Le championnat des pelouses est un élément souvent sous-estimé mais crucial pour la qualité du football professionnel. Cet article explore l'importance de la qualité des pelouses en Ligue 1, les classements, les efforts entrepris pour l'améliorer, et les défis rencontrés par les clubs.
Les Champions des Pelouses 2024/2025
À l’issue de la saison 2024/2025, le Paris Saint-Germain et le FC Metz ont été couronnés champions du Championnat des Pelouses BKT respectivement en Ligue 1 McDonald’s et en Ligue 2 BKT. Le Paris Saint-Germain a conservé son titre en Ligue 1 McDonald's pour la seconde année consécutive, affichant une excellente moyenne de 19. Le Stade de Reims a décroché la deuxième place avec une note de 18,12, suivi de près par l’Olympique de Marseille, qui a fait son retour sur le podium pour la première fois depuis la saison 2021-2022, avec une solide moyenne de 18,01.
En Ligue 2 BKT, le FC Metz a remporté la première place avec une très belle moyenne de 18,68. Le Paris FC a suivi en deuxième position après une lutte intense, avec une moyenne de 17,48. Le FC Lorient a complété le podium avec une moyenne de 17,16.
Importance du Championnat des Pelouses
Mis en place par la Ligue de Football Professionnel (LFP) à l’aube de la saison 2013/14, le championnat des pelouses vise à « améliorer la qualité des pelouses en introduisant une notion de compétition ». Inspiré des modèles en vigueur en Premier League et en Bundesliga, ce championnat a pour objectif de récompenser les clubs qui offrent les meilleures surfaces de jeu. La LFP a mis en place ce classement pour récompenser les clubs qui offrent les meilleures surfaces de jeu en Ligue 1 et Ligue 2. Chaque club participe automatiquement, et les notes attribuées influencent directement le classement final.
Méthodologie d'Évaluation
L’évaluation des pelouses ne se fait pas au hasard. Chaque critère est noté sur 20. Les capitaines, entraîneurs, arbitres et le réalisateur évaluent la pelouse à l’issue de chaque rencontre de Ligue 1, ce qui donne lieu à une note pour chaque match et à un classement général. Un mécanisme de contrôle évite les écarts exagérés. Si la note d’un club diffère de plus de 4 points par rapport aux autres notes, elle est écartée.
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Les critères d'évaluation incluent :
- Trajectoire du ballon au sol
- Souplesse / Dureté du sol
- Qualité des appuis (changement de direction, accélération, arrêt course…)
- Qualité du tapis végétal (densité, couleur, homogénéité…)
- Appréciation globale de l’aire de jeu et de ses abords (couloirs arbitres assistants, zones d’échauffement, tracés…)
- Appréciation globale de l’aire à l’issue de l’échauffement
Depuis la saison 2024-2025, la LFP intègre un critère environnemental. Une note supplémentaire (valant 10 % de la note globale) évalue la gestion raisonnée de l’eau et des ressources naturelles.
Impact sur le Jeu et l'Image du Club
Une pelouse de qualité influence directement le spectacle proposé. Un terrain bien entretenu favorise un jeu fluide et technique. Ce classement motive également les clubs à investir dans l’entretien de leur pelouse. L’image d’un club passe aussi par la qualité de son stade. Un club qui néglige l’entretien de sa pelouse peut en payer le prix. À l’inverse, la meilleure pelouse est récompensée en fin de saison.
L'Avènement des Pelouses Hybrides
Les situations dans les autres clubs de Ligue 1 sont aujourd’hui variées. Les téléspectateurs peuvent s'attendre à assister cet hiver encore à quelques matches joués sur des terrains indignes du plus haut niveau, mais un constat s’impose: la qualité moyenne des gazons progresse. Il suffit pour s’en convaincre de regarder l’augmentation des pelouses dites «hybrides» ou à «substrat renforcé fibré» selon le terme consacré par la LPF, ces gazons 100% naturels renforcés par un ancrage sur un substrat de fibres synthétiques utilisés par la quasi-totalité des clubs de Premier League. La saison dernière, seul Nantes était équipé de ce type de terrain ayant fait ses preuves quasiment partout où il a été implanté, malgré quelques problèmes dus à une maladie de la pelouse au Havre ou à l’entretien au Vélodrome.
Cette saison, ils sont quatre de plus (Paris, Marseille, Saint-Etienne et Metz) à avoir adopté cette technologie, dont il existe plusieurs variantes commercialisées par différentes entreprises, tandis que le nouveau stade de Bordeaux, dont l’inauguration est prévue lors de la dernière journée de Ligue 1, sera également équipé. Nancy, qui en avait installé un en 2010, va l’abandonner au profit d’une pelouse hybride.
