Diego Godin: Un défenseur uruguayen qui a marqué l'histoire du football

Diego Godin, un nom qui résonne avec la "garra charrua" et la solidité défensive, a tiré sa révérence après une carrière de deux décennies. Son départ a suscité une vague d'hommages, soulignant son impact indélébile sur le football uruguayen et mondial. Cet article explore le parcours exceptionnel de Godin, mettant en lumière ses moments forts, ses défis et son héritage.

Un adieu émouvant

C’est un adieu qui lui ressemble. Au terme d’un match rugueux, capital dans la lutte pour le maintien, un petit clasico de Buenos Aires entre Huracán et Vélez Sarsfield, Diego Godin s’en est allé. Dans sa déclaration d’après-match et même dans les larmes qui l’accompagnaient - témoins de son amour pour sa profession - tout Diego Godin était résumé. « À quoi je pense ? Mes 20 ans de carrière, lâchait-il au sein du vétuste stade Tomas Adolfo Duco. Depuis mes cinq ans, j’ai joué au foot et j’ai tout donné. Ce sont des larmes de joie et de tranquillité au terme d’une carrière riche en réussites mais aussi en revers. Plus de revers que de triomphes d’ailleurs, mais beaucoup de sacrifice.

Le Pharaon : Un roc défensif

Sans être le prototype du défenseur dit moderne, le Pharaon, son surnom, a pourtant été un des meilleurs de son temps. Si l’on dressait un classement des centraux sur la décennie 2010-2020, qu’il a presque intégralement passée à l’Atlético de Madrid (jusqu’en 2019), son nom apparaitrait assez rapidement. Un peu derrière Sergio Ramos, l’homme qui lui a enlevé une Ligue des champions (2014), mais pas forcément loin derrière. « Nous avons eu le plaisir d’avoir avec nous un des meilleurs centraux de l’histoire, a même considéré Sebastián Méndez, l’entraîneur de Vélez Sarsfield. C’est un grand monsieur, en plus d’être un grand joueur de football. » De manière plus factuelle, Godin a été le grand référent de l’Atlético, maître-étalon de son temps en terme d’hermétisme et deux fois finaliste de la Ligue des champions (2014 et 2016).

Godin a incarné la solidité uruguayenne au XXIe siècle, devenant un roi de la défense.

L'incarnation de la "garra charrua"

À l’instar de Diego Lugano avant lui ou d’Edinson Cavani à un autre poste, Godin incarnait la garra charrua, cette rage de vaincre qui a permis à l’Uruguay de renverser tant de montagnes, comme de remporter la Copa América 2011 en Argentine, exploit auquel il n’avait toutefois participé qu’à la marge à cause d’une blessure. Mais même dans un pays qui apprécie les défenseurs de son type, le Pharaon a dû batailler. À 15 ans, il pensait d’ailleurs sa carrière morte-née quand le centre de formation du Defensor Sporting lui avait montré la porte de sortie, avant d’être repêché par le modeste Cerro. En équipe nationale, il brillera finalement dans un environnement qui lui était favorable, où l’on défend fort sur l’homme sans presser trop haut. À l’Atlético de Madrid, il avait aussi trouvé le parfait écrin pour s’exprimer, une fois Diego Simeone aux commandes (2011).

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Un parcours semé d'embûches

Aurait-il pu briller dans d’autres équipes du gotha européen ? De l’Atlético, le Pharaon est parti à temps. Quand son corps a commencé à le trahir. Après l’Italie (Inter et Cagliari), Godin a fini par revenir en Amérique du Sud en 2022, à l’Atlético Mineiro, avant une dernière pige à Vélez. Fatigué, le guerrier a annoncé vouloir s’occuper de sa famille alors qu’il vient d’être papa. Avec lui, c’est une certaine idée du défenseur central qui s’en va. Et peut-être dira-t-on à peu près la même chose au moment des adieux de Giorgio Chiellini, par exemple. Il y a, en réalité, beaucoup de Diego Godin sur les pelouses, mais plus souvent dans les divisions inférieures.

Diego Lugano : Un autre défenseur uruguayen au PSG

En attendant son association avec Mamadou Sakho, Diego Lugano brille sur les terrains d'Amérique du Sud avec l'Uruguay. Diego Lugano n’est pas encore au sommet de son art avec la tenue parisienne sur le dos, mais ça ne saurait tarder. Un peu plus d’un mois après son arrivée dans la capitale, l’Uruguayen laisse en tout cas présager un avenir serein. Pendant que Sakho a repris la compétition le week-end dernier avec la réserve du PSG, Lugano a lui brillé avec l’équipe nationale de l’Uruguay. Double buteur vendredi soir contre la Bolivie (4-2), le défenseur central de la Celeste est surtout devenu à 30 ans (il fêtera ses 31 ans le 2 novembre prochain) le joueur ayant porté le plus de fois le brassard pour son pays (56 fois). Un record que Lugano devrait améliorer dès cette nuit (1h45, heure française) à Asuncion au Paraguay.

