Entraîneurs Historiques du Football Algérien: De la Fondation à la Modernité

Le football algérien, riche en histoire et en passion, a été façonné par des figures emblématiques, tant sur le terrain que sur le banc de touche. Cet article explore le parcours des entraîneurs qui ont marqué l'histoire du football algérien, de la création du premier club à l'ère moderne.

Naissance du NAHD et les Premiers Entraîneurs

L'histoire commence le 15 juin 1947, au café Kaddour à Léveilley (actuellement Maqaria), où 180 membres se sont réunis sous la présidence de M. pour fonder le "Nasr Athlétique d'Hussein-Dey" (NAHD). Avant la Seconde Guerre mondiale, le Mouloudia était le seul club algérois, mais face à la demande croissante, il a été décidé de créer d'autres clubs. Ainsi, après la création de l'USMA et d'autres clubs, le NAHD a vu le jour en 1947. Ce club est né de la fusion de trois autres clubs et a été béni par le cheikh Larbi Tebessi.

Après l'indépendance, des hommes ont pris la relève et ont donné au club une aura et une reconnaissance dans le monde sportif. En 1963, le NAHD a intégré des joueurs de l'ex-OHD (Zboralski, Perret, Serrano) et a rappelé des joueurs locaux (Zermani, Zemmouri, Boudissa Maazouz, Ouali, Yahia…). Bien que champion d'Alger, le NAHD a perdu le titre de champion d'Algérie lors du tournoi final au profit d'Annaba.

L'Ère des Écoles de Football et des Entraîneurs Étrangers

Malgré un palmarès modeste, le NAHD est reconnu comme la plus grande école de football algérien depuis les années 1960. Le club a perfectionné un jeu apprécié des amateurs, notamment avec l'entraîneur hongrois Kalocsai (1966-68), l'Anglais Reynolds et le Français René Vernier, qui a perfectionné la défense de zone. Vernier a intégré de jeunes arrières centraux, Kheddis et Akkak, ainsi qu'un milieu de terrain, Fergani, changeant ainsi la hiérarchie de l'équipe. La relève a été assurée par Amar Boudissa, qui a réalisé un record de 17 matches sans défaite.

L'Anglais Reynolds a été suivi par Jean Snella, qui a apporté sa touche particulière au jeu des navigateurs, promouvant le jeu offensif et révolutionnant le NAHD dans les années 1970. Il ne faut pas oublier le mérite des éducateurs tels que Bellamine, Fes, Boudissa Amar, Abdelkader Bahmane, Benzekri, Ighil, etc. Cette pléiade d'éducateurs a formé des joueurs talentueux de niveau mondial comme Fergani, Ouchene, Khedis, Ighil, Guendouz, Madjer et Merzekane.

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Les Années 1970: Partenariat et Reconnaissance Internationale

Au début des années 1970, le NAHD a été le premier club algérien à conclure un partenariat avec une entreprise commerciale, AIR ALGERIE, grâce à l'aide de S. Le NAHD a réalisé la performance unique de fournir sept joueurs à l'équipe nationale, tous de niveau mondial. Les supporters se souviennent qu'à leur retour au sein de l'équipe, ces internationaux devaient prouver leur valeur pour gagner une place de titulaire, étant donné la qualité des joueurs non sélectionnés.

En 1979, le Nasria a remporté sa première Coupe d'Algérie avec Merzekane, Madjer, Guendouz, Guenoun, Zarabi, Aït El Hocine, Lazazi et autres. La même saison, le groupe a failli réaliser un exploit continental, perdant la finale de la Coupe d'Afrique des clubs vainqueurs de coupe face au Horia Konakry (Guinée).

Les Années Difficiles et le Retour de Meziane Ighil

En 1986, le club, victime d'une saignée, a sombré dans la division régionale, où il a végété jusqu'en 1991. Meziane Ighil est devenu le messie, réussissant à remettre l'équipe à sa place parmi l'élite. En 2000, Ighil est revenu à la rescousse des navigateurs en tant que "Big Boss". Sous sa direction, les "Sang et Or" ont retrouvé l'élite. Sa première mission a été de réorganiser le club administrativement et de travailler avec les bonnes personnes.

