L'équipe d'Équateur de football, surnommée la "Banana Mecánica", a connu une histoire riche en rebondissements, marquée par des périodes de disette et des moments de gloire. Bien qu'elle n'ait jamais dépassé le stade des demi-finales de la Copa América (4e en 1959 et 1993), c'est en Coupe du monde que l'Équateur s'est véritablement révélé.
Des débuts timides en Coupe du Monde et une génération dorée
Absente de la scène mondiale jusqu'en 2002, l'Équateur est ensuite devenu un participant régulier, avec des apparitions en 2006, 2014 et 2022. Son meilleur résultat reste un huitième de finale perdu 1-0 contre l'Angleterre en 2006. Ces progrès constants ont été portés par une première génération dorée, incarnée par des joueurs emblématiques tels qu'Agustín Delgado, Édison Méndez, Ulises de la Cruz, Carlos Tenorio et, bien sûr, Antonio Valencia.
Un passage à vide et le renouveau grâce à la formation
Après cette période faste, l'Équateur a connu un passage à vide. Cependant, le football est une histoire de cycles, et un nouveau cycle s'est mis en place grâce à un excellent travail de formation. Bien qu'absent des compétitions mondiales de jeunes pendant un certain temps, l'Équateur a enregistré d'excellents résultats continentaux (3e en 2015, 4e en 2019) et mondiaux (4 participations aux 6 derniers mondiaux, dont 2 huitièmes de finale et un quart de finale) en U17, ainsi que de très belles performances en U20. La sélection a notamment terminé troisième de la Coupe du Monde U20 en 2019, après une défaite 1-0 contre la Corée du Sud en demi-finale.
Des ambitions renouvelées pour la Copa América et la Coupe du Monde
Qualifié pour la dernière Coupe du Monde et désireux de participer à la prochaine en 2026, l'Équateur vise également la Copa América 2024 avec de grandes ambitions. Quart de finaliste en 2021, l'équipe, désormais entraînée par Félix Sánchez Bas, entend continuer à progresser. Pour ce faire, il dispose d'un effectif talentueux.
Un effectif talentueux et prometteur
La défense équatorienne est solide, avec des défenseurs centraux de qualité tels que Willian Pacho (21 ans, Eintracht Francfort), Felix Torres (26 ans, Santos Laguna), Jackson Porozo (23 ans, Olympiakos), Joel Ordóñez (19 ans, Club Bruges) et surtout Piero Hincapié (21 ans), devenu un élément clé du Bayer Leverkusen de Xabi Alonso. Sur les côtés, on retrouve également des joueurs talentueux comme Pervis Estupiñán (25 ans, Brighton), Angelo Preciado (25 ans, Sparta Prague) et José Hurtado (21 ans, RB Bragantino).
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Le milieu de terrain n'est pas en reste, avec des talents tels que José Cifuentes (24 ans, Glasgow Rangers) et deux joueurs appartenant à Chelsea : Moisés Caicedo (21 ans), plus gros transfert de l'histoire de la Premier League avec un transfert à 130 millions d'euros, et Kendry Paez (16 ans), dont l'arrivée est prévue à Chelsea à sa majorité. Le transfert de Paez est estimé à 15 millions d'euros.
L'attaque équatorienne est également prometteuse, avec des pépites offensives comme Gonzalo Plata (22 ans, Al-Sadd), Nilson Angulo (20 ans, Anderlecht) et Jeremy Sarmiento (21 ans, prêté à West Bromwich Albion par Brighton).
L'Independiente del Valle et Brighton : des clubs clés dans le développement des talents équatoriens
Le succès actuel de l'Équateur est dû en grande partie à deux clubs : l'Independiente del Valle et Brighton & Hove Albion.
L'Independiente del Valle s'est distingué par sa formation de jeunes joueurs. Vainqueur de la Copa Sudamericana en 2019 et 2022, finaliste de la Copa Libertadores 2016 et champion national en 2021, le club est devenu une référence en matière de formation. Il a même obtenu la plus grosse somme grâce à un pourcentage dans un transfert suite à la vente de Moisés Caicedo de Brighton à Chelsea (26,5 M€). Depuis la saison 2016/2017, le club a récolté environ 100 millions d'euros grâce à la vente de ses joueurs. Le propriétaire du club, Michel Deller, a transformé l'Independiente del Valle en un modèle national et continental.
Brighton & Hove Albion est également un acteur important dans le développement des talents équatoriens. Malgré l'échec de Billy Arce, les Seagulls ont continué d'investir en Équateur, notamment avec Moisés Caicedo, dont la trajectoire a été beaucoup plus positive. Brighton a également recruté d'autres Équatoriens, comme Jeremy Sarmiento et Pervis Estupiñán. Le club est conscient que l'Équateur est une nation montante du football où il est encore possible de réaliser de jolis coups sur le mercato.
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Esmeraldas : un vivier de talents malgré la violence
La ville d'Esmeraldas, située au nord-ouest de Quito, est un vivier de talents pour le football équatorien. Malgré la violence qui sévit dans la ville, de nombreux jeunes rêvent de suivre les traces de Piero Hincapié et Pervis Estupiñán, deux joueurs originaires d'Esmeraldas qui ont participé à la Coupe du Monde au Qatar.
La criminalité est endémique à Esmeraldas, en raison de la proximité avec la Colombie, de la pauvreté, de l'isolement et de l'abandon des classes politiques de Quito. Le port de la ville recèle également de nombreux secrets. Cependant, les habitants d'Esmeraldas s'accrochent aux histoires les plus belles et se tournent vers le football pour se dire que bientôt tout ira mieux.
Alberto Spencer : la légende équatorienne
Alberto Spencer est considéré comme le plus grand footballeur équatorien de tous les temps. Attaquant très grand et habile de ses deux pieds, il a percé les défenses pendant près de dix ans avec un tir surpuissant et surtout un excellent jeu de tête qui lui a valu le surnom de "Cabeza Magica" (Tête magique). Pelé lui-même a déclaré que Spencer était meilleur que lui de la tête.
Spencer a débuté sa carrière au Deportivo Everest avant de rejoindre le CA Peñarol en Uruguay. Il y a amassé un palmarès impressionnant, avec plusieurs titres de champion d'Uruguay, trois Copa Libertadores et deux coupes Intercontinentale. Il a également terminé quatre fois meilleur buteur du championnat uruguayen et reste le meilleur réalisateur de l'histoire de la Copa Libertadores avec 54 buts inscrits.
Malgré son talent, Spencer est resté peu connu en Europe car il n'a jamais disputé de Coupe du Monde.
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Iván Kaviedes : le talent gâché
Iván Kaviedes était un attaquant talentueux qui a marqué les esprits en Équateur. Surnommé "Nine", il a explosé au CS Emelec avant de rejoindre le club italien de Pérouse en 1999. Il a ensuite joué dans plusieurs clubs en Europe et en Amérique du Sud, mais n'a jamais réussi à confirmer son potentiel.
Kaviedes a participé à la Coupe du Monde 2006, où il a célébré un but en portant un masque de Spiderman en hommage à Ottilino Tenorio, un autre attaquant équatorien décédé. Après sa carrière de joueur, Kaviedes a connu des problèmes personnels et a dû suivre une cure de désintoxication.
Antonio Valencia : le capitaine emblématique
Antonio Valencia est un joueur emblématique de l'équipe d'Équateur. Capitaine et "star" de la sélection, il a joué pendant de nombreuses années à Manchester United. Valencia a participé à deux Coupes du Monde, en 2006 et 2014.