Les Entraîneurs NBA les Plus Titrés : Un Palmarès Historique

C'est la fin d'une ère. Gregg Popovich, l’emblématique entraîneur de basket de San Antonio, ne reviendra plus sur le banc des Spurs. À 76 ans, rattrapé par des problèmes de santé, il a définitivement rangé son costume de coach. L’annonce a été officialisée il y a quelques jours, marquant la fin d'une époque.

Gregg Popovich : Une Légende des Spurs

Pendant presque trente saisons, « Pop » a transformé la « petite franchise » texane en machine à gagner, il en a fait l’une des places fortes de la NBA et du basket mondial. Une référence du beau jeu, aussi, avec le trio Parker-Ginobili-Duncan.

Il fut la tête pensante à l’origine de l’avènement des San Antonio Spurs. Celui qui insuffla la gagne chez une franchise habituée aux défaites. Celui sans qui la dynastie des Spurs version Tony Parker, Tim Duncan, Manu Ginobili n’aurait probablement pas autant marqué la NBA au tournant des années 2000, et jusqu’en 2014, date de leur ultime titre.

Gregg Popovich, l’entraîneur que l’on pensait éternel sur le banc de la franchise texane, va quitter son poste après 29 saisons, ont annoncé les Spurs vendredi, et c’est un pan entier de l’histoire de la NBA qui s’évanouit d’un coup.

« Bien que mon amour et ma passion pour le jeu restent intacts, j’ai décidé de quitter mes fonctions d’entraîneur principal », a dit « Coach Pop », 76 ans, cité dans un communiqué de la franchise. « Je serai à jamais reconnaissant envers les joueurs, le staff et les fans qui m’ont permis de rester leur entraîneur en chef aux Spurs et je suis heureux d’avoir la possibilité de continuer à aider notre organisation, notre communauté et notre ville qui sont si importantes pour moi. »

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L’annonce de vendredi était redoutée. Elle intervient après une longue période de flou, Popovich ayant été mis au repos depuis un AVC au mois de novembre, laissant les rênes de l’équipe à son ancien adjoint Mitch Johnson, confirmé dans la foulée à la tête de l’équipe. D’autant qu’il avait connu une autre alerte médicale au mois d’avril.

L’empreinte laissée par Popovich dans la Grande Ligue est colossale. Le natif de l’Indiana a marqué l’histoire de la NBA en étant resté à la tête de l’équipe texane depuis 1996, une longévité record. Dès l’année suivante, il a commencé à façonner l’impérial Tim Duncan. Les suiveurs français l’ont ensuite vu faire gagner Tony Parker et veiller aux débuts du diamant Victor Wembanyama. « Coach, merci pour votre sagesse, pour votre leadership, pour l’environnement que vous avez créé… Plus important encore, parce que vous êtes une personne incroyable dont on peut s’inspirer. Ça a été un honneur de faire partie de ces 29 saisons », a d’ailleurs salué « Wemby » sur ses réseaux.

Avant son arrivée sur le banc des Spurs, la franchise texane n’était qu’une équipe de seconde zone, sans relief, au palmarès vierge. Avec « Coach Pop » aux commandes, San Antonio compte désormais cinq titres (1999, 2003, 2005, 2007 et 2014) dont les quatre derniers avec Tony Parker. Il a remporté 1 422 matches à la tête des Spurs, un record. « Coach Pop a profondément marqué la famille Spurs et le basket », a déclaré en hommage le président du club, Peter J. Holt. « Les titres et les distinctions ne suffisent pas à traduire l’influence qu’il a pu avoir sur tellement de personnes. »

Le septuagénaire laisse de fait un héritage durable dans l’approche du jeu, en ayant formé des dizaines d’entraîneurs et des centaines de joueurs. C’est lui qui lança la pionnière Becky Hammon, première femme à coacher une équipe NBA. Au début de la saison en cours, quatre des trente coachs de la NBA avaient déjà travaillé sous les ordres de Popovich.

