Aviron Bayonnais Football: Une Histoire de Passion et de Persévérance

L'Aviron Bayonnais Football, plus qu'un simple club, est une institution au Pays Basque. Son histoire, riche en rebondissements, en épopées mémorables et en figures emblématiques, témoigne d'une passion indéfectible pour le ballon rond. Des origines modestes aux exploits en Coupe de France et en National, le club a su traverser les époques, porté par des hommes et des femmes dévoués à ses couleurs ciel et blanc.

Les Origines: La Naissance d'un Club (1904-1930)

À l'aube du XXe siècle, Bayonne est une ville en pleine effervescence. Au cœur de cette ambiance, des jeunes gens se réunissent près du Théâtre, animés par une soif de changement. La Société Nautique de Bayonne (SNB), association plus ancienne de la ville, traverse une période de turbulences internes. Un conflit de génération oppose les anciens aux jeunes rameurs, exacerbé par une querelle entre les adeptes de la voile et ceux de la rame. L'affaire Adolphe Bernard, sanctionné pour avoir fait visiter les bords de l'Adour à des dames sans autorisation, est l'élément déclencheur.

Le 14 septembre 1904, vingt-huit "révoltés" se réunissent au Café du Théâtre et fondent l'Aviron Bayonnais. Le club se consacre initialement à la pratique de la rame et adopte les couleurs bleu ciel et blanc. Un bureau est constitué sans président, sur proposition de Guillaume Lamothe, pour éviter les travers de la SNB. La devise est simple : la crédibilité passe par les résultats.

Parmi les fondateurs, on retrouve des noms tels que Louis et Pierre Bargelès, Léon Barneix, Adolphe, Louis et Raoul Bernard, Adolphe Brand, Jean Daramy, Henry Dordosgoity, Paul Dousseau, Félix Dupéré, Fernand Forgues, Paul Georges, Michel Guilbeau, Joseph Halcet, Guillaume Lamothe, Joseh Laporte, Joseph et Paul Larran, Léon Moumas, Martin Noblia, Jean Noguès, Emmanuel Ohaco, Achille et Émile Reinflet, Gabriel Rivière, Martin Sourbié et Léo Susbielle.

En 1905, Joseph Larran est nommé premier président de l'Aviron Bayonnais. Sous sa direction, le club se structure et remporte ses premières victoires, notamment le Championnat de France en yole de mer à 4 et la Coupe du Roi d'Espagne à Saint-Sébastien.

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L'Ouverture au Football-Rugby (1906-1930)

Parallèlement aux activités nautiques, un nouveau sport venu d'Angleterre, le football-rugby, se développe à Bayonne. Gabriel Chantillon, membre du conseil d'administration, décide de créer une section dédiée à cette discipline le 13 octobre 1906. Le lendemain, une équipe est formée et dispute son premier entraînement au camp Saint Léon.

De nombreux rameurs et étudiants, attirés par ce nouveau sport, rejoignent le groupe, ainsi que des joueurs du Stade Bayonnais, club déjà existant qui sera intégré plus tard à l'Aviron Bayonnais. Le premier match amical, disputé le 28 octobre contre l'Operne de Biarritz, se solde par une défaite.

En 1907, l'Aviron Bayonnais s'affilie à l'Union Sportive Française des Sports Athlétiques et participe au championnat de Guyenne et Gascogne. Le club intègre la troisième série en compagnie de La Teste, Bègles, Dax et Bergerac.

L'année 1908 marque le début de la rivalité avec Biarritz. Le 5 janvier, Bayonne l'emporte (9-3) devant 4000 spectateurs à Aguiléra. Des incidents émaillent la rencontre, et le Comité donne match perdu aux deux équipes avant de requalifier Biarritz. Le 20 décembre, l'Aviron Bayonnais obtient sa revanche en dominant Biarritz (12-0) à Saint Léon.

En 1909, Bayonne remporte le championnat de Guyenne et Gascogne troisième série. La finale est remportée le 14 février contre Langon (5-0). Le club achète un terrain sur le lieu Hardoy à Anglet et inaugure son nouveau stade de 5000 places le 10 octobre.

