Le volley-ball au sein du Club Africain est bien plus qu'un sport; c'est une véritable passion, un héritage de succès et une source de fierté pour ses supporters. Le palmarès impressionnant du club reflète l'image brillante de ce club prestigieux de Tunis.
Genèse et Fondation du Club Africain : Un Acte de Résistance
Survoler l’histoire du Club Africain en quelques mots est un exercice non seulement périlleux mais quelque part arbitraire. Entre l’histoire enfouie et le contexte immédiat, le pontage n’est pas aisé tant l’itinéraire est pavé de défis, de conquêtes, de symboles et de représentations. La naissance du Club Africain, comme toute grande œuvre humaine marquant l'histoire, était l’aboutissement d’un processus d’accouchement douloureux. Fruit de l’investissement et du sacrifice de quelques hommes de conviction et de vision dont l’orgueil n’avait d’égale que l’acharnement, le club est né dans l’adversité, au terme d’une longue épreuve de force.
Pour restituer le cadre de création du club, convient-il d’intégrer la dimension histoire et ainsi placer la naissance du club dans son contexte historique. Nombre d’évènements d’ordre politique et sportif, au niveau aussi bien national qu’international, ont concouru directement ou indirectement à l’émergence d’une volonté nationale revendicative, et par ricochet, à la focalisation des tunisiens musulmans sur la nécessité de se doter d’une association sportive représentative.
Le Club Africain fut certes officiellement autorisé à exercer le 04 Octobre 1920, mais son itinéraire n’avait pas débuté à cette date. Le Club Africain, comme l’affirmaient certains de ses pères fondateurs, est le prolongement naturel du Stade Africain, association fondée en 1915 et dissoute en 1918, dont il a conservé les couleurs, l’esprit et le nom ainsi qu’un noyau de joueurs, particulièrement Mohamed Soudani. Il était d’ailleurs le président de la réunion constitutive du club, à savoir, la première Assemblée Générale, tenue dans un café, sis à Bab-Djedid et appartenant à une famille désormais clubiste. Mohamed Soudani et Jameleddine Bousnina furent les deux véritables chevilles ouvrières du processus de création du club.
Rien que l’appellation « Club Africain » constitue déjà tout un programme, ceci dénote une certaine conscience politique et atteste que dans l’esprit des fondateurs du CA, la démarche associative était un moyen de résistance et de mobilisation contre l’occupation coloniale. Dans le même registre, l’adjonction du terme « africain » au nom d’une association tunisienne, qui plus était régie alors par le droit français, était un choix conforme à l’histoire et chargé de significations. En effet, la Tunisie, qui s’appelait naguère Ifriqiya, a donné son nom à tout un continent, en l’occurrence l’Afrique. Par conséquent, s’appeler « Club Africain » au début du 20eme siècle avait valeur de symbole et s’apparentait beaucoup plus à un cri de ralliement et à un appel de l’histoire. Il y a quelque chose de fédérateur et de solidaire dans ce nom.
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Le choix des couleurs du CA, à savoir le Rouge et le Blanc, n’était pas non plus intempestif ou aléatoire. Au contraire, il procédait de la même vision, s’appuyait sur les mêmes convictions. Le club était un vecteur identificatoire et un support à la cause nationale. Le fait d’adopter et d’imposer, malgré le diktat colonial, les couleurs du drapeau tunisien n’est-il pas révélateur d’une conscience nationale et d’un esprit de résistance !? Depuis sa naissance, le CA s’était identifié à la cause nationale, ses fondateurs lui avaient conféré des dimensions idéologiques et humaines et ses partisans ont enraciné cet esprit de génération en génération.
L'Équipe Féminine : Une Domination Précoce
L’équipe féminine du Club Africain a connu un parcours impressionnant depuis sa création en 1958. Elle remporte déjà pour sa première année de création, le doublé : coupe et championnat, marquant ainsi le début d'une ère de succès.
Une Identité Forgée dans l'Histoire et la Culture
Depuis sa naissance, le CA s’était identifié à la cause nationale, ses fondateurs lui avaient conféré des dimensions idéologiques et humaines et ses partisans ont enraciné cet esprit de génération en génération. Dans le même ordre d’idées, peut-on omettre de citer parmi les fondateurs du CA, le Docteur Ahmed Ben Miled, appelé « médecin du peuple », compagnon du grand Mohamed Ali Hammi, fondateur de la première centrale syndicale tunisienne. Sur un autre plan, la dimension culturelle et identitaire était également présente dans l’esprit des fondateurs du CA dont une bonne partie était des hommes de lettre et d’art ayant marqué le patrimoine culturel tunisien. A ses débuts, le CA articulait ses activités sur trois axes, à savoir, le sport, la musique et le théâtre.
