Le Castres Olympique (CO), club emblématique du rugby français, possède une histoire riche et un palmarès impressionnant. Fondé en 1906, le club a traversé des époques de gloire et des périodes de disette, mais a toujours su rebondir grâce à la passion de ses supporters et à l'engagement de ses dirigeants. Cet article explore l'histoire du club, ses moments clés, ses figures emblématiques et son impact sur le rugby français.
Les Débuts et l'Épreuve de la Guerre (1906-1945)
En 1906, des anciens élèves du collège de Castres décident de fonder le Castres Olympique, marquant ainsi la naissance du rugby à Castres. Les débuts du club furent difficiles, notamment en raison des deux guerres mondiales qui amputèrent considérablement les effectifs. La Première Guerre mondiale fut particulièrement tragique, coûtant la vie à 41 joueurs et dirigeants, dont Marcel Burgun, la première recrue internationale du club en 1913. Malgré ces épreuves, le CO persévéra, remportant en 1921 le titre de champion des Pyrénées de 2ème série en battant Pamiers 6 à 0 après prolongations, et devenant champion des Pyrénées Honneur en 1936 et 1937. 1939 marque l’année de la remontée en première division.
L'Âge d'Or et les Premiers Titres (1945-1956)
La période d'après-guerre marque l'âge d'or du Castres Olympique. Le 30 mai 1948, le CO remporte sa première Coupe de France en battant Lourdes 6 à 0 en finale au Parc Lescure de Bordeaux. Cette victoire est suivie de deux titres de champion de France consécutifs en 1949 et 1950, remportés respectivement contre le Stade Montois (14 à 3) et le Racing (11 à 8). Le capitaine emblématique de cette époque, Pierre Antoine, incarne le succès du club. Cependant, la fin de cette période glorieuse est marquée par l'élimination du CO en quart de finale face au Stade Montois la saison suivante, puis en huitième de finale par le Racing. En 1956, le club atteint les demi-finales, mais est battu par Dax. Cette même année est marquée par le décès tragique de Jean-Pierre Antoine, capitaine emblématique, qui s'écroule sous la douche après un match contre Montréjeau. En son honneur, le stade du CO est baptisé Pierre Antoine.
Une Longue Période de Disette et le Tournant Pierre Fabre (1956-1993)
Au début des années 60, le club plafonne mais reste dans l’élite du rugby français, jusqu'en 1989. Une longue période de disette commence alors pour le club Castrais. En 1988, un tournant majeur se produit avec l'arrivée de Pierre Fabre, fondateur des Laboratoires Pierre Fabre, en tant que propriétaire du club. Grâce à ses investissements, le club se restructure et se renforce, permettant au CO de remporter le titre de champion de France du groupe B en 1989. Pierre Fabre confie la présidence du club à Pierre-Yves Revol dès 1989 et construit un véritable projet sportif.
Le Titre de Champion de France Controversé de 1993
Le Castres Olympique continue sa progression et son recrutement jusqu’au titre de champion de France en 1993, face à Grenoble dans un match polémique sur le score de 14 à 11. Ce titre, bien que célébré par les supporters castrais, reste entaché de controverse en raison de décisions arbitrales contestées. Une nouvelle finale du Top 14 en 1995 voit le Castres Olympique s'incliner une nouvelle fois contre le Stade Toulousain, son grand rival 31 à 16.
Lire aussi: Triomphe Roumain en Ligue des Champions
L'Ère Européenne et les Années Difficiles (1995-2009)
La saison 1995-1996 marque l’entrée en coupe d’Europe du CO. Pour l’occasion, le club se renforce à l’intersaison. Castres chute aux portes de la demi-finale lors d’une courte défaite face à Swansea. En championnat de France, c’est en huitième de finale que le CO est éliminé par Pau. En 2003, le CO remporte une compétition qui n’existe plus aujourd’hui, le bouclier européen, une compétition de repêchage des éliminés du premier tour du challenge européen. Malgré des recrutements ambitieux, le début des années 2000 est difficile pour le CO, qui lutte chaque saison pour le maintien en Top 14. Le club parvient toutefois à se qualifier pour la prestigieuse H-Cup, mais sans jamais parvenir à s'y illustrer. Le CO remporte toutefois le modeste Bouclier Européen en 2003.