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L'Essor du Football (1930-1980)

L'apparition officielle de la section football au sein de l'Aviron Bayonnais remonte au début des années 30, en 1935 exactement, à l’initiative de Owen Roe, Robert Lahet et Roger Dergein. Après une interruption due à la guerre, le ballon rond refait surface en 1947. Sous la responsabilité du président Georges Darhan et du dirigeant Georges Vispaly, le football se hisse progressivement en Promotion Honneur de la ligue Sud-Ouest. Les premiers talents éclatent : Lissarague, Datcharry, Courtoisie etc …

Durant 25 ans (de 1952 à 1977), la section football de l’Aviron Bayonnais progresse grâce au dévouement de Jacques Sorin, véritable pionnier du football à Bayonne. Il participe à l’éclosion de joueurs professionnels tels Christian Sarramagna (AS St Etienne, Montpellier), Félix Lacuesta (AS St Etienne, Bastia, Lyon, Cannes), Jean Louis Cazes (AS St Etienne, Bastia), Jean Claude Larrieu (Cannes, Nice), Raymond Camus (Bordeaux, Toulouse), Robert Doyhenart (Fontainebleau).

L’année 1973-1974, le club remporte la Coupe du Sud-Ouest et l’équipe senior atteint les 16ème de finale de la Coupe Nationale. L’équipe de la Coupe de France se compose alors de Jean Claude Larrieu, Jacques Camus, Cazes, Michel Sorin, Rodriguez, Datcharry, Ibarrart, Lacuesta, Raymond Camus, Begue, Martinez et Louis Camus. Cette performance inattendue les amène à affronter la prestigieuse équipe de Cannes. Le premier match se déroule à St Léon et se solde par un résultat nul, score 0/0. Rendez-vous sur la Croisette pour la revanche. Les Bleu et Blanc relèvent le défi jusqu’à la 117ème minute fatidique où les Cannois marquent un but signifiant la défaite des Bayonnais.

En 1978-1979, Marcel Luc prend la succession du talentueux Jacques Sorin à la tête des seniors qui réussissent un magnifique doublé, titre de champion Honneur de la Ligue du Sud-Ouest et accession à la division IV.

Les Années Difficiles et le Renouveau (1980-2004)

Les années 90 sont marquées par des résultats en dents de scie avec l’équipe fanion qui fait l’ascenseur au niveau régional. Cette mauvaise passe ne remet pas en cause le potentiel formateur de l’Aviron Bayonnais dont Xavier Ipharaguerre et François Grenet sont issus. Pantxi Sirieix a rejoint récemment le monde professionnel.

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Après ce douloureux épisode dans la vie du club, une poignée d’hommes, avec à sa tête Manu Mérin, jeune chef d’entreprise, reprit les rênes. Entourée de passionnés de la balle ronde et surtout animée par un fort désir de redonner à la section football une certaine identité, la nouvelle équipe, avec Michel Dufourq, Michel Camiade, Jean-Claude Bonacasa et autres, se mit au travail. L’équipe monta immédiatement de Promotion Honneur en Division Honneur.

L’an 2000 coïncide aussi avec le retour aux sources de Christian Sarramagna sollicité par Manu Merin, président du club. Manu Mérin (élu président) eut l’occasion de rencontrer Christian Sarramagna qui faisait escale à Bayonne, à la tête de la sélection nationale du Mali. Les deux hommes s’apprécièrent et le projet de retour de l’enfant prodigue au bercail devint réalité avec un objectif d’atteindre le niveau National dans les cinq ans. Relevant le défi, Christian Sarramagna et Manu Mérin (et son équipe) gravirent ensemble les échelons. L’objectif fut atteint en quatre ans !

NB : depuis l’an 2000, la section football bénéficia d’une structure indépendante vis-à-vis de l’Aviron Bayonnais Omnisports sous la forme d’une association dite Loi 1901, nommée «Aviron Bayonnais Football Club» (ABFC).

L'Épopée en Coupe de France et l'Accession au National (2003-2006)

Les deux hommes forts de l’Aviron Bayonnais réussirent donc leur pari puisque les «ciel et blanc» atteignirent le National à l’issue de l’extraordinaire saison 2003/2004 marquée par le titre de champion CFA et une nouvelle et formidable épopée en Coupe de France.

