Les Canadiens de Montréal : Une Histoire de Hockey, de Culture et de Passion

Le Canada, et plus particulièrement la ville de Montréal, est souvent associé au hockey sur glace. Entre septembre et avril, une quarantaine de matchs sont disputés par l’équipe des Canadiens de Montréal au Centre Bell en plein cœur de la ville. Plus qu’un sport, c’est là-bas toute une culture. C'est une institution profondément ancrée dans le tissu social d'une ville, Montréal, et de sa région, le Québec. Une histoire qu'on raconte à ses enfants. Un stade où on les emmène dès leur plus jeune âge.

Surtout avec les Canadiens de Montréal, club emblématique de la ville, qui détient le record de 24 coupes Stanley, le trophée décerné chaque année depuis 1927 par la Ligue nationale de hockey (NHL) à l’équipe championne. On surnomme affectueusement l’équipe la Sainte-Flanelle, le Bleu-Blanc-Rouge, le Tricolore ou les Habs.

Genèse et Premières Années : La Naissance d'une Légende (1909-1917)

Les Canadiens de Montréal sont nés en 1909. La franchise québécoise n'a pas perdu de temps, puisqu'elle a remporté son premier titre de champion dès l'année 1916, quand elle jouait pour l'Association nationale de hockey, l'ancêtre de la NHL (créée en 1917).

Après une réunion le 26 novembre 1917 à l'hôtel Windsor de Montréal, les propriétaires des Canadiens de Montréal, des Wanderers de Montréal, des Sénateurs d'Ottawa, des Bulldogs de Québec et des Toronto Arenas décident de créer une nouvelle Ligue, la NHL (LNH en québécois), et de l'ouvrir au voisin américain. Pendant 25 ans, jusqu'à 10 équipes vont participer à cette nouvelle compétition.

Domination et Dynasties : L'Âge d'Or du Tricolore (1918-1993)

Montréal a ensuite régné à travers les époques. Jusqu'aux années 1990, les Canadiens ont ainsi été sacrés au moins une fois par décennie. Et aujourd'hui, ils possèdent le record de titres (24), très loin devant Toronto (13) et Detroit (11).

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De magnifiques dynasties ont comblé les spectateurs qui se massaient au Forum, l'enceinte des Canadiens pendant 70 ans (avant que l'équipe ne déménage au Centre Bell en 1996). Montréal a été sacré champion cinq saisons d'affilée, de 1956 à 1960, guidé par des joueurs comme le gardien Jacques Plante, le défenseur Doug Harvey, le centre Jean Béliveau et l'ailier Maurice Richard.

Les années 70 ont également été brillantes, avec six titres pour Montréal, dont quatre consécutifs entre 1976 et 1979. Les stars de la décennie s'appelaient Ken Dryden (gardien), Larry Robinson et Guy Lapointe (défenseurs), Jacques Lemaire et Guy Lafleur (attaquants).

Puis la NHL a changé, avec l'arrivée d'un plus grand nombre d'équipes et l'émergence de nouvelles générations, comme les Edmonton Oilers dans les années 1980 et les Pittsburgh Penguins, lors de la décennie suivante. Les deux derniers titres des Canadiens remontent ainsi à 1986 et 1993, avec le gardien de but Patrick Roy comme figure de proue.

Le Forum et le Centre Bell : Deux Temples du Hockey

Après avoir évolué entre 1924 et 1996 (et remporté 22 de leurs 24 Stanley Cups) dans l'antique Forum de Montréal, surnommé à juste titre le « temple du Hockey », la franchise montréalaise évolue depuis sur la patinoire du Centre Bell. Fini le Forum de Montréal, son enceinte durant plus de soixante-dix ans, le vrai temple du hockey, celui où le Tricolore a remporté 22 Stanley Cup. Désormais, bienvenue au Centre Molson, devenu ensuite le fameux Centre Bell.

Avec ses 21 288 sièges en configuration hockey, c'est tout simplement la plus grande salle de la Ligue et donc la plus grande salle de hockey du monde ! Dans son antre du Centre Bell, les Canadiens de Montréal attirent chaque année plus d’un million de spectateurs. C'est dans ce véritable sanctuaire, qui propose des visites guidées, que tous les amateurs du monde rêvent d'aller assister à une rencontre de NHL.

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Situé sur la bien nommée Avenue des Canadiens-de-Montréal, cette immense salle de 21 000 places raconte à travers trophées, photos et programmes interactifs l’histoire et la tradition de cette grande équipe depuis plus d’un siècle. Les visiteurs peuvent également profiter d’expositions temporaires. Non loin de là, la place du Centenaire, qui célèbre le centième anniversaire de la création de la franchise en 1909, rend hommage aux légendes du club : Howie Morenz, Maurice «Rocket» Richard, Jean Béliveau et Guy Lafleur.

« Les soirs de matches, l’atmosphère est électrisante » souligne Jamie O’Meara. S’il n’est pas simple de se procurer des places, les touristes peuvent se consoler en visitant le Centre Bell.

