La course de ligue taureau, profondément enracinée dans les traditions taurines du sud de la France et de l'Espagne, est un spectacle aux multiples facettes. Cet article explore les différentes formes de courses de taureaux, en mettant en lumière la Course Camarguaise, l'abrivado, le bandido, l'encierro et d'autres pratiques, tout en soulignant les aspects culturels, historiques et économiques qui les sous-tendent.
Diversité des Traditions Taurines
Les traditions taurines sont un aspect marquant de la culture régionale, particulièrement présentes durant la temporada, une période qui s’étend de mars à octobre. Ces traditions se manifestent sous diverses formes, chacune ayant ses propres règles et particularités :
- Course Camarguaise: Pratiquée depuis le XVe siècle à Arles, la course camarguaise est un spectacle taurin sans mise à mort. Les jeunes raseteurs, munis d'un crochet, doivent essayer d'enlever des cocardes, des fleurs et des foulards fixés au frontal du taureau ou sur ses cornes. L'objectif pour les raseteurs est de récupérer les attributs que le taureau porte sur sa tête : une cocarde, deux glands attachés à la base de chaque corne et deux ficelles placées près des glands. Les raseteurs lèvent ces attributs et accumulent des points et de l’argent.
- Abrivado et Bandido: L'abrivado est un mot provençal qui désignait jadis la conduite des taureaux depuis les pâturages jusqu'aux arènes, sous la surveillance de gardians à cheval. La bandido, également un mot provençal, désignait le retour des taureaux des arènes vers les pâturages. De nos jours, les abrivado sont organisées spécialement lors des fêtes locales dans les Bouches-du-Rhône, le Vaucluse, le Gard et l’Hérault. Les rues sont généralement fermées par des barrières afin d’empêcher les taureaux de s’échapper.
- Encierro: Mot d'origine espagnole, l'encierro signifie le lâcher de taureaux de combat sur un parcours clos à l'intérieur du village, fermé à ses deux extrémités par des charrettes ou des barrières. Chaque manifestation est précédée de deux tirs de bombes : une première pour l’annonce et quelques minutes après pour débuter.
D'autres formes de jeux taurins incluent la capea, une corrida d'entraînement, le recortador, qui place des anneaux aux cornes du taureau, et le rejon, une démonstration de l'art équestre face au taureau.
La Course Camarguaise en Détail
La Course Camarguaise est bien plus qu’un simple spectacle : elle est un sport à part entière, reconnu depuis les années 1970. Ce jeu d’adresse et de courage met en valeur le lien unique entre les hommes et les taureaux de Camargue. L’animal est considéré comme une véritable star, adulé et honoré.
Les Raseteurs : Des Athlètes de la Bouvine
Les raseteurs sont des sportifs reconnus qui risquent leur vie à chaque instant. Ils doivent avoir une hygiène de vie irréprochable. Pour devenir raseteur, il faut suivre un long cheminement, tout d’abord l’apprentissage à l’école de raseteurs. Le Trophée de l’Avenir rassemble des raseteurs âgés au maximum de 25 ans.
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Le Taureau Cocardier : Star de la Course
De sa naissance à l’âge de 3/4 ans, le taureau va prospérer tranquillement dans les pâturages. Son seul contact avec les hommes interviendra lors du marquage, séance où il lui sera apposé sur le dos un numéro et sur la fesse une marque, symbole de la manade. Il sera ensuite mené dans une arène afin d’être jugé de ses dispositions à devenir un bon taureau pour la course camarguaise. Il sera « essayé » plusieurs fois. S’il veut bien participer au jeu, il pourra alors effectuer une carrière. Chaque taureau a un prénom. Il n’y a aucune mise à mort, ni blessure engendrée à l’animal. Une fois sa carrière de cocardier terminée, il finit tranquillement sa vie dans le pré avec ses congénères.
Beaucaire : Un Lieu Emblématique
Dès le XVIIIème siècle, Beaucaire est témoin d’événements taurins marquants. Beaucaire a vu naître en 1903 l’un des raseteurs les plus célèbres, Julien Rey, surnommé “l’As des As”. En 1929, le prestigieux trophée de la Palme d’Or est créé. Paul Laurent, grand nom de la Bouvine, fonde sa manade en 1944 et prend la direction des arènes de Beaucaire et d’autres infrastructures taurines de la région. Aujourd’hui, les arènes de Beaucaire portent le nom de Paul Laurent, et une statue de son taureau vedette, Goya, trône fièrement dans la ville.
La Corrida : Un Spectacle Codifié
La corrida est un spectacle codifié où l'émotion prend souvent le dessus sur la règle. Autrefois, les courses de toros se déroulaient dans les rues et sur les places des villes. Mais à partir du XVIIIe siècle, des édifices dédiés à la tauromachie ont été construits dans une forme circulaire. Hormis les corridas organisées dans ces monuments antiques, tels qu'à Nîmes ou Arles, la plupart des arènes sont aujourd'hui rondes.
