L'équipe de France militaire de football, bien que moins médiatisée que son homologue civile, possède une histoire riche et un palmarès honorable. Cet article explore la composition de cette équipe, son parcours historique, et son impact sur le football français.
Un Engagement Militaire et Sportif : Florent Malouda, un Exemple
L'engagement de personnalités comme Florent Malouda, ancien attaquant français, illustre le lien entre le monde du football et l'institution militaire. Malouda, âgé de 44 ans et retraité du football professionnel depuis 2018, s'est engagé dans l'armée en tant que réserviste citoyen.
« Le 3e régiment étranger d'infanterie accueille dans sa réserve citoyenne M. Florent Malouda, en qualité d'officier », a été annoncé. Cette initiative souligne la volonté de l'ancien international français (80 sélections, 9 buts) de « partager et transmettre les valeurs d'engagement vers la jeunesse guyanaise au côté des légionnaires du 3e REI ». Le régiment est installé à Kourou, en Guyane, où Malouda a retrouvé ses terres natales.
La réserve citoyenne permet à des personnalités civiles de « contribuer bénévolement à la promotion des valeurs et missions de l'institution militaire, sans être militaires eux-mêmes ». Cette démarche met en avant l'engagement civique et le désir de partage de Malouda.
Histoire du Championnat de France Militaire
Le Championnat de France Militaire a connu une longue histoire, bien qu'il ne soit plus disputé depuis 1972. Voici les champions des années passées :
Lire aussi: Triomphe, transformation et réconciliation : Les Springboks
- 1923-1924 : 158e R.L.
- 1924-1925 : 158e R.L.
- 1925-1926 : 158e R.L.
- 1926-1927 : 21e R.L.
- 1927-1928 : 110e R.L.
- 1928-1929 : 158e R.L.
- 1929-1930 : 158e R.L.
- 1930-1931 : 43e R.I.
- 1931-1932 : 158e R.L.
- 1932-1933 : Base Aérienne de Bugny
- 1933-1934 : 158e R.L.
- 1934-1935 : 20e B.C.A.
- 1935-1936 : 20e B.C.A.
- 1936-1937 : 162e R.I.F.
- 1937-1938 : 162e R.I.F.
- 1938-1939 : 3e Génie
- 1941-1942 : Saint-Etienne
- 1945-1946 : 150e R.I.
- 1946-1947 : D.C.R.E. (Sidi Bel Abbès)
- 1947-1948 : 10e R.A. Vannes
- 1948-1949 : Légion Etrangère (Sidi Bel Abbès)
- 1949-1950 : 4e Légion Etrangère (Sidi Bel Abbès)
- 1950-1951 : 41e R.I.
- 1951-1952 : 2e Génie
- 1952-1953 : 41e R.I.
- 1953-1954 : 2e Cie du Train
- 1954-1955 : 151e R.I.
- 1955-1956 : Base Aérienne 247 (Marseille)
- 1956-1957 : Base Aérienne 131 (Mourmelon)
- 1957-1958 : Z.D.A. Creil
- 1958-1959 : C.R.I.P.S. Voiron
- 1959-1960 : 15e R.G.A. de Toul
- 1960-1961 : Base Aérienne 114 Aix-en-Provence
- 1961-1962 : 5e R.Q.A. Toul
- 1962-1963 : 15e Régiment Air de Toul
- 1963-1964 : 156e R.I. de Toul
- 1964-1965 : C.I. des Transmissions 156 de Toul
- 1965-1966 : G.T. 525 d'Arras
- 1966-1967 : C.I. Train 151 Montlhéry
- 1967-1968 : IVe C.R.T. Bordeaux
- 1968-1969 : Marine Brest
- 1969-1970 : 99e R.I. Sathonay
- 1970-1971 : Marine de Brest
- 1971-1972 : Marine de Brest
La Coupe du Monde Militaire de 1995 : Un Titre Oublié
En 1995, l'équipe de France militaire, sous la direction de Roger Lemerre, a remporté la Coupe du Monde militaire à Rome. Cette victoire, bien que significative, est souvent éclipsée par les succès de l'équipe de France civile.
Wagneau Eloi, membre de cette équipe, a souligné : « On est les premiers footballeurs français à avoir remporté une Coupe du monde. » Cette déclaration met en lumière l'importance de ce titre, souvent méconnu du grand public.
Le Bataillon de Joinville : Pépinière de Talents
Jusqu'à la fin du service militaire obligatoire en 1996, le Bataillon de Joinville (BJ) a joué un rôle crucial dans le développement des footballeurs professionnels. Les joueurs en âge de servir sous le drapeau étaient incorporés au BJ, une caserne militaire réservée aux sportifs de haut niveau.