Tous ont pu se confronter, au-delà des injonctions et des préceptes, à une certaine vision du basket, de l’humain, et du monde. Tantôt drôle et brillant, souvent grincheux et sarcastique, Popovich esquissait parfois un petit sourire à la fin de l’exercice qu’il détestait pourtant le plus : répondre aux journalistes. Rien ne l’amusait tant que de voir leurs mines livides après les avoir malmenés. Il se payait par exemple les costumes extravagants de sa « victime préférée », le regretté Craig Sager. Le jour où le journaliste reparut amaigri après un traitement contre le cancer, « Pop » l’enlaça et montra son vrai visage, chaleureux, humain, avant de se reprendre : « Maintenant pose tes deux questions stupides ».

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« Avoir le sens de l’humour a une énorme importance pour moi car je pense que les gens qui n’ont pas d’autodérision, qui n’apprécient pas les moments drôles, ne sauront pas tout donner pour un groupe », expliquait en 2015 celui qui a façonné Tony Parker, drafté à 19 ans, dans son style bien à lui, en le poussant très tôt au bout de lui-même. « Lors d’un de ses premiers entraînements, j’avais amené quelques gars pour lui rentrer dedans. Je voulais voir ce qu’il avait dans le ventre. Il m’a impressionné. Alors, je lui ai dit, balle en mains : ‘‘C’est à toi, trouve des solutions, je vais t’aimer et te gueuler dessus en même temps‘‘ », résumait-il. Ce qui n’empêcha pas le Français de le considérer par la suite comme un deuxième père.

Sa gouaille, légendaire, transparaissait au-delà du basket, Popovich ne mâchant pas ses mots lorsqu’il s’agit d’évoquer Donald Trump, « menteur », « raciste », « pathétique ».

Confronté aux défis de la reconstruction après les retraites de ses stars, au mitan des années 2010, Popovich a peiné à garder une équipe compétitive. Les Spurs viennent de manquer les play-offs pour la sixième saison consécutive. Mais ils ont avancé dans leur reconstruction autour du joyau Victor Wembanyama et en recrutant au mois de février le meneur all-star De’Aaron Fox. Les Texans ont aussi vu leur arrière-meneur Stephon Castle être élu meilleur rookie (débutant) de l’année en début de semaine.

De quoi laisser augurer une nouvelle ère dorée ? Popovich en aura posé les bases. La montée en puissance de San Antonio programmée pour les prochaines saisons se fera sous le contrôle de Mitch Johnson, 38 ans, qui avait rejoint les Spurs en 2016. Il était l’adjoint de Popovich depuis six saisons. Pour Popovich, l‘histoire ne s’arrête pas là pour autant : il va devenir président des opérations basket des Spurs.

Les Chiffres Clés de la Carrière de Gregg Popovich

Le basket étant un sport de statistiques, voici quelques chiffres qui montrent l’immense place prise dans l’histoire de ce jeu par celui qui occupera désormais le poste de président des Spurs.