Pour sa première année en Championnat de France Amateur, évoluant dans le groupe Sud (groupe relevé avec la présence des réserves de clubs professionnels tels Monaco, Bastia, Toulouse et de clubs ambitieux comme Rodez, Toulon ou Aurillac), l’ABFC remporta de haute lutte, face au Sporting Club de Toulon, la récompense suprême avec, en corollaire, l’accession au championnat de National, autrement dit la Ligue 3. Pour ce dernier match de la saison à domicile, la fête fut magnifique à Didier Deschamps. Dans une ambiance de feu et dans un stade rempli comme un œuf, tout acquis à la cause des «txuri-urdin», Xabi Ipharaguerre inscrivit le but de la délivrance à une minute de la fin, but qui envoya son club au paradis.

Mais avant d’en arriver là, l’ABFC, comme en 1974, se distingua à nouveau en Coupe de France. En 64ème de finale, après un début laborieux dans la compétition, les joueurs allèrent chercher une qualification à Niort (2 à 1), pensionnaire de la Ligue 2. En 32ème de finale, l’ABFC élimina l’En Avant de Guingamp (Ligue 1), devant 8 000 spectateurs au stade Jean Dauger, après un suspense insoutenable et de multiples retournements de situation (4 à 4 après prolongations et 5 à 3 aux tirs au but). En 16ème de finale, l’ABFC élimina les Girondins de Bordeaux, sous une pluie battante, toujours au stade Jean Dauger et devant un public dépassant les 10 000 spectateurs, trempés jusqu’aux os mais donnant sans cesse de la voix. Sur ce terrain détrempé, à la limite du jouable, les joueurs écrivirent une des plus belles pages de l’histoire du club, en venant à bout des Bordelais dans l’ultime minute du match, grâce à un maître coup franc du «stratège maison», Frédéric Bernaleau. Cet évènement ne passa pas inaperçu car la rencontre était télévisée par la chaîne Eurosport. L’ABFC se fit ainsi connaître du grand public. La fête battit son plein jusque tard dans la nuit… Une journée supplémentaire des fêtes de Bayonne…

En 8ème de finale, l’ABFC rencontra le Paris Saint-Germain. Encore un grand match à Bayonne… Hélas, pour d’obscures raisons de sécurité, la FFF refusa au club de recevoir les Parisiens malgré les tentatives d’organiser la rencontre au stade d’Anoeta à Saint-Sébastien. Le match se joua au Parc des Princes. Accompagnés par un bon millier de supporters venus en train, en avion ou par la route, les «ciel et blanc» firent mieux que se défendre et s’inclinèrent 2 à 0 après un match héroïque. Une extraordinaire ambiance soutint les joueurs, du début à la fin. Ils laissèrent l’image d’une équipe enthousiaste, pleine de talents et ambitieuse. L’aventure s’arrêta là, non sans quelques regrets, surtout celui de n’avoir pas pu offrir au Pays Basque un nouveau spectacle de qualité.

Depuis cette saison extraordinaire, le club vécut pendant deux ans en National, un échelon où cohabitent des clubs professionnels et amateurs, l’antichambre du professionnalisme. L’ABFC rejoignit l’élite des 60 meilleurs clubs français, un événement au Pays Basque. L’engouement suscité par le parcours en Coupe de France et la montée amena un nouveau public à Didier Deschamps. Le groupe de supporters «Lapurdum» fut créé en 2004 par quelques inconditionnels du club. Ce furent environ 70 personnes qui adhérèrent la première année d’existence du groupe, n’hésitant pas à suivre le club lors de ses déplacements. De nouveaux partenaires vinrent gonfler les rangs des soutiens financiers nécessaires à ce niveau. La campagne d’abonnements battit son plein et le stade fut mis aux normes fédérales. Tout était prêt pour une nouvelle aventure.

