L'Histoire du Club de Rugby de Voiron : Une Épopée Centenaire

Le club de rugby de Voiron, connu sous le nom de SO Voiron (SOV), possède une histoire riche et passionnante qui s'étend sur plus d'un siècle. De ses modestes débuts à ses moments de gloire, le club a traversé des époques différentes, reflétant l'évolution du rugby en France et les défis spécifiques rencontrés par les clubs de province.

Les Origines et les Premières Années

Bien que le rugby existe à Voiron depuis plus de 100 ans, le SO Voiron a été officiellement créé en 1947. Cette création marque un tournant dans l'histoire du rugby voironnais, officialisant une structure qui allait devenir un pilier du sport local. Comme partout en France, le rugby football est arrivé par la façade maritime ouest, dans la deuxième moitié du XIXe siècle. À cette époque, les villes portuaires comptaient des communautés anglaises relativement importantes constituées par les commerçants, négociants et industriels. Le plus ancien club français est fondé en 1872 : Le Havre Athletic Club, où se pratique le "combination", une forme hybride entre les codes du rugby football et du football association.

L'Âge d'Or et les Défis de la Professionnalisation

Le SOV a connu ses années de gloire à la fin des années 80, avec deux saisons en Groupe A, l'élite du rugby français à l'époque. Ces saisons représentent le sommet de l'histoire du club, témoignant d'une équipe compétitive et d'un soutien local fervent. Cependant, la professionnalisation croissante du rugby a posé des défis considérables aux clubs comme Voiron, les contraignant à s'adapter à un environnement de plus en plus compétitif et exigeant.

L'Alternance entre Fédérale 2 et Fédérale 3

Depuis une dizaine d'années, l'équipe première du SOV alterne entre la Fédérale 2 et la Fédérale 3, reflétant les difficultés rencontrées par le club pour maintenir une stabilité à un niveau supérieur. Malgré ces défis, le club reste ambitieux, visant à se qualifier et à postuler pour une montée en Fédérale 2 dans les années à venir.

La Saison Remarquable de 2016 et la Montée en Fédérale 2

Après deux saisons en Fédérale 3, le club isérois s’est offert la timbale au printemps 2016, retrouvant l’échelon supérieur. « Nous avons fait une saison remarquable, qui restera gravée dans les mémoires. Les joueurs voulaient vraiment ces phases finales, ils étaient revanchards car nous n’avions pas réussi à nous qualifier l’an dernier », analyse Thierry Picard, l’un des entraîneurs du SOV. Rhône XV barrant alors la route des Isérois, pour la quatrième place.

Lire aussi: Triomphe Roumain en Ligue des Champions

L'Importance de la Formation et de l'Esprit d'Équipe

Le SOV accorde une importance primordiale à la formation des jeunes joueurs. Le club compte 370 licenciés avec des équipes dans les différentes catégories jeunes et intervient régulièrement en milieu scolaire. Le SOV est fier que 90% de ses joueurs aient été formés au club. Cette approche met en évidence l'engagement du club envers le développement du rugby local et la transmission des valeurs sportives aux générations futures.

L’équipe a également séduit, grâce à un jeu offensif. Comble du paradoxe, c’est pourtant dans la difficulté que le Sov s’est forgé. À l’image de ses succès à Rhône XV (18-19) et à la Véore (7-10), au cœur de l’hiver. « Les deux équipes jouaient pour leur maintien et nous étions handicapés par des absences. Le groupe s’était donc élargi et les joueurs ont démontré leur esprit de compétiteur, en n’abdiquant à jamais. Des unités qui ont fait pencher la balance, en fin de saison.

Le Nouveau Club-House et les Projets d'Avenir

Depuis octobre dernier, le SOV dispose d'un tout nouveau club-house, un équipement attendu depuis longtemps qui témoigne de l'engagement du club envers ses joueurs et ses supporters. Ce nouveau club-house symbolise également les ambitions du club pour l'avenir, avec des projets axés sur le développement de l'équipe première, la formation des jeunes et le renforcement des liens avec la communauté locale.

Mercredi dernier le président de la FFR, Bernard Laporte, était à Voiron. Avec un Voiron - Bègles du début des années 1990 en toile de fond, où l’ancien sélectionneur était directement opposé à la mêlée à Frédéric Chabert, le vice-président voironnais, les dirigeants alpins, en présence du secrétaire général de la Fédération Christian Dullin, ancien président du comité des Alpes, et d’Yves Chenal, son successeur, ont présenté les grandes lignes de leur projet pour les trois prochaines années : I SOV 2020.