Capitaine emblématique de l'Uruguay de 2010 à 2014, Diego Lugano a aussi été un joueur du PSG de septembre 2011 à janvier 2013. Dire que son passage à Paris ait laissé une trace profonde dans la capitale serait exagéré. Mais le défenseur central y a gardé de bons souvenirs et des amis comme Thiago Motta, Verratti ou Pastore.

Les regrets de Lugano concernant son passage au PSG

L'ancien défenseur central uruguayen Diego Lugano est revenu dans les colonnes de France Football sur son passage au PSG. Il affirme notamment qu'il a la sensation de ne pas avoir été à la hauteur, qu'il aurait dû être plus important, tout en concédant quelques fautes du club parisien.

Arrivé de Fenerbahce avec l'étiquette de capitaine de la rugueuse sélection de l'Uruguay, Diego Lugano n'a pas vraiment marqué de son empreinte le club de la capitale durant ses deux saisons de présence à Paris, entre 2011 et 2013. Censé cadrer le vestiaire avec sa mentalité de champion, Lugano a exprimé ses regrets dans les colonnes de France Football concernant son passage raté à Paris : « Je m'excuse auprès des supporters parisiens. J'ai effectivement la sensation de ne pas vraiment avoir été à la hauteur. Sportivement, je n'ai pas assuré, c'est vrai. J'aurais dû être plus important. Je me suis souvent demandé pourquoi. Le directeur sportif de l'époque, un certain Leonardo, lui « avait donné la responsabilité de changer la mentalité du vestiaire, de le professionnaliser en quelque sorte. J'ai entamé cette transition mais c'était difficile de faire accepter ça.

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Lugano admet avoir perdu beaucoup d’énergie dans le vestiaire et avoir été mal accueilli à Paris, lui qui n’a pas été aidé dans ses recherches de domicile et d’école pour ses enfants. « Ça ne se fait pas. Quand tu investis autant d’argent sur un joueur, tu ne peux pas l’accueillir comme ça. Ça m’a fatigué mentalement. Mais je crois que j’ai réussi à changer les mentalités. D’ailleurs au club, ils savent que j’ai participé au changement. C’est pour ça que lorsque je passe à Paris, je suis reçu comme un crack que je n’ai pas été sur le terrain (rires). J’en suis fier.

Cavani : L'humilité et la "garra charrua"

Cinq mois après son départ à Manchester United, Edinson Cavani retrouve le PSG, ce mercredi soir sur la scène de la Ligue des champions. Trop court pour disputer le match aller au Parc des Princes, fin octobre, l’attaquant uruguayen de 33 ans affronte son ancienne équipe dans un match décisif pour l’avenir européen des deux clubs. Durant sept saisons (2013-2020), le « Matador » a marqué l’histoire du club de la capitale de son empreinte. Ses 200 buts inscrits en 301 rencontres ont fait de lui le meilleur buteur de l’histoire du PSG.

Lorsqu’il faisait trembler les filets, « Edi » avait, souvent, pour habitude de poser son genou à terre et de tendre ses bras pour imiter le chasseur qui tire au fusil. L’humilité, un mot comme un leitmotiv pour le définir. Sur le terrain, Edinson Cavani présente un profil atypique. Attaquant redoutable, il ne possède pourtant pas l’égoïsme du buteur, obnubilé par les cages. Durant son septennat parisien, le Matador a aussi gagné les cœurs par son sens du sacrifice, illustré par ses replis défensifs incessants et son goût de l’effort.

À l’inverse de nombreux footballeurs de son époque, Edinson Cavani ne passe guère son temps sur les réseaux sociaux, à multiplier les selfies pour flatter son ego. « C’est quelqu’un d’intègre et de droit », explique Carlos Muguruza, patron du restaurant Volver, dans le 6e arrondissement parisien, ami du Matador. « Une vraie amitié », insiste-t-il, commencée le 16 juillet 2013, jour de la signature de l’Uruguayen à Paris. « Il était venu manger sous les conseils de Diego Lugano (ex-défenseur uruguayen du PSG, 2011-2013). Son premier repas à Paris, c’était chez moi !