Pour l’Histoire, le 1er match de National du club se déroula à Didier-Deschamps le 7 Août 2004 (c’était les fêtes de Bayonne) avec une affiche de gala : ABFC - Valenciennes FC. Ce jour là les bleus firent mieux que se défendre face à l’équipe du «druide» Daniel Leclercq qui fut quasi intouchable cette saison là et qui monta successivement en L2 puis en L1. Malgré leur volonté nos favoris s’inclinèrent 1-2… menés 0-2 les bleus offrirent une final à suspense à leurs supporters en revenant à 10mn de la fin grâce à un but du «gamin» Jérôme Lalanne. Il faudra attendre la 6ème journée et la réception de Besançon pour voir la 1ère victoire des Bleus dans ce championnat grâce à un doublé de Patrice Vareilles. Au fil des matchs de la saison 2004/2005, alternant le bon et le moins bon, le groupe fit tout ce qu’il pouvait pour assurer le maintien. Celui-ci fut acquis lors des ultimes journées.

Lors de cette 1ère saison en National il y eu également un match d’exception dont les supporters bayonnais parlent encore aujourd’hui. Il se déroula le 29 mars 2005 et eut pour cadre la 29ème journée du championnat. Ce n’était pas la plus belle affiche de la saison mais ce ABFC - Wasquehal a marqué les esprits par sa fin intense et son score fleuve, 5-4. Après avoir mené aisément 3-0, les hommes de C. Sarramagna perdirent le fil du match et se retrouvèrent devancés, 3-4 jusqu’à la 89ème où Pierre Aristouy égalisa. On aurait pu en rester là mais Pierre Talmont dans un ultime effort offrit à la 92ème la victoire sur une rageuse tête plongeante. Dernière anecdote concernant cette 1ère saison en National : David Lancien, grand artisan des montées successives, buteur décisif des saisons précédentes, se blessa gravement lors de la 1ère journée face à Valenciennes quelques minutes après être entré en jeu; il ne reprit la compétition que lors de l’ultime journée… à Valenciennes et c’est lui qui inscrivit le but du match nul à la 55ème (1-1), ultime but bayonnais de la saison, quelques minutes après être entré en jeu (51ème)! Clin d’œil du destin sans doute !

Descente et Reconstruction (2006-Aujourd'hui)

La saison suivante (malgré le bon début qui permit même de rêver à la Ligue 2, les Txuri Urdin étant 5ème à l’issue de la 12ème journée) fut une année sombre qui se termina malheureusement par une descente en CFA. Lassé pour des raisons qui lui sont propres, Christian Sarramagna décida de mettre un terme à sa fonction d’entraîneur dès janvier 2006. L’équipe fut alors reprise en mains par Henri Olazcuaga et Laurent Strelczack, abandonnant le terrain pour le banc. Manu Mérin décida, lui aussi, de prendre du recul, pris de plus en plus par ses affaires professionnelles. Toutes ces turbulences n’épargnèrent personne, mais il fallut pourtant attendre l’ultime journée et la 83ème minute, lors du déplacement à Cherbourg, pour que la descente soit effective. Ce fut une grosse déception au sein du club (joueurs, dirigeants, supporters), à peine atténuée par la montée en Division Honneur de l’équipe 2 qui participa, également, à la finale de la Coupe d’Aquitaine (avec une équipe comprenant dans ses rangs pas moins de six joueurs issus de la formation des U19), perdue après prolongations, contre les Genêts d’Anglet qui évoluaient en CFA.

Par ailleurs durant ces années, la formation, toujours présente, révéla Pantxi Sirieix (Auxerre et Toulouse) Jonathan Martins Pereira (Lens, Ajaccio, Nantes, Guingamp) et Stéphane Ruffier (Monaco et Saint-Étienne).

Alain Pochat a pris la succession de l'équipe première et après 2 saisons en CFA, l'équipe retrouve le championnat National en 2009 pour y évoluer toujours aujourd'hui, dans un championnat plus relevé que jamais, en compagnie de prestigieuses équipes comme Bastia, Guingamp, Strasbourg, Cannes, Amiens …. Par ailleurs, en terme de niveau et de hiérarchie, les résultats d'ensemble du club en font le 2ème meilleur club aquitain derrière les Girondins de Bordeaux.

Aujourd’hui, la section football vole de ses propres ailes, indépendante de l’Aviron Bayonnais Omnisports, club fondé en 1904.

L’ancien dirigeant des Chamois Niortais veut faire de l’Aviron Bayonnais FC (N3), qu’il préside depuis dix mois, le premier club français professionnel du Pays Basque. Un vaste projet, qu’il entend mener en plusieurs étapes et en équipe. A Bayonne, au stade Didier Deschamps.