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Efforts et Initiatives de la LFP
La Ligue a mis du temps à se réveiller, mais redouble d’efforts depuis deux ans avec la création d’un référent pelouse dans chaque club, l’organisation d’un premier séminaire d'information et d’échange en mai 2014, la participation aux travaux de l’Association européenne pour la gestion des stades et de la sécurité (ESSMA) et la création d’une commission spécialisée «surface de jeu» composée d’experts «à l’écoute et très interactive avec les clubs» selon la LFP. Depuis la saison dernière, elle a décidé de renforcer le poids de la qualité du terrain dans les critères d’attribution de la «licence club», sésame destiné à inciter les investissements de la part des clubs et qui permet à ses bénéficiaires de se partager une enveloppe de 20% des droits TV. Sur les 10.000 points distribués selon un barème détaillé portant sur les infrastructures, la sécurité ou encore la formation, la pelouse en représente désormais 450 (soit 4,5% du total), une part non-négligeable pour atteindre les 6.500 points requis.
La LFP sensibilise les clubs sur ces échéances à venir depuis plusieurs années. Elle est d’ailleurs membre fondateur d’un consortium qui a pour but d’organiser et financer des recherches sur les thématiques propres aux terrains de sport en gazon.
Défis et Contraintes
Même avec la meilleure volonté du monde, les clubs se heurtent à une spécificité française qui ne favorise pas toujours les investissements et la vision à long terme. Dans l’hexagone, la grande majorité des clubs loue le stade où évolue leur équipe et dépendent donc de la collectivité locale, souvent la mairie, ou d’une entreprise extérieure pour l’entretien de la pelouse.
L’Allianz Riviera, le stade flambant neuf de Nice détenu par la ville et administré par Nice Eco Stadium, filiale du constructeur Vinci, ne s’est ainsi pas doté d’une pelouse hybride, une décision étrange au regard des investissements consentis pour l’enceinte.
Exemples de Réussite et d'Inspiration
Résultat, les Grenats évoluent sur un billard depuis l’installation cet été d’une pelouse hybride, et occupent la troisième place du classement des herbes de Ligue 1. Une réussite qui prouve aussi que l’argent ne fait pas tout. Malgré son budget de 28 millions d’euros, le 17e de Ligue 1, Metz n’a pas hésité à investir 1,3 million pour la reconstruction du terrain, et possède sept places d’avance sur le LOSC, qui dispose d’un budget deux fois supérieur.
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Les responsables du FC Nantes n’ont pas à effectuer ces allers-retours permanents avec les équipes de la collectivité locale avant de prendre une décision pour leur aire de jeu. Le club a le rare privilège d’être gestionnaire de son stade depuis 2002, année où il est également devenu le premier à installer une pelouse hybride en France, plus de 10 ans avant les autres.
Impact de la Coupe du Monde de Rugby
Les pelouses de L1 ont été mises à rude épreuve par la Coupe du monde de rugby. La LFP a subi l’élaboration du calendrier de la Coupe du Monde et a dû composer avec ces contraintes. Elle n’a pas été consultée lors du processus de désignation des stades pour l’organisation de la coupe du monde de rugby.
Les rencontres de rugby organisées sur les stades qui accueillent habituellement des rencontres de football ont subi une baisse de densité, un besoin de réensemencement, des arrachements et certaines zones sont dégarnies. La planimétrie des terrains a été affectée et des spectres de tracés subsistent d’un match à l’autre. Sur la durée de la compétition, ces problématiques augmentent de match en match. En ce sens, la qualité du jeu et des images proposées se retrouvent dégradée par ces conditions. L’inquiétude se porte également sur les répercussions dans les semaines à venir de cette surutilisation qui n’a pas permis d’entretenir les terrains en prévision des prochaines utilisations notamment en hiver. Enfin, et c’est le plus important, nous devons veiller à préserver la santé des joueurs qui ne doivent pas être impactés par la baisse de qualité des terrains.
Le Championnat des Pelouses en National et D1 Arkema
Inspiré du modèle en vigueur en Ligue 1 Uber Eats et Ligue 2 BKT, le championnat des pelouses fait son apparition en National et en D1 Arkema à compter de la saison 2023-2024. Ce dispositif vise à améliorer les surfaces sportives en s’appuyant sur le ressenti des acteurs de jeu (capitaines et arbitres) qui notent les installations à partir de critères d’évaluation établis.
Ce championnat poursuit trois objectifs majeurs :
- Générer la montée en qualité des surfaces sportives pour améliorer le confort des joueurs et joueuses, le rendu télévisuel ainsi que réduire les risques de blessures tout en s’assurant de la conformité réglementaire.
- Créer une émulation au sein des équipes d’intendance en adoptant une approche constructive afin de permettre un partage d’expériences entre les équipes et de sensibiliser les collectivités sur l’importance de la surface de jeu.
- Apporter une aide aux clubs en difficulté en identifiant les clubs durablement en dessous des standards, les besoins du sol et de la plante grâce à l’expertise d’un laboratoire si nécessaire et en accompagnant le gestionnaire sur la base des résultats de l’expertise.
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