Claude Michel, ancien joueur et actuel entraîneur de l'équipe réserve de l'En Avant de Guingamp, se souvient : « On avait 10 mois de service obligatoire à faire, mais moi, je l’ai repoussé au maximum parce que j’étais en fac à Rennes et je devais d’abord terminer ma licence de STAPS. Donc, en arrivant au bataillon, j’avais environ deux ans de plus que les autres joueurs. »
Au BJ, les footballeurs bénéficiaient d'un traitement privilégié, avec des entraînements adaptés et peu de contraintes militaires. « Franchement, on était peinards », avoue volontiers Claude Michel. « À la caserne, à part la levée du drapeau le matin à 6h30, on n’avait aucune contrainte. On s’entraînait de 10h à 11h30, on allait manger, on faisait la sieste dans nos piaules et on retournait à l’entraînement l’après-midi. Et après ça, on faisait ce qu’on voulait. Si on voulait se barrer, on pouvait. On allait souvent bouffer à Paris et on n’était même pas obligés de dormir à la caserne. »
Lire aussi: Perspectives de l'équipe turque
L'Ambiance au Bataillon de Joinville
L'ambiance au Bataillon de Joinville était décontractée, malgré la présence de militaires encadrant les joueurs. Roger Lemerre, aidé par l'adjudant-chef Claude Baron, dirigeait l'équipe de football.
« C’était un militaire, mais un militaire cool, c’est pour ça qu’ils l’ont mis avec nous, sinon ça n’aurait pas pu marcher, ça aurait clashé(rires)! », se remémore Michel.
Cependant, les joueurs n'hésitaient pas à taquiner leurs supérieurs. « On s’en foutait de marcher au pas, mais lui, il avait une vraie pression par rapport au colonel Diaz, le colonel de la caserne, qui était hyper carré. Des fois, quand on passait devant Diaz, on devait décliner notre matricule, mais comme on avait quelques rigolos dans le groupe, Ipoua, Eloi, ils racontaient des conneries et ça mettait une pression terrible sur Claude(rires)! »
Le Parcours de l'Équipe de France Militaire en 1995
Le chemin vers la victoire en 1995 n'a pas été sans embûches. Les conditions d'hébergement à la caserne de Cesano, en banlieue romaine, ont été un choc pour les joueurs.
« Sur le coup, on s’est demandé où ils nous avaient envoyés ! », s’exclame Eloi. « On passait quand même d’un statut de privilégiés à quelque chose de tout de suite plus militaire », confirme Dacourt. « C’était une vieille caserne des années 50, on s’est tous retrouvés dans les grands dortoirs avec les plumards en ferraille qui couinent. Et puis la bouffe… C’est simple, au bout de deux repas, on a arrêté de bouffer là-bas tellement c’était dégueulasse. »
Lire aussi: Quand le foot rencontre la pop culture
Les premiers matchs ont également été difficiles, avec une défaite contre l'Iran et un match nul contre la Corée du Sud. Cependant, une victoire éclatante contre le Canada (9-0) a relancé l'équipe.
« Après notre deuxième match, on a organisé une petite réunion de crise pour mettre tout sur la table avant le match face au Canada, parce qu’il fallait qu’on leur mette au moins 7 buts pour passer les poules », rembobine Eloi. « Et ça a marché, puisqu’on leur a mis 9-0. Là, c’était tout pour l’attaque. Je ne suis même pas sûr qu’on ait joué à trois derrière ! Je pense que c’est le match qui a tout déclenché. »
La Finale et la Consécration
En finale, l'équipe de France a retrouvé l'Iran, qu'elle avait déjà affronté en phase de groupes. Grâce à un but de Samuel Ipoua, la France a remporté la Coupe du Monde militaire.
Malgré la fierté de leur victoire, les joueurs n'ont pas eu le temps de célébrer pleinement, car ils étaient attendus par leurs clubs respectifs.
« Quelques heures à peine après ça, j’étais à la Beaujoire pour jouer contre Nantes ! », se souvient Coco Michel. « Dans la semaine, j’avais eu le coach Francis Smerecki au téléphone et il m’avait demandé d’être présent au match avec eux. Un avion avait donc été affrété pour me ramener de Rome à Nantes. Au final, je suis arrivé là-bas dans la nuit et, à 3 heures du matin, j’étais à l’hôtel avec l’équipe. »
L'Héritage de l'Équipe de France Militaire
Bien que moins visible que l'équipe de France civile, l'équipe militaire a contribué à la formation de nombreux joueurs professionnels. Le Bataillon de Joinville a permis à de jeunes talents de se développer tout en accomplissant leurs obligations militaires.
De plus, la victoire à la Coupe du Monde militaire de 1995 reste un moment important de l'histoire du football français, témoignant de l'engagement et du talent des joueurs militaires.
Les Équipes de France Masculines et les Titres Mondiaux et Européens
Avec la Ligue des Nations, les équipes de France masculines ont remporté tous les titres mondiaux et européens dans toutes les catégories depuis 1948. En juillet 2013, Paul Pogba devient champion du monde aux côtés de Lucas Digne, Florian Thauvin, Kurt Zouma, Geoffrey Kongdogbia, Samuel Umtiti et Alphonse Areola en battant l’Uruguay en finale (0-0, 4 tirs au but à 1). Avec ce succès, la France devient la première nation à avoir remporté tous les titres mondiaux et européens masculins, toutes catégories d’âges confondues.
