Introduction
Le beach-volley égyptien, tant masculin que féminin, est en pleine évolution, oscillant entre performances notables sur la scène internationale et débats socioculturels autour du port du hijab. Cet article explore les dynamiques complexes qui façonnent ce sport en Égypte, en mettant en lumière les succès récents, les figures emblématiques et les enjeux liés à la représentation et à l'identité.
Performances et Qualifications
L'équipe togolaise a réalisé un exploit en battant l'Égypte lors de la Coupe Continentale 2025 de beach-volley. La paire togolaise, composée de Kotokah K. Abraham et Samani K. Achille, a vaincu la redoutable équipe égyptienne formée par le duo George/Y. Elsafy en deux sets serrés (21-18, 23-21). Ce match, disputé dans une ambiance tendue, a vu les Togolais imposer un rythme soutenu dès le premier set, avec un jeu équilibré entre puissance et précision. Bien que l'Égypte n'ait rien lâché, le Togo a finalement remporté la victoire, se qualifiant ainsi pour les demi-finales et confirmant son statut de sérieux prétendant à la qualification pour les prochains Championnats du monde.
En parallèle, l'Égypte a confirmé sa participation au Championnat du monde féminin de volleyball, prévu en Thaïlande en 2025, aux côtés du Cameroun et du Kenya.
Figures Emblématiques et Inspiration
Au basket 3×3, Soraya Mohamed, surnommée Cléopâtre, est une figure emblématique qui inspire les jeunes filles en représentant la société traditionnelle égyptienne. Son succès contraste avec celui de Sarah Essam (première footballeuse égyptienne à avoir joué dans le championnat anglais), qui, bien que talentueuse, provient d'un milieu plus aisé et n'a pas la même capacité à susciter l'identification.
Le Hijab et la Représentation aux Jeux Olympiques
Doaa Elghobashy est une figure marquante de l'histoire du beach-volley égyptien. En 2016, lors des Jeux de Rio, elle est devenue la première beach-volleyeuse à porter le hijab lors d'une compétition olympique. Huit ans plus tard, elle était présente aux Jeux de Paris aux côtés de sa compatriote Marwa Abdelhady. Elghobashy a exprimé son incompréhension face à l'interdiction du port du voile pour les athlètes françaises, soulignant l'importance du respect des différentes cultures et religions. Elle a déclaré : "Je veux jouer avec mon hijab, elle veut être en bikini - tout est ok, que l'on veuille être nue ou porter un hijab. Il faut simplement respecter les différentes cultures et religions."
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Cette position met en lumière un débat plus large sur la liberté individuelle et les choix vestimentaires dans le sport. Elghobashy a insisté sur le fait que "Personne n'a le droit de m'imposer comment m'habiller. C'est un pays libre, chacun devrait pouvoir faire ce qu'il veut", en référence à l'interdiction imposée par la France à ses athlètes.
Les photos de Doaa El-Ghobashi, portant un survêtement et un hijab, aux côtés de joueuses en bikini, ont été largement partagées sur les réseaux sociaux, symbolisant la diversité et l'inclusion dans le sport. Ces images ont suscité des discussions sur les différences culturelles et les valeurs olympiques d'ouverture et de respect.
Défis et Développement du Sport Féminin
L'émergence du football féminin en Égypte est récente, grâce au militantisme de Sahar El-Hawary, qui a permis la création d'un championnat féminin et de l'équipe nationale en 1998. Des initiatives comme le programme « Ishraq » ont également contribué à décloisonner les jeunes filles des régions du Sud de l'Égypte en leur permettant de rejoindre une éducation compromise par les difficultés géographiques et sociales.
Le TUT FC et l’initiative Right To Dream sont des héritages de ces programmes, en s’appuyant sur un mécénat privé. De plus, la Confédération Africaine de Football (CAF) encourage le développement du football féminin en obligeant les clubs traditionnels à structurer une équipe féminine pour participer à la Ligue des Champions.
Le Système des « Nadi » et l'Émergence des Académies Privées
Le système historique des « nadi » (clubs) en Égypte est aujourd'hui concurrencé par la croissance des académies et des centres privés, fondés sur l'affiliation à une personnalité ou une marque. Ces centres, bien que coûteux, se développent au même rythme que les « compounds », ces quartiers résidentiels cloisonnés à une classe mondialisée. Ce phénomène est lié à l'importance du rôle-modèle et de la communauté, où les jeunes fréquentent les mêmes écoles, centres commerciaux et académies.
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