Trois Phases Principales dans l'Itinéraire du Club Africain
En résumé, et sans trop schématiser, on pourrait identifier trois principales phases dans l’itinéraire du CA, chacune étant régie par une logique propre, animée par des motivations contextuelles et confrontée à des contraintes spécifiques. En dépit d’une genèse difficile et d’une évolution heurtée, Le CA a pu maintenir le cap sans déroger aux principes de départ ni se dérober à son rôle national. L’aspect sportif fût le levier pour mobiliser et encadrer la jeunesse tunisienne dans une perspective anti-colonialiste, certes non frontale mais néanmoins militante. Donc, ni la démarche ni l’objectif n’obéissaient à des mobiles exclusivement sportifs. Le profil des fondateurs du CA, la dimension politique et identitaire de leur projet en témoignent.
Première Phase : L'Émergence et l'Affirmation (1920-1956)
Il est à signaler que le football était durant cette période la principale activité sportive du CA, il y avait certes le base-ball, mais cette section n’avait pas fait long feu.
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- Accession à la première division en 1937.
- Premier titre de champion à la saison 1947-1948.
- Contribution du club à l’enracinement de la culture tunisienne, la création de la Rachidia et la contribution à la formation d’un théâtre tunisien, en sont les témoignages les plus incontestables. Il n’est pas inopportun de rappeler que le club disposait de sa propre troupe théâtrale depuis les années trente.
- Le CA est le premier club tunisien à donner une identité à un quartier, à savoir Bab-Djedid, lieu de mémoire et d’appartenance. Cette alliance club/quartier a été dès le départ un vecteur d’identification, le premier levier, dans l’histoire moderne de la Tunisie, liant viscéralement un club à un faubourg.
Sur un autre plan, et durant la dite période, le club a résisté à certaines velléités de défiguration sinon d’enclavement pour se positionner comme club ayant sa propre identité. Citons particulièrement la tentative, vite avortée, de Habib Bourguiba de fusionner le Club Africain avec l’Espérance de Tunis en 1934, année où Bourguiba s’était démarqué du parti libéral constitutionnel ( Hezb horr destouri) et, en dissidence, avait crée le parti du néo-destour , le 2 Mars 1934 à Ksar Helal. Cet épisode démontre que 14 années après sa création le club disposait déjà de sa propre identité et avait suffisamment de force pour refuser l’injonction de Bourguiba, le nouvel homme fort de la Tunisie de l’époque.
Deuxième Phase : L'Âge d'Or et la Domination (1956-1990)
Il s’agit de la période- épopée durant laquelle le CA, le vent en poupe, a récolté la majorité de ses trophées sur le plan aussi bien national que régional. Omnisports et omniprésent, le CA a marqué cette période de son empreinte et a redoré à maintes reprises le blason national. Durant cette période, deux présidents, entres autres, ont marqué de leur empreinte l’évolution du club et ont stabilisé sur structures et ses fondements, à savoir, Azzouz Lasram et Ferid Mokhtar. Dans le domaine sportive, deux hommes ont également façonné une certaine culture de jeu bien clubiste. Il est clair que le club s’appuyait, lors de cette période, sur le double plan administratif et sportif, sur un environnement de stabilité et sur des hommes de projet, lesquels inscrivaient leurs actions dans une vision stratégique. Sur un autre plan, le club a mis en place une structure avant-gardiste, en l’occurrence "le comité des sages" que les autres associations n’ont pas manqué d’imiter. Ce comité agissait comme gardien du temple clubiste et apportait un concours financier régulier et prévisible.
- La formation a toujours été un des principaux piliers du temple clubiste et un des plus importants ciments de son identité, et il ne s’agit pas de la formation dans son acceptation sportive uniquement. De tout temps, le CA s’appuyait sur ses enfants, sur le terrain et en dehors du rectangle vert. Une grande école de formation de dirigeants, voilà le principal capital le pilier stratégique du club.
- Depuis sa création, le CA a toujours cultivé la notion de grande famille.
- Depuis toujours, le peuple clubiste s’est identifié au club et l’a tellement porté au bout des bras qu’il marque bien sa présence dans les stades et en dehors. La grande identification des supporters au club traduit, du moins en partie, la vitalité de l’identité du club. A titre illustratif, durant toutes les années 80, le club n’a pas gagné de titre sans que cette "traversée du désert" n’ait donné lieu à de grandes crises car le ciment identitaire et liens de confiance et de loyauté entre la base et le sommet agissaient comme un puissant écran protecteur. Jamais "la rue" n’a fait acte de désolidarisation ni tenté d’imposer des décisions.
- Bab-Djedid, lieu de naissance, creuset de la mémoire et fief attitré, était le centre de gravité de la mouvance clubiste.