L'Attente et l'Espoir : La Quête d'une 25ème Coupe Stanley (Depuis 1994)

Depuis le dernier titre du club, en 1993, quatre des autres « six équipes originales » de l'histoire de la NHL ont remporté la Stanley Cup. Boston (une fois), New York (une fois), Chicago (deux fois) et Detroit (quatre fois). Seuls les Maple Leafs de Toronto n'ont pas été sacrés depuis la dernière victoire du Tricolore.

Depuis l'entrée dans le nouveau millénaire, si le Québec et le Canada aiment sûrement le hockey plus que tout le monde, ils n'ont « que » les Jeux Olympiques pour prouver qu'ils dominent le monde. Fait nouveau : pas moins de neuf entraîneurs se sont succédé sur le banc du Tricolore et cinq directeurs généraux.

Il y a deux ans, les Canucks de Vancouver avaient failli succéder aux Canadiens de Montréal au palmarès des équipes canadiennes ayant remporté la Stanley Cup. Cela n'avait tenu qu'à un fil : une seule victoire face au Bruins de Boston.

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A la relecture de l'histoire de ce club qui a tant apporté au hockey, on ne peut qu'espérer qu'il la connaisse un jour, cette vingt-cinquième Stanley Cup. Pour tout un club. Pour toute une ville. Pour tout un sport.

Comme l'indique la devise du club, « Nos bras meurtris vous tendent le flambeau, à vous toujours de le porter bien haut… » semble penser chaque personne touchée de près ou de loin par cette équipe, ce club, cette institution. C'est-à-dire, tout Montréal et ses environs, mais aussi des supporters partout dans le monde, séduits au fil du temps à la lecture de cette merveilleuse histoire.

Un jour viendra, c'est sûr, la couronne du roi arrivera. Alors, à la manière de Napoléon avec son peintre officiel, Jacques-Louis David, nous immortaliserons l'instant avec une peinture de dix mètres sur six. Nous demanderons à un peintre de renom de consacrer deux ans de sa vie à l’œuvre. Celui-ci mettra tout son talent au service de la gloire du Tricolore. L’œuvre sera bien moins d'un réalisme frappant que d'une propagande exacerbée. C'est le but. Allez, on l'exposera aux côtés du « Sacre de Napoléon », au musée du Louvre. Juste un peu. Puis, plus d'un siècle plus tard, les enseignants apprendront à leurs élèves à déchiffrer la scène. Les protagonistes, leur histoire et, bien sûr, la scène.

Rivalités Mémorables : Boston et Québec en Tête

Si les rivalités opposant le Tricolore à des équipes du voisin américain sont fortes, en premier lieu avec Boston, le combat pour revendiquer le statut de meilleure équipe du Canada l'ont souvent conduit à mener d'intenses combats.

Ce sont en effet les Bruins de Boston qui sont considérés aujourd'hui comme les plus grands rivaux de la cité québécoise. Et ce, depuis toujours, car ces derniers sont l'une des six équipes aux…

Il y a notamment eu cette rivalité face aux Nordiques de Québec, et ce fameux match de 1984. Dans la province, l'équipe phare des voisins de Québec a disparu du paysage depuis 1995. Et si un bon nombre d'équipes ont évolué dans des ligues mineures, ce sont les Nordiques de Québec qui ont inscrit leur nom sur les tablettes de la NHL entre 1972 et 1995. Et offert une vraie rivalité provinciale aux Canadiens.

Quelques Légendes du Club

  • Maurice Richard (1921-2000): Il est considéré comme le plus grand joueur qu’aient connu les Canadiens. Richard joua à Montréal de 1942 à 1960 et fut huit fois champion. Il est également connu pour avoir été le premier joueur à inscrire 50 buts en 50 matches, lors de la saison 1944-1945, et le premier à 500 buts en NHL. En 1954, Maurice Richard fut suspendu pour s’en être pris à un arbitre, ce qui provoqua des émeutes à Montréal. Il dut lancer un appel au calme à la radio, pour que les violences cessent. On l'appelait « The Rocket ».
  • Jean Béliveau (1931-2014): Surnommé « Gros Bill », il fut lui aussi un buteur prolifique pour les Canadiens (507 buts), où il joua de 1950 à 1971, raflant 10 titres de champion. Béliveau fut élu à deux reprises MVP de la NHL, en 1956 et 1964.
  • Guy Lafleur (né en 1951): Les Anglophones le surnommaient « The Flower », quand les Francophones préféraient l'appeler le « Démon blond ». Lafleur fut un joueur élégant, qui porta les couleurs de Montréal de 1971 à 1984, et compila six saisons consécutives à au moins 50 buts et 100 points (de 1974 à 1980). Il remporta cinq fois le titre de champion et fut élu deux fois MVP de la NHL en 1977 et 1978.
  • Doug Harvey (1924-1989): Malgré un nom à consonance anglaise, Harvey fut un authentique Québécois, qui a vu le jour et grandi à Montréal. Défenseur, il a joué pour les Canadiens de 1947 à 1961. Harvey a remporté six titres de champion et a été désigné à sept reprises meilleur défenseur de la NHL.
  • Jacques Plante (1929-1986): Plante est un des rares gardiens de but à avoir été élu MVP de la NHL. Il fut distingué en 1961. De 1956 à 1960, quand Montréal rafla cinq titres d'affilée, Jacques Plante fut à chaque fois désigné meilleur gardien de la saison. Il joua pour les Canadiens de 1952 à 1963. Plante est également connu pour avoir été le gardien qui a imposé l'usage du masque pendant les matches.