Le staff technique composé de Cheradi, Aït el Hocine et Ouchen a bouleversé la hiérarchie. Les talentueux Aliche, Bendebka, Yacef, Abdeslam, Châabna et autres Gana ont terminé la saison 2002/2003 en beauté, obtenant une deuxième place méritée qui leur a ouvert les portes de la Ligue des champions arabe.

Le Défi du Professionnalisme

Comme les autres clubs, le NAHD est confronté à un défi majeur pour jouer un rôle au niveau arabe ou africain. Les structures et l'organisation actuelles, obsolètes et dépassées, ne peuvent plus répondre aux exigences pour assurer un saut qualitatif. Le passage au professionnalisme est donc devenu indispensable.

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Hommage à Mahieddine Khalef

Le monde du football algérien a été endeuillé par le décès de Mahieddine Khalef, figure emblématique du sport national. L'ancien entraîneur de la JS Kabylie et co-sélectionneur de l'équipe nationale lors de la Coupe du monde 1982 est décédé le 10 décembre 2024 à l'âge de 80 ans. Né le 17 janvier 1944 à Mechra Bel Ksiri, au Maroc, dans une famille algérienne originaire d'Aït Yenni, Mahieddine Khalef a marqué le football algérien dès ses débuts.

Joueur au KAC Kénitra, il est rentré en Algérie en 1967 et a rejoint la JS Kabylie (JSK). Il a commencé à entraîner en 1972, dans un contexte difficile où la JSK luttait pour son maintien. Avec la JS Kabylie, Mahieddine Khalef a contribué à écrire les plus belles pages du football algérien. En collaboration avec le Polonais Stefan Zywotko, il a remporté huit titres de champion d'Algérie entre 1977 et 1990, ainsi qu'une Coupe d'Algérie, une Ligue des champions de la CAF (1981), une Supercoupe d'Afrique (1982) et la Coupe de la CAF avec Nasser Sandjak.

Mahieddine Khalef était plus qu'un entraîneur : c'était un visionnaire, capable de tirer le meilleur parti de ses joueurs et d'instaurer une discipline qui a hissé la JSK au sommet du football africain. Fort de ses succès en club, Khalef a été appelé à co-diriger l'équipe nationale algérienne à partir de 1979, en collaboration avec Rachid Mekhloufi. La victoire contre l'Allemagne de l'Ouest (2-1) reste l'un des moments les plus marquants de l'histoire du football algérien.

Suite à l'annonce de son décès, les hommages ont afflué de toutes parts. La Fédération algérienne de football (FAF) a exprimé sa "profonde tristesse", qualifiant Mahieddine Khalef de "pionnier" du football algérien. La JS Kabylie, le club qu'il a porté au sommet, a également réagi avec émotion. "Toute la grande famille de la JSK est touchée et profondément attristée par cette perte. Mahieddine Khalef laisse derrière lui un héritage immense. Il était non seulement le plus titré des entraîneurs algériens, avec 13 trophées à son actif, mais aussi une figure qui a incarné l'excellence et la résilience. Sa notoriété, intacte jusqu'à la fin de sa vie, témoigne de son rôle central dans l'histoire du football algérien.

Vahid Halilhodzic: Rigueur et Révolution

La rencontre entre Vahid Halilhodzic et l'équipe nationale d'Algérie a été celle de deux opposés : le feu et la glace, la passion et la raison, la ferveur et la rigueur. Pourtant, entre son arrivée à la tête des Fennecs en juin 2011 et le 19 novembre 2013, soir où tout un peuple a exulté et fêté ses héros, vainqueurs du match retour des barrages face au Burkina Faso (1-0), Vahid Halilhodzic a révolutionné l'équipe d'Algérie.

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Quand l'entraîneur bosnien est arrivé à la tête des Fennecs en juin 2011, la situation était critique. "La sélection était dans un état pitoyable. Il a récupéré une équipe en ruines", raconte Nabil Djellit, journaliste à France Football spécialisé dans le football maghrébin. L'Algérie sortait meurtrie d'une défaite 4 buts à 0 à Marrakech face au rival marocain. Cette humiliation a poussé l'ancien entraîneur du PSG à changer les règles de vie de la sélection.