Grâce à la qualité des centres de formation, les sélections de jeunes ont suivi un tracé presque similaire. Il y a certes eu un premier titre de champion d’Europe junior (maintenant u19) en 1949, mais ce n’est qu’à partir des années 1980 que les succès vont arriver. Un second titre en junior arrive en 1983 (pour un total de 8 actuellement, le dernier remontant à 2016). La France décroche la médaille d’or aux jeux olympiques de 1984. Si cette compétition était alors ouverte aux joueurs n’ayant jamais participé à une Coupe du monde, elle fait maintenant office de coupe du monde u23 (soit la catégorie espoirs).
A ces titres, obtenus dans des compétitions organisées par la FIFA ou l’UEFA, il convient d’ajouter le championnat du monde militaire. Même si cette épreuve ne dépend pas des deux grandes fédérations de football, certains internationaux A sont passés par l’équipe militaire lors de leur passage au bataillon de Jonville.
Les sélections de jeunes ont donc remporté 15 titres, dont 14 depuis 1983, auxquels s’ajoutent 5 championnats du monde militaires. Parmi ces jeunes vainqueurs, 78 ont poursuivi leur carrière internationale en équipe de France A. 36 d’entre ont joué moins de 10 fois, mais cela n’a pas empêché Zoumana Camara (1 cape) de faire partie du groupe vainqueur de la Coupe des confédérations 2001, ni Alphonse Areola (3 sélections) de devenir champion du monde en 2018 en tant que troisième gardien. On peut également citer Stéphane Paille, double champion d’Europe chez les jeunes, d’abord en 1983 avec les juniors puis en 1988 avec les espoirs.
Les jeunes champions français ayant le mieux assumé leur statut sont les champions du monde u20 2013, puisque 4 des 8 devenus internationaux A ont remporté le titre mondial en 2018 : il s’agit de Paul Pogba, Samuel Umtiti, Florian Thauvin et Alphonse Areola. Jordan Veretout et Lucas Digne, tout comme Paul Pogba, ont également remporté la Ligue des Nations en 2021. Les vainqueurs de l’Euro Espoirs 1988, comptent un champion du monde, Laurent Blanc, auquel s’ajoutent 7 futurs internationaux : Eric Cantona, Jocelyn Angloma, Franck Sauzée, Alain Roche, Vincent Guérin, Bruno Martini et Franck Silvestre. Les olympiques de 1984 comptent pour leur part 14 internationaux A, mais seulement 6 ne l’étaient pas au moment des JO : Albert Rust, Philippe Jeannol, Didier Sénac, Michel Bibard et Patrice Garande. En plus de Camara, Pogba, Umtiti, Thauvin et Areola, 9 autres joueurs ont été titrés au plus haut niveau après leur succès dans les équipes de jeunes.
Composition de l'Équipe de France Féminine Militaire
L'équipe de France féminine militaire a également connu des moments de gloire, bien que moins médiatisés. Elles ont disputé leur Coupe du Monde face au Brésil en France. C’est la seconde fois depuis 1998. Elles sont venues de partout, essentiellement réservistes mais avec la capitaine Justine Gourvil qui aura certainement le coeur encore plus bleu. Souvent, comme le football féminin, elles sont parties de loin. Alors, pleines de leurs émotions différentes, que ce soit dans un stade Maracana comme sur une pelouse de campagne, ces françaises vont jouer pour être Championnes du Monde face au Brésil. A ce titre, elles sont comme les Brésiliennes qui jouent au football, plus naturellement que financièrement.
Voici la composition de l'équipe lors d'un match contre le Brésil :
- France : 1-Pauline Peyraud-Magnin ; 14-Caroline La Villa, 10-Justine Gourvil (cap.), 2-Mélissa Godart, 5-Charlotte Lorgeré ; 11-Léa Le Garrec, 3-Audrey Cugat, 4-Laura Bourgouin, 20-Marjolaine Bernard, 15-Solène Barbance, 17-Faustine Robert, 12-Julie Machart, 21-Marlyse Ngo Ndoumbouk, 13-Pamela Babinga, 16-Delphine Saez, 23-Déborah Garcia, 6-Claire Guillard, 7-Maëli Roux, 8-Marie Schepers, 9-Cynthia Gueheo, 18-Gaëlle Gayton, 19-Juliane Gathrat, 22-Aurélie Panchèvre.
- Brésil : (le groupe) 20-Luana Liberato, 2-Daniele Barbosa, 19-Karen Lang Rocha, 4-Tania Maria Ribeiro, 5-Patricia Derrico, 6-Roberta Emiliao, 7-Gabrielly Soares Salgado, 8-Diany Martins, 9-Larissa Pereira, 10-Barbara Ferreira, 11-Juliana Ferreira, 21-Renata Sant’ana, 13-Tatiane Silva Antonio, 14-Rebeca Lopes, 15-Michele Reis, 16-Dayana Serafim, 17-Jane Tavares, 18-Andreia Dos Santos, 3-Ana Carolina Dias.