inspire le club de la Principauté.

Contrairement à 1978, Michel Hidalgo cherche à profiter de la dynamique monégasque pour renforcer son équipe. A l’occasion des rencontres de préparation contre l’Irlande du Nord et le Pérou, le sélectionneur titularise trois joueurs de l’ASM : Amoros, Couriol et Bellone. Un quatrième s’ajoute à eux au mois de mai contre la Bulgarie, le gardien Jean-Luc Ettori. Alors qu’il célèbre le quatrième titre de son histoire, l’AS Monaco compte quatre joueurs dans le groupe des vingt-deux pour la Coupe du monde en Espagne. Alors qu’il semblait voué au rôle de troisième gardien, Jean-Luc Ettori est titularisé dès le premier match contre l’Angleterre à Bilbao. Il encaisse son premier but dès la première minute alors qu’il n’en avait pas pris un seul lors de ses deux premières sélections. Celui-ci profite au jeune Manuel Amoros, lui aussi prévu comme remplaçant, mais qui va devenir l’une des grandes révélations du tournoi. Ettori et Amoros participent à l’épopée des Bleus jusqu’à la fameuse demi-finale de Séville. Les titres monégasques de 1978 et 1982 n’ont donc pas eu un fort impact sur les compositions de l’équipe de France lors des phases finales disputées en fin de saison. Il faut dire qu’au cours de l’été 1983, après une saison ratée, les dirigeants monégasques effectuent un gros recrutement en attirant notamment les internationaux Bernard Genghini, Yvon Le Roux, Daniel Bravo et Philippe Anziani. Les trois premiers disputeront l’Euro 1984 aux côtés de Amoros et Bellone, ce qui fera cinq monégasques champions d’Europe. Lorsque Henri Michel reprend l’équipe de France en septembre 1984, il aligne six Monégasques pour son premier match contre l’Inter Milan : Amoros, Bellone, Le Roux, Bravo, Bijotat et Anziani.

En 1982, l'AS Monaco remporte un nouveau titre de champion de France, confirmant sa place parmi les grands clubs français. Le club remporte également la Coupe de France en 1985.

En 1987, Arsène Wenger arrive sur le banc de touche de l'AS Monaco. Sous sa direction, le club remporte le championnat de France en 1988, grâce notamment à des joueurs comme Glenn Hoddle.

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Les Années 1990 : Une Décennie de Hauts et de Bas

Cette saison est l’une des plus belles et des plus tristes de l’histoire du club. En course sur les trois tableaux : championnat, Coupe de France, Coupe des Coupes, le club termine la saison sans aucun trophée. Qualifiés pour la finale de la Coupe de France après une victoire face à l’AS Cannes en demi-finale, les Rouge et Blanc ne joueront jamais la finale en raison du drame de Furiani survenu lors de l’autre demi-finale. Une tragédie qui survient la veille de la première finale européenne du club face au Werder Breme à Lisbonne. En 1997, l’AS Monaco retrouve la première place en France avec Jean Tigana aux commandes, qui coïncide avec les célébrations en Principauté des 700 ans de règne de la famille Grimaldi. Cette équipe qui est l'une des plus belles de l'histoire du club avait la particularité d’être très jeune, et de compter dans ses rangs pas moins de quatre futurs champions du monde 1998 et d’Europe 2000, Fabien Barthez, Thierry Henry, Emmanuel Petit et David Trezeguet, auxquels il fallait ajouter Benarbia, Anderson, Ikpeba, Scifo, Collins…

Le Titre de 2000 et l'Épopée Européenne de 2004

Le club remporte un nouveau titre de champion de France en 2000, avec des joueurs tels que Ludovic Giuly et Marcelo Gallardo. Contre toute attente, cette saison 2003-2004, l’AS Monaco se hisse jusqu’en finale de Ligue des Champions face au FC Porto. Une belle aventure avec des révélations et des buts en pagaille.

L'ASM a remporté la Coupe de la Ligue une fois, en 2003. Sur la scène européenne, l'AS Monaco a atteint la finale de la Ligue des Champions en 2004, un parcours mémorable qui a marqué les esprits.

Le Titre de 2017 et la Nouvelle Génération

Champion de France de Ligue 1 avec 95 points (record du club), le sacre est évidemment tout particulier face au PSG de l'ère QSI, battu et détrôné pour la première fois depuis la saison 2011/12 et l'exploit de Montpellier. Même avec leur parcours héroïque en Ligue des champions, avec l'énergie que cela nécessitait, l'ASM n'a perdu que trois fois avec un goal average de plus de 76! Un parcours de champion en somme. Avec notamment l'éclosion si rapide de Kylian Mbappé, véritable élément décisif et incontournable sur les cinq derniers mois de la saison. Un titre et un opus qui venaient saluer et mettre en lumière le travail de tout un club depuis trois ans et l'arrivée de Leonardo Jardim.

Les Joueurs Emblématiques

Thierry Henry, l'un des plus grands attaquants de l'histoire du football, a commencé sa carrière à l'AS Monaco. Ludovic Giuly est une figure emblématique de l'ASM, ayant été un élément clé lors du parcours en Ligue des Champions en 2004. Le milieu de terrain anglais Glenn Hoddle a brillé à Monaco à la fin des années 1980, apportant son élégance et sa vision du jeu à l'équipe. Radamel Falcao, attaquant colombien, a été l'un des artisans majeurs du titre de Ligue 1 en 2017. Ses buts spectaculaires et son leadership ont été cruciaux pour le succès de l'ASM, et il reste une figure respectée du club.

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D'autres joueurs ont marqué l'histoire du club, tels que Jean-Luc Ettori, Manuel Amoros, Lilian Thuram, Emmanuel Petit, Patrice Evra, Claude Puel, Jean Petit, Delio Onnis, Marcelo Gallardo et bien d'autres.

L'AS Monaco Aujourd'hui et Demain

L'AS Monaco est un club très actif sur le marché des transferts. Après 12 journées, l'AS Monaco FC se place à la 6e position du classement de Ligue 1 cette saison (2025/2026). Pour avoir plus de détails sur les résultats, retrouvez le calendrier de l'ASM. L'attaque de l'ASM a marqué 24 buts alors que la défense en a concédé 21. Les joueurs de l'ASM aillant disputés le plus de rencontres sont George Osrzehmen Ilenikhena avec 11 matchs, Takumi Minamino avec 11 matchs et Kassoum Ouattara avec 11 matchs. Pour consulter toutes les statistiques des joueurs, rendez vous sur l'effectif de l'ASM.

Le club continue de former de jeunes talents et de jouer un rôle important dans le football français et européen.

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