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  • 5 titres en NBA : Sous sa direction, les Spurs ont remporté cinq titres de champion. Ils ont été sacrés en 1999, 2003, 2005, 2007 et 2014. Seule fausse note, la finale 2013 perdue au terme d’un incroyable retournement de situation face au Heat.
  • 22 qualifications de suite en playoffs : Entre 1998 et 2019, les Spurs de « Pop » n’ont manqué aucune campagne de playoffs en NBA. Soit 22 ans sans interruption. C’est le record NBA, partagé avec les Syracuse Nationals (les Sixers) entre 1950 et 1971. Actuellement, la franchise qui cumule le plus de participations consécutives est Boston, avec onze de suite. Avec 284 matchs joués lors des phases finales, Popovich est le deuxième entraîneur le plus capé dans la catégorie.
  • 29 saisons passées sur le banc des Spurs : S’il ne possède pas la plus longue longévité d’un entraîneur en NBA, le « grand Pop » est, lui, le coach d’un seul club. Toute sa carrière, il est resté fidèle aux Spurs. Un cas unique dans l’histoire du sport professionnel américain. Il possède donc la plus grande longévité d’un coach dans un seul club. Depuis sa première sur le banc des Spurs le 10 décembre 1996, le coach américain a dirigé 2 575 rencontres, 2 291 en saison régulière et 284 en playoffs…
  • 1 422 victoires en saison régulière : C’est un record qu’il n’est pas près de céder. Aucun autre entraîneur en NBA peut se targuer d’avoir terminé autant de matchs dans la peau du vainqueur. Sur les 2 291 matchs disputés en saison régulière, il en a gagné 1 422. Il devance Nelson et Wilkens (respectivement 1 335 et 1 332 victoires en saison régulière). Dans l’histoire de la NBA, seuls 17 coachs ont dirigé un total de 1 422 matchs. Pour Popovich, c’est son total de victoires.
  • 200 millions de dollars de gains en tant que coach des Spurs : Selon une estimation du site spécialisé Sportico, « Coach Pop » aurait gagné plus de 200 millions de dollars - soit environ 177 millions d’euros- à la tête des San Antonio Spurs. Son dernier contrat signé à l’été 2023 - initialement d’une durée de cinq ans - était estimé à, environ, 17 millions de dollars (15 millions d’euros) par saison.
  • 303 coachs croisés par Popovich durant sa carrière : Nouvelle preuve de son incroyable longévité sur le banc des Spurs, Gregg Popovich aura serré la main à plus de 300 coachs différents durant sa carrière. Selon les informations d‘Associated Press, la NBA aura vu défiler pas moins de 303 entraîneurs depuis le 10 décembre 1996, date du premier match de Popovich sur le banc des Spurs.

Les Autres Entraîneurs Légendaires de la NBA

Bien que Popovich ait marqué l'histoire, d'autres entraîneurs ont également laissé une empreinte indélébile sur la NBA.

  • Phil Jackson : Avec 11 titres de champion NBA, Phil Jackson est sans conteste l’entraîneur le plus titré de l’histoire de la NBA. Connu pour sa philosophie inspirée du bouddhisme zen, Jackson a également révolutionné le jeu avec son système d’attaque en triangle.
  • Red Auerbach : Avec 9 titres NBA remportés en tant qu’entraîneur, Red Auerbach est une icône du basketball américain. Auerbach était connu pour son style de coaching agressif et ses stratégies avant-gardistes. Le trophée du Coach of the Year NBA a été renommé en son honneur en 2022.
  • Pat Riley : Pat Riley est une figure incontournable du basketball, avec 5 titres de champion en tant qu’entraîneur, autant que Popovich. Riley est reconnu pour sa préparation minutieuse, son charisme et sa capacité à tirer le meilleur de ses joueurs.
  • Steve Kerr : Steve Kerr a rapidement construit un palmarès impressionnant en tant qu’entraîneur des Golden State Warriors, avec 4 titres NBA (2015, 2017, 2018, 2022).
  • Chuck Daly : Chuck Daly est célèbre pour avoir entraîné les "Bad Boys" des Detroit Pistons à 2 titres consécutifs en 1989 et 1990. Sous sa direction, la Dream Team a dominé la compétition, redéfinissant la place du basketball américain sur la scène mondiale.

Le Trophée de Coach de l'Année NBA

Récompenser l’impact d’un entraîneur est une tradition forte en NBA. Depuis la saison 1962-1963, le trophée du Coach of the Year NBA (COY) met en lumière les stratèges ayant transcendé leur équipe, souvent contre toute attente.

Depuis sa création en 1963, le Coach of the Year NBA récompense l’entraîneur ayant eu l’impact le plus significatif sur son équipe lors de la saison régulière. Le vainqueur est déterminé par un vote de journalistes sportifs et d’analystes.

Depuis sa création en 1963, le trophée du Coach of the Year NBA a reflété les évolutions du jeu, les dynamiques de la ligue et les attentes envers les entraîneurs. Initialement, le trophée récompensait principalement les entraîneurs des équipes avec le meilleur bilan en saison régulière.

Avec l’essor de l’analytique, les performances des entraîneurs sont désormais scrutées sous l’angle des statistiques avancées. Le trophée du Coach of the Year NBA est bien plus qu’une simple récompense annuelle. Il est le reflet des évolutions du jeu, des attentes envers les entraîneurs et des dynamiques de la ligue.

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