Troisième Phase : Mutations et Défis (1990 à nos jours)
Cette période a débuté avec la conquête historique du quadruplé, performance unique dans les annales du football tunisien, réalisée avec les enfants de cru, tous formés dans la moule clubiste. Cette prouesse sportive sans précédent a été, semble-t-il, mal digérée et notamment mal rentabilisée. L’euphorie ambiante, conjuguée à la mutation de l’environnement sportif tunisien, a fait glisser lentement le club en dehors de son champ de performance et de son terreau naturel vers des sentiers plus ou moins incompatibles avec ses forces motrices. De par son histoire et son propre itinéraire, le CA est resté un club assez introverti, et de ce fait, pratiquement incapable d’amortir des mutations brusques. Les crises qu’il a connues sont essentiellement des crises d’identité, les échecs sportifs n’en sont que les manifestations. En effet, le CA ne pouvait et ne peut évoluer qu’en étant réconcilié avec soi-même et avec son environnement. Est-ce par hasard que les crises du CA ont coïncidé avec la transformation du paysage sportif tunisien et l’introduction forcée de ce professionnalisme à la tunisienne ! Compte tenu de sa rigidité et de son introversion, le CA est pratiquement le club qui a le plus souffert du bouleversement du contexte sportif et réglementaire tunisien ! Au cours de cette période, le CA a connu, séparément ou simultanément, nombre de crises dont l’acuité et l’incidence varient selon le contexte et le bilan. De nouvelles approches ont été développées et stigmatisées, de nouvelles contraintes et de nouvelles habitudes ont pris le pas.
- La dimension formation, l’épine dorsale et l’artère nourricière du club, a progressivement perdu son rang et sa culture, notamment lors des dix dernières années. Le recours de plus en plus systématique aux recrutements, souvent à fonds perdus, au mépris du bon sens sportif et au détriment des enfants de cru, le CA a récolté peu de titres par rapport à la période précédente !
- La notion de grande famille a cédé le pas au sectarisme et à l’exclusion. Le conflit d’intérêts a succédé à la communauté de vues.
- Entre le public et l’équipe dirigeante, un certain déphasage b…
Le Club Africain et le Volley-Ball Africain : Une Influence Notable
Le Club Africain ne se limite pas à la scène nationale. Son influence s'étend à l'échelle africaine, avec des joueurs qui se distinguent dans les compétitions continentales et internationales.
Le Championnat d'Afrique des Clubs : Une Compétition de Prestige
Le Championnat d’Afrique Seniors Hommes demeure l’une des plus prestigieuses compétitions de clubs du volleyball africain. Il se déroule chaque année et enregistre la participation de 24 clubs. La Confédération Africaine de Volley-ball (CAVB) attribue régulièrement à la Tunisie l'organisation de cet événement majeur. En 2022, la Tunisie a accueilli la 40ème édition du Championnat d’Afrique des Clubs Seniors Hommes. L’Espérance de Tunis a remporté le trophée cette année-là, mais Al Ahly du Caire reste l’équipe la plus titrée avec 14 titres.
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Joueurs Tunisiens dans le Top 10 Africain
Le site mondial Volleybox a mis à jour son classement des meilleurs volleyeurs de tous les temps. L’Afrique compte plusieurs cracks au sein de ce ranking basé sur les trophées collectifs et les prix individuels remportés par les joueurs avec leur équipe nationale et leurs différents clubs. Le niveau du championnat est également pris en compte.
Le top 10 des meilleurs volleyeurs de l’histoire du volley-ball africain selon Volleybox.net est constitué de 4 Tunisiens, 2 Camerounais, 2 Égyptiens 1 Algérien et 1 Marocain. Parmi eux, on retrouve :
- Noureddine Hfaiedh : Réceptionneur-attaquant Tunisien.
- Anouer Taouerghi : Libéro Tunisien.
- Ismaïl Moalla : Réceptionneur-attaquant Tunisien.
Ces joueurs, parmi d'autres, contribuent à la renommée du volley-ball tunisien et africain.
L'Égypte Domine, le Maghreb Monte en Puissance
L’Egypte est championne d’Afrique pour la neuvième fois de son histoire. Les pharaons de volley ont montré, un impressionnant et déterminant visage pour battre en quatre sets l’Algérie. La finale féminine de cette édition opposait l’Égypte à la Tunisie. C’est l’équipe égyptienne qui est montée sur la plus haute marche du podium en dominant la Tunisie 3 sets à 0 (25-18, 25-19, 25-16), confirmant ainsi l’excellence de sa formation chez les jeunes. L’Algérie, solide et combative, a décroché la médaille de bronze après une victoire nette (3-0) face au Maroc, faisant preuve d’un collectif prometteur. Du côté masculin, la compétition a aussi été dominée par les jeunes Pharaons. Et comme chez les filles, ils ont battu en finale la Tunisie 3-0 (25-17, 25-20, 25-19). Au-delà des résultats, ce championnat U16 a démontré la montée en puissance de la formation maghreine en volley-ball.