Le match Barcelone-PSG du 6 mars : autopsie d'une humiliation historique

Le 6 mars, une date à jamais gravée dans les annales du football. Ce jour-là, le FC Barcelone a réalisé un exploit retentissant en venant à bout du Paris Saint-Germain (PSG) sur le score de 6-1, effaçant ainsi le lourd revers de 4-0 concédé au match aller. Un scénario improbable, une "Remontada" comme on dit en Espagne, qui a stupéfié le monde du ballon rond et laissé des traces indélébiles dans la mémoire collective.

Un match que Paris s'est écrit

Si l'exploit du Barça a été salué par tous, il convient de souligner que le PSG a largement contribué à sa propre perte. En effet, les Parisiens ont joué "totalement à l'envers", adoptant une approche diamétralement opposée à celle qui leur avait permis de dominer le match aller. Bloc bas, attentisme criant, incapacité à conserver le ballon… Paris a semblé paralysé par la peur, offrant aux Catalans les raisons d'y croire.

L'équipe de Luis Enrique a certes signé un exploit historique, mais pas une prestation exceptionnelle. Elle n'a pas eu un grand Lionel Messi sur lequel s'appuyer. Elle a certes mis l'engagement et l'intensité nécessaires dans un 8e de finale de Ligue des champions. Mais ses buts, c'est surtout le PSG qui les lui a offerts. Et il reste cette impression que ce scénario incroyable, avec cette fin de match irréelle, c'est surtout le PSG qui l'a écrit.

Neymar, le bourreau parisien

Alors que tous les regards étaient tournés vers Lionel Messi, c'est finalement Neymar qui a endossé le rôle de bourreau du PSG. Le Brésilien a été un danger permanent, harcelant sans cesse la défense parisienne et offrant une prestation XXL dans les dernières minutes du match. Un doublé et une passe décisive en sept minutes, le tout agrémenté d'une activité incessante : Neymar a été le grand artisan de la "Remontada".

Si Neymar a brillé, d'autres joueurs du Barça se sont également illustrés, à l'image d'Ivan Rakitic et Sergio Busquets, qui ont dominé le milieu de terrain, ou de Samuel Umtiti, qui a parfaitement muselé Lucas.

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Défaillance collective côté parisien

En face, rares sont les joueurs parisiens à avoir été à la hauteur de l'événement. Marquinhos, coupable sur plusieurs buts, Thiago Silva, incapable d'assumer son rôle de capitaine, Rabiot et Verratti, impuissants à récupérer et relancer le ballon, Kurzawa, en grande difficulté… La liste des déceptions est longue. Seuls Meunier et Cavani ont surnagé dans ce naufrage collectif.

Le Brésilien n'a pas été le seul à passer à côté de son match. Ses compatriotes Marquinhos, coupable sur plusieurs buts, et Thiago Silva, incapable d'assumer son rôle de capitaine dans la tempête, sont également à mettre en cause. Mais si un duo incarne la différence entre le PSG de l'aller et celui du retour, c'est bien le duo Rabiot-Verratti, incapable de récupérer et de relancer. Et que dire de Matuidi, jamais tombé aussi bas au cours de sa carrière parisienne… Layvin Kurzawa a lui aussi été en grande difficulté. A Paris, si l'on excepte Thomas Meunier et Edinson Cavani, tout le monde est passé à côté.

L'occasion manquée de Di Maria

Alors que le score était de 3-1 en faveur du Barça, Angel Di Maria a eu l'occasion de tuer définitivement le match et d'anéantir les espoirs catalans. Seul face à Ter Stegen, l'Argentin a tergiversé et s'est fait reprendre par Mascherano. Une occasion manquée qui allait hanter les esprits parisiens.

On joue la 85e minute. Le Camp Nou n'y croit même plus. Son équipe mène 3-1, mais elle doit encore en marquer trois pour se qualifier. Ça paraît tellement impensable que l'occasion manquée d'Angel Di Maria retient à peine l'attention. Même si elle est énorme. L'Argentin, seul face à Marc-André ter Stegen, tergiverse trop et se fait reprendre par Javier Mascherano. Le PSG vient de manquer l’opportunité de mettre définitivement le Barça à genou. Et quelques minutes plus tard, il ne pourra que regretter cette occasion à l’apparence si anodine sur le coup.

Une défaite aux conséquences désastreuses

Cette défaite historique a eu des conséquences désastreuses pour le PSG, tant sur le plan sportif que psychologique. L'humiliation subie au Camp Nou a laissé des traces profondes et a remis en question les ambitions européennes du club.

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Cet exploit du FC Barcelone, tout le monde en parlait mais personne n'osait y croire. Le PSG se devait de finir ce travail si bien commencé au Parc des Princes. Ce quart de finale tendait les bras à l'équipe d'Unai Emery. Et peut-être davantage tant elle avait impressionné par son style de jeu sur ce match. Tant elle avait donné des certitudes à ce Paris. Elle avait changé des choses dans la manière dont les Parisiens pouvaient aborder cette fin de saison. Tout a été balayé en l'espace de 90 minutes. Ou plutôt de 7 minutes. Même en ratant son match, le PSG avait sa qualification avant ces 7 minutes. Et tout aurait été différent.