Les Acteurs de la Corrida
Au paseo, prologue à toute corrida, les toreros sont au nombre de 18 habillés en costumes de lumières. Trois matadors de toros, en général vêtus d'or, suivis de leurs cuadrillas respectives, trois équipes formées de trois banderilleros, à pied, et de deux picadors, à cheval.
L'Identification du Taureau
Il s'agit de la devise, l'un des signes qui permet d'identifier l'élevage auquel appartient le toro. Le fer apposé sur le haut de la cuisse arrière droite en est un autre, tout comme l'escoussure, une incision faite aux oreilles de l'animal. Sur ce même flanc droit, on trouve également un numéro, de 1 à 3 chiffres, qui permet à l'éleveur de reconnaître son toro, le groupe d'affiliation professionnelle auquel appartient la ganaderia ainsi que l'année de naissance du toro (pour ce millésime, ça sera le 6) sur le haut de la patte avant droite.
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Les Passes et les Tiers de la Lidia
La véronique est l'une des passes reine de la tauromachie. Elle est donnée avec une cape de percale rose doublée de jaune, plus rarement de bleu ou de vert. Les rayas, tracées à 7 et 9 m des barrières, servent à délimiter le terrain de l'homme, contre les barrières, et celui du toro, au centre. Elles servent uniquement au cours du premier tiers de la lidia de chaque toro, quand le picador doit provoquer la charge de l'animal depuis son terrain, qui lui est placé dans le sien. La pose de trois paires de banderilles va permettre au toro de retrouver de la motricité et sa gestion visuelle de l'espace. Les courses longues lui permettent de délier sa musculature et d'oxygéner son organisme après son combat face au picador.
La Tauromachie en Amérique
La présence de la corrida est l’un des critères les plus efficaces pour différencier les pays d’Amérique possédant des traditions tauromachiques. La corrida tisse de façon très évidente des liens économiques, historiques et culturels entre l’Europe et l’Amérique.
Le Mexique : Un Pays Taurin aux Pratiques Multiples
Le Mexique est un pays taurin aux pratiques multiples, souvent liées les unes aux autres de façon complexe. Deux spectacles codifiés dominent les pratiques et les représentations : la corrida et la charreada. Avec l’éloignement du centre apparaissent des profils régionaux distincts où les pratiques tauromachiques se combinent différemment.
La Corrida au Mexique
En 2005, parmi les spectacles majeurs se sont déroulées 355 corridas. L’une des particularités à souligner dans ce bilan est la place importante de la tauromachie à cheval. Le plus souvent, elle est associée à la tauromachie à pied.
Répartition Géographique des Spectacles
La répartition des spectacles est dans l’ensemble conforme aux densités de population et à la trame du peuplement. Dans la partie centrale, de Guadalajara à Puebla en passant par Mexico, se concentrent près de 80 % des spectacles et 70 % des arènes permanentes du pays. Il existerait sur le territoire mexicain quelque 300 arènes permanentes en activité.
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La Bouvino : Traditions et Évolutions en Camargue
L’été 2022 a été marqué par une offensive de grande envergure des ‘traditions camarguaises’ à l’occasion des fêtes de villages. De mars à novembre coexistent dans l’espace régional connu sous le nom de « petite Camargue » deux types d’événements largement connectés, les courses camarguaises, manifestations sportives en arènes, et les fêtes votives de villages qui durent plusieurs jours d’affilée.
Les Manades : Élevages de Biòu
De même que les élevages de pur-sang sont justifiés par l’institution des sports hippiques, les manades de biòu trouvent leur finalité essentielle dans la production de bétail apte à la course camarguaise. La recherche historique reste malheureusement rare, et les auteurs se succèdent en citant toujours les mêmes rares archives anciennes.
Évolution des Manades
Il s’avère très difficile de suivre précisément l’extension géographique et l’expansion démographique des manades de biòu, beaucoup d’entre elles ayant laissé peu de traces de leur courte existence. Les troupeaux se reconstituent sans cesse par achat d’étalons ou de vaches reproductrices, les élevages changent de main ou de nom, et de lieux de pâturage.
Répartition Géographique Actuelle
Sur les 145 manades de biòu recensées en 2022, 49 sont situées en Provence (Bouches-du-Rhône) et donc près des 2/3 en Languedoc (56 dans le Gard, 37 dans l’Hérault et 2 dans l’Aude). Ce mouvement de longue durée vers l’ouest a des causes multiples, mais les contraintes spatiales qui pèsent sur la Camargue proprement dite et sur la Crau sont un facteur essentiel.
Défis et Controverses
Les traditions taurines ne sont pas sans défis et controverses. Les incidents en arène, les accusations de maltraitance animale et les débats sur la pertinence de ces pratiques dans la société moderne sont autant de questions qui alimentent les discussions.