Le championnat de France de rugby 1997 a été une saison mémorable, marquée par des performances exceptionnelles et des moments de gloire pour certaines équipes. Cette année-là, le CA Brive a également remporté la Coupe d'Europe, ajoutant une dimension continentale à la saison.
Contexte et Évolution des Compétitions de Rugby en France
Pour bien comprendre l'importance du championnat de 1997, il est utile de retracer l'évolution des compétitions de rugby en France. En 1943, le championnat de France a repris avec une division unique, regroupant 40 clubs en zone occupée et 55 en zone libre. En 1950, la 1re Division a été renommée « Fédérale », la 2e Division « Excellence A » et la 3e Division « Excellence B ». En 1974, la Nationale comprenait un Groupe A et un Groupe B, regroupés au 1er niveau et disputant le même championnat. En 1988, le 1er niveau réunissait Groupe A et Groupe B pour les rescinder dans une 2e phase. En 2004, les Nationales 1, 2, 3 sont devenues les Fédérales 1, 2, 3. Plus récemment, le 02/06/2020, la Ligue Nationale de Rugby et la Fédération Française de Rugby ont décidé de créer une division intermédiaire entre la ProD2 et la Fédérale 1, entraînant une refonte des championnats territoriaux. La Pré-Fédérale (PF) remplace l’Honneur, et une division intermédiaire est créée entre la Nationale et la Fédérale 1.
Le Parcours du CSBJ Bourgoin-Jallieu
Le CSBJ Bourgoin-Jallieu a réalisé une saison remarquable en 1997, atteignant les demi-finales du championnat de France. L’équipe de Bourgoin, au sommet de son art, était composée d’un effectif hétéroclite mais complémentaire, à l’image du vieux Cécillon associé à Stéphane Glas et le migrant Geany à l’arrière. Lors de la demi-finale contre l'ASM Clermont, on admire l’essai de Geany suite à un cadrage débordement admirable de la part de Stéphane Glas. S’ensuit un essai de Péclier entaché d’un en-avant de passe entre Chazalet et l’auteur de l’essai. Mais qu’importe la victoire fut belle et les spectateurs l’ont dignement fêté à la fin du match. Ce parcours témoigne de la compétitivité et du niveau élevé du rugby français à cette époque.
La Victoire du CA Brive en Coupe d'Europe
L'année 1997 a été marquée par le triomphe du CA Brive en Coupe d'Europe. En finale, Brive a terrassé Leicester 28 à 9, offrant au club ses lettres de noblesse sur la scène continentale. Cette victoire a marqué toute une génération, avec une équipe qui a su allier talent et caractère. Sébastien Viars, arrière talentueux de Brive de 1990 à 1998 et international à seize reprises, a sélectionné les champions d'Europe 1997 dans son XV de légendes, soulignant l'importance de cette équipe dans l'histoire du club.
L'Équipe Légendaire de Brive
Selon Sébastien Viars, il était impossible de ne pas aligner le XV de départ du 25 janvier 1997 dans son intégralité. "C'est le titre le plus probant du club et il avait été gagné avec la manière en plus. Tous à leur niveau, ces joueurs ont marqué leur époque, par leur talent et par leur caractère. Chacun a été au top au même moment, c'est comme si les planètes avaient été alignées."
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Voici la composition de l'équipe légendaire :
- 15 - Sébastien Viars
- 14 - Gérald Fabre
- 13 - Christophe Lamaison
- 12 - David Venditti
- 11 - Sébastien Carrat
- 10 - Alain Penaud
- 9 - Philippe Carbonneau
- 7 - Grégory Kacala
- 8 - François Duboisset
- 6 - Loïc Van der Linden
- 5 - Grant Ross
- 4 - Eric Alegret
- 3 - Richard Crespy
- 2 - Laurent Travers
- 1 - Didier Casadeï
Remplaçants : 16. Michel Yachvili, 17. Amédée Domenech, 18. Roger Fite, 19. Jean-Luc Joinel, 20. Marcel Puget, 21. Pierre Chadebech, 22. Jean-Marie Soubira, 23.
Le Match de la Finale
Le jour de la finale, tout ou presque s'est passé à la perfection. Viars se souvient : "Il n'y a eu que Titou (Lamaison) et moi qui avions été nuls au pied. Sinon, il y aurait eu quarante points d'écart… Mais le reste avait été tellement maîtrisé avec quatre essais, les ailiers avaient marqué, du spectacle, de la gestion et aussi du panache…" Malgré le stress avant le match et le statut de non-favoris face à Leicester, une sérénité irrationnelle régnait dans les rangs de Brive. "Personne ne faisait de complexe sur le plan individuel. Quand on se regardait, avec nos egos, il y avait une confiance absolue en chacun de nous et entre potes. Nous avions la rage dans le ventre et le feu dans les yeux."
Regrets et Nostalgie
Sébastien Viars regrette que cette génération dorée n'ait pas été capable de lancer une épopée à la Stade toulousain. "Même le Stade français ou Biarritz ont eu cette capacité à se remobiliser. Nous, après, nous avions eu moins faim. Ce groupe aurait mérité d'enchaîner les titres mais il s'est disloqué. Tout le monde en est responsable, le club n'a pas été capable de faire en sorte que ça perdure. Même si l'année d'après, nous revenons en finale (défaite contre Bath), c'était déjà friable et loin d'être aussi solide. Mais nous étions comme ça : cette équipe, c'était une marmite bouillante qui pouvait exploser à tout moment. C'est ce qui a été notre force." Ce triomphe d'un jour ajoute à la mystique de cette formation passée à la postérité : vingt-trois ans plus tard, aucune autre équipe française n'a à ce point survolé une finale de Coupe d'Europe.
Autres Événements Marquants de la Saison
Outre la victoire de Brive en Coupe d'Europe et le parcours de Bourgoin en championnat, la saison 1997 a été marquée par d'autres événements. Par exemple, lors de la phase qualificative, les Berjalliens avaient battu Toulouse à Pierre-Rajon 27-17 mais perdu aux Sept-Deniers 21-9. La 3e confrontation était donc bel et bien une « belle ». Cependant, cette « belle », disputée en même temps que la Coupe du Monde 98 de football, n'aura pas offert de feu d'artifice aux 44.000 spectateurs, avec un score de 3-3 à la mi-temps.
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