L’ancien milieu de terrain professionnel (plus de 300 matchs de Ligue 2 à son actif et une centaine de matchs en D2 anglaise) n’est pas venu révolutionner le ballon rond à Bayonne. Il est venu structurer le club et lui donner une nouvelle orientation avec des objectifs précis. La deuxième étape, c’est de retrouver le National, un championnat que l’Aviron Bayonnais a fréquenté pendant 6 ans (2004 à 2006 puis 2008 à 2012) avant, troisième étape, d’aller voir encore plus haut, comme le Pau FC, pensionnaire de Ligue 2 depuis 2020, le grand club des Pyrénées-Atlantiques.

En novembre 2022, on a changé les statuts et crée la SAS. On a deux deux entités, la SAS, que je préside, et l’association, avec Lausséni (Sangaré) en co-président. Il va y avoir une augmentation de capital à la rentrée, la société va être constitué d’actionnaires locaux, comme on l’avait dit, parce que c’est un projet territorial. On souhaite faire entrer des acteurs du territoire afin de devenir le premier club français professionnel du Pays Basque. C’est ça le projet. Je sais, c’est un sacré pari, mais c’est notre ambition. Le foot, c’est toujours des paris et de l’ambition.

Déjà, ce serait bien d’imiter nos prédécesseurs, ceux qui ont permis à l’Aviron Bayonnais FC de monter deux fois en National. Ce n’est pas rien. Donc on va déjà essayer de réécrire cette page, avec l’ambition de rester en National puis de devenir professionnel. Je dis toujours que, sans ambition, sans projet, on ne construit rien. Ce projet humain est passionnant : ça va prendre du temps, de l’argent sera injecté mais ce n’est pas uniquement une question d’argent. Ici, c’est incroyable, il y a 1500 licenciés foot rien qu’à Bayonne, avec le club des Croisés. Nous, on est déjà pratiquement 800. Et dans le bassin, il y a la JAB (Biarritz), les Genêts d’Anglet, Saint-Jean-de-Luz, etc. Le territoire est vaste, riche.

Chacun doit garder son identité. Nous devons être des adversaires loyaux, disputer des derbys comme on le fait actuellement. On a voulu rapprocher les deux clubs de rugby, mais chacun a son histoire. Nous, on ne veut écraser personne. On veut juste devenir une locomotive. On veut être champion de notre poule cette année, forcément. On n’est pas sûr de réussir. Cela s’est fait par étape. On a pris le temps.

Le Pau FC peut être un exemple, un modèle, oui. Ils font un bon travail, ils ont bien avancé, ils se sont bien développés, ils ont un joli petit stade. Mais Pau, c’est le Béarn. Justement, c’est pour ça, on un bassin énorme. Vous savez que 19 % des abonnés à La Real Sociedad (le club de Saint-Sébastien, qui évolue en Liga espagnole, n’est qu’à 50 kilomètres) sont français ?! Il y a ou il y a eu beaucoup de clubs pros en Liga espagnole dans le pays basque (Osasuna Pampelune, Eibar, Athlétic Bilbao, Real Sociedad, Alavès…).

Avant de demander, il faut prouver. Le projet de l’Aviron Bayonnais est récent. La première étape, la saison passée, c’était le maintien en National 3. L’étape 2 est de finir champion de N3 et après, on verra ! Je n’ai aucun doute sur l’aide des collectivités, elle arrivera ensuite. Mais nous ne sommes qu’en N3 et on a un grand frère bienveillant, l’Aviron Bayonnais rugby, qui est un modèle en matière de développement, de partenariat, surement le meilleur à suivre.

Le foot reste le foot. Avec toute sa force. Rien ne peut le battre. Même en terre de rugby. Parce qu’il est le sport le plus populaire dans le monde et même dans le territoire basque, où il y a de la place pour tout le monde. Bien sûr, ici, on aime le rugby, mais aussi le foot ! Le meilleur exemple, pour moi, c’est Clermont-Ferrand. J’ai vu des matchs au stade Gabriel-Montpied, ils faisaient une moyenne de 2500 spectateurs en Ligue 2. Le foot n’existait pas en Auvergne. Personne ne voulait aller voir un match à Gabriel Montpied. Et puis Clermont Foot est monté en Ligue 1, avec Pascal Gastien comme coach et un investisseur suisse (Ahmet Schaefer), que j’ai eu l’occasion de rencontrer. Aujourd’hui, on ne parle plus que du Clermont Foot, le stade fait 15 000 spectateurs de moyenne, et pourtant Montferrand est toujours en Top 14.