Le Renouveau et le Titre de 2013
C’est à partir de 2009 que le CO retrouve sa place dans le paysage des grandes équipes de rugby français. La raison ? Le recrutement du duo d’entraîneurs, Laurent Labit et Laurent Travers. 2013 sera l’année du quatrième sacre en Top 14. Le Castres Olympique termine quatrième de la saison régulière et se qualifie donc une fois de plus pour les phases finales. Après un parcours sans faute, ils retrouvent les champions d’Europe en titre 2013, la grande équipe du RC Toulon de Bernard Laporte et ses champions du monde. Après un match complet, les Castrais s’imposent 19 à 14. Ce titre de champion de France en 2013, remporté face à Toulon (19-14), marque le retour du club au sommet du rugby français. Cette victoire est d'autant plus remarquable que le CO n'était pas considéré comme le favori.
L'Ère Urios et le Cinquième Titre de Champion de France (2015-2018)
À la tête de l’équipe, un ancien du club prend la tête du staff. Christophe URIOS arrive avec dans ses bagages quelques joueurs et entraîneurs adjoints. Tombeurs de cadors du Top 14 comme le Stade Toulousain (3ème de la saison), le Racing 92 (2ème de la saison), c’est le leader de la saison régulière que les Castrais vont battre en finale au stade de France. Le Montpellier Rugby s’incline face au CO 29 à 13. La saison suivante, les Castrais ratent la qualification pour les phases finales lors de la dernière journée de championnat. En 2018, le CO remporte un cinquième titre de champion de France en battant Montpellier en finale (29-13). Ce titre confirme la place du Castres Olympique parmi les grands clubs du rugby français.
L'Après-Titre et les Défis Actuels (Depuis 2018)
La saison suivante est marquée par une qualification ratée de justesse à cause notamment d’une défaite à la dernière journée 16 à 25 contre Toulon au stade Pierre Fabre. La saison 2019/2020 est marquée par l’arrivée de Mauricio Reggiardo en tant que manager. Après un début de saison très délicat, le début d’année 2020 permet au CO de remonter au classement jusqu’à l’arrêt définitif de la saison à cause de la crise sanitaire dû à la Covid 19. La saison 2020/2021 part sur les mêmes standards que la saison précédente avec un début de saison très difficile en étant même en position de relégable. Mais à partir du début d’année 2021 et de la réorganisation du staff autour de Pierre Henry Broncan le Club se redresse avec une belle série de victoires qui permet au CO de s’inviter même dans la course à la qualification.
Depuis 2021, Pierre-Henry Brocan est le nouvel entraîneur en chef du CO, le club rajeunit son effectif en recrutant de nombreux jeunes joueurs prometteurs. Du côté administratif et financier, le président Pierre-Yves Revol a annoncé un budget identique à la saison précédente pour l’exercice à venir. L’an passé le Castres Olympique avait le dixième budget du Top 14 qui s’élevait à un peu moins de 23 Millions d’euros. Un budget certes confortable mais bien loin des grosses écuries du Top 14. Au niveau du sportif, peu de changement à l’intersaison, l’équipe compte 7 arrivées pour 10 départs dont deux retraités (Rory KOCKOTT et Joël JACQUET). Pierre-Henry Broncan a souhaité intégrer des jeunes joueurs dans son effectif. Ce sont des joueurs qui étaient importants dans leurs clubs en Pro D2 qui pour la plupart ont connu des sélections nationales en moins de 20 ans notamment. C’est le cas du centre Adrien Séguret et du deuxième ligne Gauthier Maravat, respectivement Champions du Monde avec les Bleuets en 2018 et 2019. Avec la recrue star Leone Nakarawa (meilleur joueur européen saison 2017/2018), le CO souhaite trouver un équilibre entre jeunesse et expérience. Après une saison 2021/2022 réussie, le Castres olympique aura à cœur de briller une nouvelle fois cette saison en championnat et en Champions Cup. Les Castrais affronteront Exeter et Edimbourg.
Lire aussi: Le CFC : Analyse et débats footballistiques
La saison suivante, 2021/2022, est une saison historique pour Castres.