L'échec parisien est avant tout psychologique. Cette déconvenue pourrait aussi avoir des répercussions en championnat. Il appartiendra à Emery et à ses hommes de la digérer pour tenter de conserver leur titre. Ce serait préférable pour ne pas évoquer une régression au niveau national. Car elle est désormais actée au niveau européen. En échouant en 8e de finale avec cette élimination historique, le PSG est déjà condamné à faire moins bien que les quatre années précédentes. Cela semblait pourtant inimaginable après le match aller. C'est la réalité après ce match retour.

Le match aller : un trompe-l'œil ?

Quelques semaines avant ce cataclysme, le PSG avait pourtant réalisé une prestation de haute volée au Parc des Princes, dominant outrageusement le Barça et s'imposant sur le score de 4-0. Un résultat qui laissait entrevoir un avenir radieux pour le club parisien en Ligue des Champions.

Taxé d'arrogance en avant-match, après avoir annoncé qu'il incarnait « sans le moindre doute » bien plus l'ADN Barça que Xavi Hernandez, Luis Enrique a peut-être gagné cette bataille sémantique, puisque le PSG a eu le contrôle du ballon au Parc des Princes avec quelques séquences typiques de l'esprit catalan. Problème, le projet de jeu de l'entraîneur parisien s'est révélé inefficace face à son ancienne équipe, plombé par une défense hors du coup et des gros trous d'air. Piégé par le jeu direct et la plus grande sérénité des Blaugrana, le PSG a chuté dans un match échevelé au Parc des Princes en quarts de finale aller de Ligue des champions (2-3). Il sera dos au mur mardi prochain à Montjuic.

Mais ce match aller n'était-il qu'un trompe-l'œil ? Le PSG avait-il surestimé ses forces et sous-estimé son adversaire ? Toujours est-il que la "Remontada" a cruellement rappelé aux Parisiens que rien n'est jamais acquis dans le football et que la moindre erreur peut se payer au prix fort.

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L'analyse de Luis Enrique : une leçon de probabilités

Au-delà de l'aspect sportif, le match Barcelone-PSG a également suscité des analyses pointues, notamment en matière de probabilités. Luis Enrique, l'entraîneur du Barça, avait d'ailleurs tenu des propos prémonitoires avant le match retour : "S'ils en ont marqué quatre, on peut en mettre six". Une affirmation qui peut paraître audacieuse, voire prétentieuse, mais qui repose en réalité sur un raisonnement probabiliste.

Luis Enrique, le coach de Barcelone, n’est pas seulement un grand entraîneur : c’est un expert en statistiques. De la débâcle du PSG au Camp Nou, on peut tirer toutes les leçons de leadership et de management des hommes. Et la presse ne s’en prive pas. Mais il peut être amusant d’y voir aussi un bel exemple de prévision probabiliste. On se souvient que Luis Enrique, l’entraîneur de Barcelone, a eu, la veille du match, des propos prémonitoires : « S’ils en ont marqué quatre, on peut en mettre six ». Alors, Enrique est-il voyant ? Sans doute son optimisme est-il communicatif, et contribue-t-il puissamment au triomphe de son équipe.

En substance, Luis Enrique estimait que si le PSG avait été capable de marquer quatre buts à l'aller, le Barça était tout à fait en mesure d'en marquer six au retour. Un raisonnement qui prend en compte la probabilité a priori d'un tel événement, mais qui la révise à la lumière des faits nouveaux.

Les parieurs avaient-ils senti le coup venir ?

Contre toute attente, la victoire improbable du FC Barcelone en Ligue des champions a été pronostiquée par une poignée de parieurs. Certains, flairant le bon coup, avaient misé sur une qualification du Barça, tandis que d'autres, plus audacieux encore, avaient même deviné le score exact de 6-1.

Et qui dit exploit, dit forcément gains substantiels pour les parieurs ayant bien senti le coup. BetClic, leader français des paris sportifs, déclare que 1800 joueurs ont pronostiqué une qualification de Barcelone. Le grand gagnant de la soirée réside à… MarseilleMieux : 556 personnes ont réussi à deviner le score exact. Elles ont pu profiter d’une cote attractive de 46. Le plus gros parieur a misé 200 euros, ce qui lui fait bénéficier d’un gain de 9200 euros (200 euros x 46). Ironie de l’histoire, BetClic nous glisse le lieu de résidence de l’heureux gagnant : Marseille.

L'un d'eux, un Marseillais, avait même misé 200 euros sur le score exact de 6-1, empochant ainsi la coquette somme de 9200 euros. Une belle récompense pour avoir cru en l'impossible.

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