On commence à se voir. C’est le début de l’histoire, il faut construire les choses, il faut prouver aussi qu’on est capable de faire du bon travail.

Des gens ont été surpris que je m’investisse ici, c’est vrai, mais l’Aviron, ce n’est pas n’importe quel club. Son potentiel est énorme. C’est un nom, une marque, un territoire.

En fait, quand j’ai vendu mes parts en 2020 aux Chamois Niortais, où j’étais actionnaire majoritaire, je ne me voyais pas couper du foot. Je le trouve dynamique. Je ressens tout de suite ça. Ici, quand vous parlez avec des partenaires, quand vous vous promenez en ville, c’est d’un dynamisme fou.

Ici, le territoire est énorme, six fois plus grand qu’à Niort, où c’est tranquille. La tranquillité, parfois, c’est bien pour bosser, mais pour passer des paliers et développer des choses, il faut du dynamisme et des gens à l’écoute de ce que vous leur expliquez. Et ici, c’est ce que je ressens. Il y a du relief, l’océan, du caractère. On sent qu’il y a de la force.

Hommage aux Anciens et à la Culture Bayonnaise

Plus d’un siècle d’histoire conservé dans des boîtes, des armoires, exposé sur les murs, ou dans des vitrines. Depuis quatre ans, Bernard Behoteguy se consacre entièrement à l’histoire de l’Aviron Bayonnais, dont il a fait partie, et que son père, son grand-père et ses oncles fréquentaient avant lui. Certains d’entre eux datent de 1904, année de la création du club, et appartiennent aux familles bayonnaises ayant accepté de prêter, ou de donner, leur collection privée au club, car comme le rappelle le secrétaire général : « les archives ne sont pas une collection personnelle, elles doivent être ouvertes à tous ! »

Face à l’ampleur du travail qui l’attendait, Bernard Behoteguy s’est fait aider par une bénévole des archives départementales, avec qui il a classé et digitalisé chaque archive, afin de garder une trace numérique de tous les objets qu’ils voyaient défiler. Le général à la retraite est formel. « Pour être un bon archiviste, il est essentiel de suivre une méthode particulière, et bien définie ». D’abord : « le recueil de l’archive », qui repose sur les dons des vieilles familles de la région. Ensuite, vient « l’identification », consistant à déterminer le contexte historique de l’objet, et les personnes concernées. Enfin, l’inventaire et la classification viennent en dernier : la discipline sportive, le lieu, l’année etc. sont alors consignés.

Le plus impressionnant est sans doute d’admirer ces objets, témoins d’une époque disparue, par soi-même. Les 118 ans d’histoire du club sont d’ailleurs perceptibles dès le couloir du premier étage de l’Aviron Omnisports, situé rue Harry Owen Roë, où des dizaines de photos des différentes équipes sont exposées de façon chronologique.

Vient ensuite la salle de réunion, où les vieilles affiches côtoient les fanions, où les trophées sont présentés à côté des articles de presse, et où les photos jaunies par le temps partagent la même étagère que la correspondance privée de Jean Dauger. Les archives dont Bernard Behoteguy est le plus fier ? Une lettre écrite par le plus célèbre rugbyman de l’Aviron Bayonnais en 1937, après son départ de Bayonne, adressée au président du club, ainsi qu’un exemplaire de « La Manière Bayonnaise, Football et Rugby », écrit par les frères Forgues, et dédicacé par l’équipe de rugby de 1913. Et il y a aussi les objets personnels, comme ce « bon pour trois crampons », destiné à Jean Behoteguy, le père du général, et joueur de pelote. « Aujourd’hui, on trouve des crampons sur Amazon que l’on se fait livrer le lendemain. À l’époque, les crampons se faisaient faire chez le cordonnier », sourit Bernard Behoteguy.

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