Arrivés il y a trois ans, les deux dirigeants ont d’abord pris des pincettes pour aborder le sujet devant l’ensemble du club. Ils n’ont pas manqué à plusieurs occasions de réaliser un mea culpa, leur arrivée ayant un peu secoué le club et entraîné des remous. « Ce n’est pas formaté, a insisté le président, Thierry Peyraud. Ce projet est un cadrage pour permettre de travailler tous ensemble, pour arriver à notre but. Si vous ne participez pas, il ne fera rien. »

Lire aussi: Le CFC : Analyse et débats footballistiques

Le Projet SOV 2020 et les Ambitions du Club

Le projet SOV 2020, présenté par les dirigeants du club, vise à structurer le développement du club sur les trois prochaines années. Ce projet ambitieux comprend plusieurs volets, notamment le renforcement de l'équipe première, l'amélioration de la formation des jeunes et le développement de partenariats avec d'autres clubs de la région.

L’un des volets importants concerne bien évidemment l’équipe seniors. Promue en Fédérale 2 au printemps 2016, elle a décroché son maintien sur le terrain. Alors que le nom de Sylvain Bégon était murmuré depuis quelques semaines pour succéder à Philippe Bonnet-Gros, devenu coordinateur du groupe seniors, c’est finalement un autre Grenoblois, qui le remplace : Éric Ferruit. L’ancien mammouth, également professeur d’EPS, laisse donc les équipes de jeunes du FCG pour s’engager dans le projet voironnais, qui se veut également orienté vers la formation, pas seulement dans la ville mais dans tout le bassin. « Je viens en toute humilité et respect, a soufflé l’ancien talonneur. Deux valeurs qui se perdent un peu. Le bling-bling ne m’intéresse pas. J’aime les combattants sur le terrain, les gens qui ont envie de gagner. J’ai trouvé le projet qu’on m’a proposé solide, objectif et ambitieux. Entre Lyon et Grenoble, Voiron doit être un pôle du rugby régional. Outre le développement à terme d’une équipe espoirs, appelée à remplacer l’équipe réserve, l’entraîneur, associé à Thierry Picard, qui reste en place, devra installer l’équipe voironnaise en Fédérale 2, pour se projeter à terme vers la Fédérale 1. « D’ici trois ans, il s’agit de jouer les deux premières places de la phase régulière, explique Frédéric Chabert. Même si nous ne savons pas quelle sera la Fédérale 1 dans trois ans. » En revanche, ils ont une idée plus précise de ce que sera le Sov : meilleur formateur, ouvert sur ses voisins avec qui il entend monter des partenariats gagnant-gagnant pour élever le niveau et conserver les rugbymen. Tout cela est très séduisant, sur le papier.

Les Moyens et la Volonté

Sur le plan des moyens, la saison prochaine, ils devraient être inchangés (520 000 euros de budget contre 500 000 annoncés cette année). Mais l’argent ne fait pas toujours le bonheur, et la volonté peut parfois déplacer des montagnes. Celle des Voironnais semble farouche.

Les Premiers Clubs et la Structuration du Rugby en France

Le plus ancien club français est fondé en 1872 : Le Havre Athletic Club, où se pratique le combination , une forme hybride entre les codes du rugby football et du football association. Mais les pratiquants ont du mal à se structurer. Paris voit la première concentration de clubs avec l’English Taylor Rugby Football Club en 1877, le Racing Club en 1882 puis le Stade Français en 1883. En 1889 est créée la première fédération sportive autour des clubs parisiens : l’Union des sociétés françaises de sports athlétiques (USFSA). Le premier titre de champion « de France » est attribué en 1892 et se limite à un duel parisien entre Stade Français et Racing Club. Dès 1893, ce sport bénéficie d’une couverture médiatique dans la presse écrite, sous l’appellation « football » ou « foot-ball ». Il faut attendre 1899 pour voir une première équipe de province, le Stade Bordelais, remporter le titre au milieu d’une dizaine de clubs parisiens. Dans les années 1900, le Stade Bordelais enchaîne les titres et le centre de gravité du rugby français se déplace progressivement vers le Sud-Ouest.

La Démocratisation du Rugby et son Essor Populaire

À la fin du XIXe siècle le rugby (tout comme le football) est initialement pratiqué par ceux qui ont du temps libre pour les loisirs et les moyens financiers d’acheter des chaussures et tenues de sport, à savoir les bourgeois et les aristocrates. La diffusion du sport vers les classes populaires se fait lentement jusqu’à la première guerre mondiale, parallèlement au développement économique et à l’accès à l’éducation supérieure. Les lycées et universités sont des lieux privilégiés pour la pratique et la diffusion du rugby, ainsi que l’armée par le biais du service militaire obligatoire qui permet un certain brassage entre classes sociales et entre origines régionales. Un championnat militaire de rugby voit le jour en 1904. En 1906, la loi française impose un repos dominical à tous les travailleurs, ce qui permet à de nombreux ouvriers et artisans de pratiquer du sport ou d’aller assister à des matchs. Le rugby football semble alors prendre le pas sur le football association. Il attire plus de joueurs, plus de spectateurs et plus de recettes.

Lire aussi: Analyse Approfondie du Classement

tags: #club #rugby #voiron