Assister à un Match : Une Expérience Inoubliable

Entre septembre et avril, une quarantaine de matches sont disputés par l’équipe des Canadiens de Montréal au Centre Bell en plein cœur de la ville. Le Centre Bell peut contenir jusqu’à 21 000 places.

Les billets pour assister à un match de hockey à Montréal peuvent être difficiles à trouver. Mais ce n’est pas une mission impossible, précise le site de l’Office de Tourisme. Outre les billets individuels, il est possible d’acheter des billets de groupe à tarif préférentiel. Les mordus de hockey peuvent en outre profiter de forfaits avec place en loge, repas d’après-match, visite guidée… Bien que la majorité des billets de la saison régulière s’écoulent avant même la première rencontre, les Canadiens de Montréal mettent en vente quelques billets les jours de match (des billets réservés par la LNH ou l’équipe adverse non utilisés, par exemple). Il faut pour cela régulièrement consulter le site officiel de l’équipe. Précisons que le minimum est de 100 dollars pour assister à un match des Canadiens. Spectacle assuré dans la salle électrisante du Centre Bell. Ne reste plus qu’à faire le voyage pour admirer toute cela.

Pour les spécialistes, on compte cette année des as de la rondelle comme Thomas Tatar et Max Domi (ex-dur à cuire des Maple Leafs de Toronto), le jeune phénomène finlandais Joel Armia, les Québécois chouchous des fans Phillip Danault et Jonathan Drouin, le tireur en série Brendan Gallagher, la superstar de la ligue qui garde le filet, Carey Price, et l’illustre défenseur et capitaine Shea Weber. Ces athlètes d’élite sont épaulés par de jeunes et prometteuses recrues : Nick Suzuki, qui fait preuve d’une grande intelligence de jeu; et le défenseur au tir canon Ben Chiarot. « Cette équipe à la composition équilibrée joue du bon hockey sur la glace pour le plus grand bonheur de ses admirateurs » ajoute encore le journaliste.

Les Origines Lointaines du Hockey à Montréal

Le 3 mars 1875, le journal The Gazette publiait un article annonçant la présentation publique d'un nouveau jeu appelé "hockey". C'était alors la première démonstration publique de cette activité pratiquée jusqu'alors seulement par un petit groupe de jeunes gens, pour la plupart étudiants de l'Université McGill. Selon l'article, on a affaire à un groupe qui pratique ce jeu depuis quelque temps déjà.

Cette partie devant se produire sur une patinoire intérieure pour la première fois, on décida d'utiliser un bloc de bois en remplacement de la balle de crosse. Puisqu'il y avait des fenêtres le long de l'édifice, et qu'il n'y avait pas de bande le long de la surface glacée, il fallait trouver un objet avec lequel on ne risquait pas de blesser un spectateur, ni de briser les vitres.

De la liste des noms cités par The Gazette (document 2), il faut retenir celui de James George Aylwin Creighton. Originaire de Halifax, il s'établit à Montréal en 1872 comme ingénieur. Cinq ans plus tard, il entreprend son diplôme de droit à l'Université McGill. Par la suite, on le retrouve à Ottawa en 1882. Selon un autre joueur de cette partie historique, Henry Joseph, c'est Creighton qui est à l'origine du hockey montréalais, car ce jeu est fort populaire à Halifax.

Le Carnaval de Montréal : Un Tournant Décisif

Ce carnaval fut lancé à l'initiative des clubs de raquettes anglophones de Montréal pour la promotion de la ville à travers l'Amérique du Nord. Il fut établi entre 1883 et 1889, mais le hockey n'y fut une activité que lors des trois premiers seulement. On y organisa le premier tournoi d'une durée d'une semaine, soit à la fin de janvier ou au début de février. Les équipes de Montréal étaient plus nombreuses que celles de l'extérieur.

En 1886, on relance un tournoi mais sur de nouvelles bases. Quatre équipes de Montréal (m.a.a.a., Victorias, McGill et Crystals) s'affrontent dans des rencontres tout au long de la saison, au lieu d'une semaine à l'intérieur du carnaval.

Le tournoi du Carnaval de Montréal inaugure donc l'organisation structurée du hockey, et popularisera le hockey tel que joué à Montréal, car il existe alors plusieurs formes de jeu.

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