Infrastructures et Identité
- Nom: Castres Olympique (CO)
- Championnat actuel: Top 14
- Couleurs: Bleu et blanc
- Année de fondation: 1906
- Stade: Pierre Antoine (11 500 places)
- Président: Jean-Philippe Swiadek
- Entraîneurs: Matthias Rolland (manager), Serge Milhas (avants), David Darricarrère (arrières)
Palmarès
- Championnat de France : 4 (1949, 1950, 1993, 2013, 2018)
- Coupe de France : 1 (1948)
- Bouclier Européen : 1 (2003)
- Championnat de France Groupe B : 1 (1989)
- Champion des Pyrénées de 2ème série : 1 (1921)
- Champion des Pyrénées Honneur : 2 (1936, 1937)
Héritage et Influence
Le Castres Olympique a marqué l'histoire du rugby français par sa longévité, ses titres et son identité forte. Le club a su traverser les époques en s'adaptant aux évolutions du rugby professionnel, tout en conservant ses valeurs et son attachement à sa région. Le CO continue d'inspirer les jeunes générations de joueurs et de supporters, et reste un acteur majeur du rugby français.
Anecdotes et Faits Marquants
- Les lendemains des titres de 1949 et 1950 furent difficiles quand la ville de Castres découvre avec stupéfaction la mort de Jean-Pierre Antoine, illustre capitaine des 2 titres, qui s’écroula sous la douche le 30 septembre 1956, après un match de rugby contre Montréjeau, à tout juste 31 ans. Le stade du CO a été baptisé Pierre Antoine en l’honneur de l’ancien capitaine
- Si le Castres Olympique fut champion en 1993, c’est en grande partie grâce à Francis Rui, auteur d’un drop victorieux en finale ponctuant une saison extraordinaire pour le demi d’ouverture. Celui que l’on surnommait Monsieur Drop dans le Tarn a connu une fin tragique un soir de 2001 puisqu’il est décédé dans un accident de la route à St-Félix de Lauraguais.
- Vingt ans après son dernier titre de champion remporté face à Grenoble en 1993, le Castres Olympique a créé la sensation en décrochant le quatrième Bouclier de Brennus de son histoire. Sous l'impulsion de leurs deux entraîneurs charismatiques, Laurent Labit et Laurent Travers, les Castrais ont successivement battu les deux premiers de la saison régulière, Toulon et Clermont, en demie puis en finale. Un parcours somptueux qui vient couronner quatre année du duo à la tête de la formation tarnaise avant leur départ pour le Racing-Métro.
Victoires Remarquables à Paris et en Île-de-France
Une semaine après avoir marqué l’histoire du club en s’imposant sur la pelouse des Saracens pour s’offrir un match de phase finale de Champions Cup à la maison, le Castres Olympique version 2024-2025 a remis le couvert. En dominant le Racing, les hommes de Mathieu Babillot n’ont pas seulement décroché leur première victoire de la saison à l’extérieur en championnat et fait une bonne affaire sur le plan comptable. Les Olympiens ont en effet ramené une victoire d’une antre dans laquelle ils ne s’étaient jamais imposés. Avant ce 25 janvier 2025, la Paris La Défense Arena de Nanterre était une terre vierge de tout succès castrais. Pourtant, les couleurs du Castres Olympique ont régulièrement brillé dans la capitale et sa banlieue. Victoire en finale 2013 et 2018 sur la pelouse du Stade de France à Saint Denis. Gain du bouclier de Brennus 1993 dans l’enceinte du Parc des Princes à Paris. Un bien joli palmarès qui ne se limite pourtant pas à ces seuls succès, ni même à ces seules enceintes. Avant samedi, le CO avait ainsi déjà pris le dessus sur le Racing lors des saisons 1994-1995 et 2015-2016. Les débats s’étaient alors déroulés sur le rectangle vert du mythique stade Yves du Manoir de Colombes. En 1999-2000, les Tarnais avaient à nouveau pu célébrer la victoire face au ciel et blanc dans les vestiaires de.. Charléty. Et la tournée victorieuse des stades franciliens ne s’arrête pas là pour nous rugbyman des bords d’Agoût. A l’occasion de la 14e journée du championnat 2000-2001, la bande à Raphaël Ibanez avait fait courber l’échine au Stade Français, alors leader, pour s’emparer de la tête de la poule devant le public du Stade Jean Bouin. Les plus anciens se souviendront certainement des victoires acquises face au Paris UC en 1975-1976 et 1956-1957 (Charléty). Un beau tableau de chasse qui avait débuté sur la pelouse du stade Buffalo de Montrouge face à l’US Métro 1952-1953. Parc des Princes, Stade de France, Colombes, Charléty, Buffalo et désormais Défense Arena…
Lire aussi: Analyse Approfondie du Classement