Cette qualité revient constamment lorsque ses proches dressent son portrait. « Certains vous diront que l’humilité est un manque de personnalité, d’ego, pointe Romain Grunstein, ancien intendant du PSG (2013-2017), devenu proche de Cavani. Ce n’est pas ça du tout pour lui. Son humilité, c’est qu’il n’arrive jamais avec prétention quelque part.

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Cavani était de la partie. Quelques jours après, il avait pris un strap, écrit le mot « Humilité » au stylo dessus, puis l’avait accroché dans le vestiaire parisien. « C’était sa manière d’expliquer la défaite, explique Romain Grunstein. Pour lui, la principale raison de la remontada était l’arrogance avec laquelle le PSG avait abordé le match retour.

« Il connaît la valeur des choses simples. » Et Grusntein illustre : « Il s’émerveille pour un lever de soleil, le relief d’une montagne, un cheval qui galope. Il est très proche de la nature. Oui… Edi est terrestre.

La "garra charrua" : L'essence du football uruguayen

Pour expliquer Cavani, il faut expliquer l’Uruguay », pose Romain Grunstein. L’ex-intendant du PSG a visité plusieurs fois le pays. Dans ce petit État d’Amérique latine, cinq fois plus petit que la France, intercalé entre le Brésil et l’Argentine, « il y a quelque chose de commun à tous les habitants : l’amour du pays. Mais pas un amour patriotique. Un amour poétique, de la terre.

Edinson Cavani est un gamin de l’Interior. Né à Salto, petite ville de 100 000 habitants, au nord du pays et à la frontière de l’Argentine, il grandit dans une famille besogneuse de la classe moyenne. Son père Luis est un ancien footballeur. Il lui transmet la passion du ballon rond. Cavani passe son enfance sur les terrains de Salto. « Là-bas, les terrains de foot ne sont ni plats ni beaux, décrit Grunstein. On n’y développe pas la technique, mais l’esprit de sacrifice. Les Uruguayens de l’Interior sont prêts à mettre la tête là où on met le pied.

« Son engagement pour le football est total, c’est sa passion, mais ces moments très simples, dans la nature avec les siens, lui apportent un équilibre dans sa vie faite de matches et d’entraînements.

Avec ses coéquipiers sud-américains, dans le vestiaire parisien, il déguste aussi le maté. Cette boisson chaude, avec de l’herbe infusée, est typique de l’Amérique latine. C’est en la délectant que Romain Grunstein s’est lié d’amitié avec Cavani, lui qui en consomme plusieurs fois par jour. « Pour les Sud-Américains, le maté est plus qu’une boisson. Elle permet l’échange et renforce les liens. Je suis petit-fils d’agriculteur, donc on s’est mis à parler de la terre, mais aussi de football, de soi, de notre origine, de notre histoire.

Les légendes du football uruguayen

Le football uruguayen est intimement lié à l’histoire de ce sport. Ce top 10 met en avant les figures les plus emblématiques du football uruguayen. On retrouve des légendes historiques comme Obdulio Varela ou José Nasazzi, des attaquants redoutables comme Luis Suárez et Diego Forlán, mais aussi des symboles de la modernité comme Edinson Cavani.

  1. Capitaine courage de la victoire de 1950 face au Brésil au Maracanã, Varela est une icône du football uruguayen.
  2. Suárez est sans doute l’attaquant uruguayen le plus complet de sa génération. Buteur prolifique, dribbleur féroce et joueur imprévisible, il a brillé dans les plus grands clubs européens comme Liverpool, Barcelone ou l’Atlético Madrid.
  3. Héros du Mondial 2010, où il a été élu meilleur joueur, Forlán symbolise l’élégance offensive.
  4. Travailleur infatigable et buteur régulier, Cavani a conquis Naples, le PSG et Manchester United par son sens du but et sa générosité sur le terrain.
  5. Capitaine de la première Coupe du monde remportée en 1930, Nasazzi est une légende intemporelle.
  6. Surnommé “El Príncipe”, Francescoli est considéré comme l’un des milieux les plus élégants de l’histoire.
  7. Star de l’Uruguay des années 20 et 30, Scarone a été l’un des premiers grands noms du football sud-américain.
  8. Talent imprévisible, Recoba possédait une patte gauche magique.
  9. Roi de la défense, Godín a incarné la solidité uruguayenne au XXIe siècle.
  10. Milieu offensif élégant, Rocha a marqué son époque avec le Peñarol et la Celeste.

L’Uruguay, malgré sa petite taille, a toujours produit de grands talents capables de rivaliser avec les géants du football. Ce top 10 illustre parfaitement l’essence de la “garra charrúa” : courage, talent et fierté nationale.

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