Nabil Djellit explique : "Il a tout repris de zéro. Il a imposé des règles de vie très strictes et une discipline de fer. C'est le même Vahid qu'on connaît en France". L'ancien gardien du PSG, Jérôme Alonzo, qui a évolué sous ses ordres de 2003 à 2005, confirme : "Avec Vahid, on n'est pas au club Med. On arrive une heure avant l'entraînement et on part une heure après". Halilhodzic est donc un entraîneur de tempérament, avec un caractère et des idées bien affirmées. Parfois, cela fait des étincelles. Plusieurs joueurs algériens ont été bannis pour ne pas avoir respecté les règles de coach Vahid, dont le meneur de jeu de Bastia, Ryad Boudebouz, écarté pour raisons disciplinaires.

"Mais tous les entraîneurs qui réussissent ont ces ingrédients. Regardez Claude Onesta avec l'équipe de France de handball, il a su imposer une discipline et tout gagner. Si il n'y a pas de rigueur, vous n'arrivez à rien", plaide Jérôme Alonzo. Il ajoute : "Il faut adhérer à ses méthodes, sinon vous n'y arrivez pas. Mais il ne faut pas réduire Vahid à sa rigueur".

Le sélectionneur algérien est aussi un tacticien qui a opéré un changement radical de génération chez les Fennecs. "Il a lancé beaucoup de jeunes joueurs, comme l'ailier de Valence, Sofiane Feghouli. Aujourd'hui c'est une équipe très jeune, au milieu de terrain il y a par exemple Nabil Bentaleb, qui vient à peine d'avoir 19 ans", constate Nabil Djelit. Autre choix fort du sélectionneur algérien : imposer deux attaquants sur lesquels peu de gens misaient. "Aujourd'hui, Slimani et Soudani sont devenus incontournables. Du coup, l'équipe d'Algérie marque plus qu'avant", précise Khaled Karouri, journaliste à Foot Mercato.

Lors des deux derniers matches amicaux, les Fennecs se sont imposés face à l'Arménie (3-1) et contre la Roumanie (2-1). Tout semble aller pour le mieux pour la sélection algérienne. Cependant, Vahid Halilhodzic entretient, comme en France, des relations orageuses avec les médias. "Il est têtu, arrêté sur ses idées. Et en Algérie, beaucoup de gens lui reprochent de parler davantage avec la presse étrangère qu'avec la presse locale", constate Nabil Djelit. Une situation rendue encore plus explosive par la situation contractuelle du sélectionneur. En effet, Vahid Halilhodzic n'a toujours pas prolongé son contrat et devrait quitter les Fennecs après la Coupe du Monde.

Les Légendes du Football Algérien

Le football algérien est marqué par une histoire riche, mêlant passion populaire, exploits mémorables et une identité forte, forgée sur le continent africain comme en Europe. Parmi les légendes qui ont marqué cette histoire, on retrouve :

  1. Rabah Madjer, célèbre pour son but du talon en finale de Coupe d'Europe avec Porto.
  2. Lakhdar Belloumi, considéré comme l'un des plus grands meneurs africains.
  3. Riyad Mahrez, star moderne ayant brillé en Premier League et guidé l'Algérie vers le sacre à la CAN 2019.
  4. Mustapha Dahleb, ancienne star du Paris Saint-Germain et l'un des premiers grands ambassadeurs du football algérien en Europe.
  5. Djamel Menad, attaquant prolifique.
  6. Salah Assad, élégant ailier gauche et l'un des meilleurs joueurs algériens lors de la Coupe du monde 1982.
  7. Abdelkader Ghezzal, avant-centre puissant ayant fait carrière en Europe.
  8. Rabah Saadane, plus connu comme entraîneur, mais ayant aussi eu une carrière de joueur respectable.
  9. Djamel Belmadi, aujourd'hui sélectionneur, mais d'abord un joueur technique et créatif.
  10. Yacine Brahimi, milieu offensif et ailier connu pour ses dribbles déroutants.

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