Depuis son accession à l'élite en 2018, l'Istres Provence Handball (IPH) a régulièrement flirté avec la relégation, une menace constante qui plane sur le club jusqu'au terme de chaque saison. L'exercice précédent ne fit pas exception, l'équipe terminant à la 14ème place, synonyme de premier non-relégué en deuxième division, échappant ainsi de justesse à la descente.
Confronté à des départs significatifs, notamment ceux du Danois Mikkelsen et du gardien Arnaud Tabarand, parti à Cesson-Rennes, le staff istréen s'est attelé à renforcer l'équipe afin de lutter une fois de plus pour son maintien. Malgré une élimination rapide des coupes nationales par Nantes et Cesson-Rennes avant la trêve hivernale, les Istréens ont connu une saison de championnat ponctuée de rares victoires, dont certaines à l'extérieur, qui leur ont permis de se battre pour leur maintien en fin de saison.
Après une préparation estivale réussie, marquée par deux victoires face à Frontignan et Valence le 23 août, Istres a entamé sa saison par un déplacement à Saran, dans le Loiret, pour son entrée en lice en Coupe de France.
Objectifs et ambitions pour la saison 2025/2026
Le Istres Provence Handball a dévoilé ses nouveaux objectifs et présenté ses joueurs pour la saison 2025/2026, qui vient de débuter en Liqui Moly Starligue. Huit recrues sont venues renforcer l'équipe, en particulier sur la base arrière, représentant plus de la moitié du groupe.
Le président Benjamin Gonzalez, en poste depuis trois saisons, souligne l'incertitude qui plane sur le club : "C'est énorme. Mais dans notre club, il y a toujours une incertitude entre montée et descente, ce qui rend difficile la stabilité."
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L'objectif affiché est clair : ne plus se contenter de se sauver à la dernière minute. Le club aspire à bâtir un projet solide, à se structurer, à grandir et à développer ses partenariats.
Bastien Cismondo : Un enfant du club aux commandes
Le changement majeur de cette intersaison est l'arrivée de Bastien Cismondo au poste d'entraîneur principal. Ancien capitaine et figure locale formée à Istres, il effectue sa première expérience à la tête d'une équipe professionnelle.
"C'est quelqu'un de chez nous, qui connaît le contexte, le club, et qui a pu faire ses propres choix d'effectif. C'est peut-être le gros changement de l'intersaison", explique le président.
Bastien Cismondo, véritable figure du Istres Provence Handball, a évolué en tant que demi-centre professionnel au sein du club depuis le centre de formation jusqu’à sa retraite sportive en 2017, portant fièrement le brassard de capitaine pendant plusieurs saisons. Il a notamment remporté la Coupe de la Ligue en 2009, marquant l’histoire du club. Après avoir été directeur du centre de formation de 2017 à 2023, il a poursuivi son engagement en devenant manager général du Istres Provence Handball. Sa nomination en tant qu’entraîneur principal marque une continuité naturelle portée par sa parfaite connaissance des rouages du club. Il a confié : « Je suis très fier d’encadrer ce groupe-là. On a bien bossé tout le mois d’août. Je crois qu’on est prêts, même s’il reste quelques réglages sportifs. Nous sommes très enthousiastes. On va avoir besoin d’être encouragés ».
Le président insiste sur la nécessité de laisser le temps au nouvel entraîneur de mettre en place son projet : "Il va falloir être patient pour trouver des automatismes, une ambiance, une équipe. L'objectif, cette fois, est de recruter sur le moyen terme, avec des contrats de deux à trois ans."
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Une stratégie de recrutement axée sur le long terme
L'idée est d'attirer de jeunes joueurs, parfois venus de l'étranger, de leur offrir une expérience tremplin, tout en construisant un noyau plus stable.
"On leur dit : aidez-nous à progresser ici, et après vous pourrez partir plus haut. Mais faites avec nous une petite aventure de deux ou trois ans", précise Benjamin Gonzalez.
Le handball : Sport numéro 1 à Istres
À Istres, le handball occupe une place particulière. "On est très bien positionnés, c'est le sport numéro 1 de la ville, le dernier sport professionnel sur Istres, alors que le rugby, le volley féminin, le foot ou le tennis de table ont pris de moins en moins de place au niveau professionnel."
Le club bénéficie d'un public fidèle et passionné, qui se retrouve dans les valeurs véhiculées par ce sport. Côté billetterie, une légère hausse est annoncée : 7 € pour un match classique, un peu plus pour les affiches de prestige. Les abonnements sont proposés à 99 € (84 € en cas de renouvellement) : "C'est un sport qui se vit en famille, avec de belles valeurs", insiste Benjamin Gonzalez.
Un début de saison difficile
Malheureusement, les "Taureaux" n'ont pas réussi à se qualifier en Coupe de France contre Frontignan (défaite 37/30) le 2 septembre dernier. Ils ont aussi trébuché lors de la première journée de championnat à Nîmes (28-29). en Starligue.
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Un effectif multiculturel
Neuf nationalités pour seize joueurs pros, le Istres Provence Handball a misé sur la multiculture pour valider son maintien en Starligue. Un choix de joueur qui passe par l'expérience des saisons passées, aucun Argentin (Vieyra, Carou) n'a été un flop en Provence, idem pour les Danois (9 en tout depuis les années Covid) hormis Olivier Eggert en 2022… On se tourne dès lors plus facilement vers ces nationalités qui réussissent.
Des choix qui passent aussi par les réseaux d'agents qui ont des affinités sur des régions géographiques. Cela peut être aussi une question de coût. "Nous n'avons pas une volonté de bâtir obligatoirement un effectif pro uniquement français mais, aujourd'hui, on a une multiculture. Je ne vois pas pourquoi on se priverait. Alors bien sûr, on aime bien faire éclore de jeunes français au plus haut niveau. Mais si on ne trouve pas de solutions…" Faire venir des joueurs étrangers peut être LA solution.
Un melting pot qui peut être parfois compliqué à gérer en termes de communication. "Cela a pu être le cas par le passé, admet Gilles Derot. Mais cette saison, nous n'avons pas ces soucis. Il y a déjà pas mal de mecs qui parlent déjà français.
La fin d’un cycle est venu pour le club quinquagénaire, avec les départs des entraîneurs Gilles Derot et Benali Beghouach, dont l’investissement a été à nouveau unanimement salué. Mais l’ambition est intacte de rester au plus haut niveau du handball français.Le président, Benjamin Gonzalez, a rappelé : « On a vécu une saison dernière palpitante, pleine de rebondissements. Une nouvelle va démarrer avec une nouvelle équipe. Je suis sûr que les joueurs vont tout donner pour que le Istres Provence Handball s’accroche et ne lâche rien. Il faut prendre les bons côtés d’être un outsider.