L'Association Valaisanne de Football : Une Histoire Riche et Complexe

Le football en Suisse, et particulièrement au sein de l'Association Valaisanne de Football, est bien plus qu'un simple sport ; c'est une passion qui transcende les générations. Des stades vibrants d'énergie aux frissons de chaque but, l'esprit combatif anime chaque match. L'histoire du football suisse est riche et complexe, marquée par des moments de gloire, des défis surmontés et une contribution significative à l'essor du football international.

Les Débuts Pionniers : La Naissance de l'ASF

L'histoire du football en Suisse prend son essor en 1895 avec la création de l'Association Suisse de Football (ASF-SFV). Cet événement marque une étape cruciale, plaçant la Suisse parmi les nations fondatrices de la FIFA, l'instance dirigeante internationale du football, établie en 1904. La confédération helvétique fut l’un des premiers pays du continent à avoir adopté le football. De nombreux jeunes britanniques venaient en effet poursuivre leurs études dans les établissements suisses et amenaient pour la plupart un ballon de football dans leurs bagages. C’est à Lausanne qu’est créé le premier club du continent européen, dès 1860. L’Association Suisse de Football (ASF) voit le jour en 1895 et un championnat national est créé dès 1898. Une sélection est montée dans la foulée, qui comprend de nombreux sujets britanniques. L’Association Suisse de Football (ASF) est l’organisation faîtière du football national. Créée en 1895, l’ASF fait également partie des membres fondateurs de la Fédération Internationale de Football Association (FIFA), et de l’Union des Associations européennes de Football (UEFA).

La Suisse, un Acteur Clé du Football International

La Suisse a toujours occupé une place de choix dans le paysage du football international. Preuve en est, les villes de Zürich et Nyon accueillent respectivement le siège de la FIFA et de l'UEFA, des centres névralgiques qui façonnent l'avenir du sport mondial. En 1954, la Suisse a eu l'honneur d'organiser la Coupe du Monde, atteignant les quarts de finale - un exploit mémorable qui résonne encore aujourd'hui. Créée en 1904, la Fédération internationale de football association (FIFA) a failli connaître un schisme quatre ans plus tard avec la fondation de l’Union internationale amateur de football association (UIAFA). Cet organisme concurrent est la conséquence de l’extension internationale de la querelle opposant en Angleterre la Football Association (FA) à l’Amateur Football Association (AFA). Même si la majorité des amateurs anglais restent fidèles à la FA, les dirigeants de l’Union des sociétés françaises de sports athlétiques (USFSA) décident de suivre les partisans anglais de l’amateurisme. Ce faisant, ils font sortir leur organisation de la FIFA et créent avec l’AFA l’UIAFA.

L'Équipe Nationale Suisse : Des Débuts Prometteurs à la Scène Internationale

L'équipe nationale suisse a fait ses débuts officiels le 12 février 1905 lors d'un match contre la France, marquant le début d'une aventure prometteuse. La sélection suisse a participé à 11 Coupes du Monde et 5 Championnats d'Europe, témoignant de sa présence constante sur la scène internationale. La France et la Suisse se sont rencontrées pour la première fois dans l’ancien Parc des Princes à Paris, le 12 février 1905. Il s’agissait du deuxième match de la sélection française, son premier à domicile. A l’issue de son premier match contre la Belgique en mai 1904, l’équipe de France a attendu neuf mois pour disputer une deuxième rencontre. En France, la rencontre revêt une importance particulière : au-delà du trophée mis en jeu par la SEFA, société d’Encouragement au Football Association, il s’agit du premier match de l’équipe de France à domicile. C’est le Parc des Princes qui a été choisi pour abriter cette rencontre. Inauguré en 1897, le vélodrome construit près du Bois de Boulogne était destiné à accueillir des manifestations cyclistes, mais il s’est ouvert au football-association et au football-rugby. D’ailleurs, ce 12 février 1905, les deux disciplines vont cohabiter. Les joueurs suisses sont arrivés en deux groupes séparés. Ceux provenant de la Suisse Romande débarquent dès le samedi matin par les voies du PLM, ceux de Suisse Centrale et orientale arrivent le lendemain, au matin du match, via la Compagnie des chemins de fer de l’Est. Toutes les rencontres de football-association qui devaient avoir lieu ce 12 février 1905 en région parisienne ont été annulées ou reportées, de façon à ce que les footballeurs parisiens puissent se rendre au Parc des Princes et voir évoluer les meilleurs d’entre eux. Le match de rugby se termine par la victoire (15-3) du Racing sur le Sporting. Le match de football peut commencer à l’heure, après que les poteaux de rugby aient été remplacés par des cages de football. Sur le terrain, les joueurs devront suivre les lignes blanches qui se superposent aux lignes rouges, lesquelles avaient été tracées pour le rugby. Sur le terrain, les joueurs devront suivre les lignes blanches qui se superposent aux lignes rouges, lesquelles avaient été tracées pour le rugby. L’arbitre annoncé est un anglais, John Lewis. Mais est-ce vraiment lui qui a arbitré ? L’article de L’Auto, le lendemain, précise que “Bedfort, en l’absence de l’arbitre anglais de Londres, prend le sifflet”. Le referee britannique serait-il en retard comme il le sera lors d’une future rencontre des Français ? Le dénommé Bedfort a-t-il assuré l’arbitrage durant toute la rencontre ? On assiste d’entrée à une opposition de style. Face au jeu posé des Suisses, les Français jouent avec ardeur sous les injonctions de leur capitaine Georges Garnier. Le vent poussant le ballon sur la gauche, les Français s’efforcent de jouer vers la droite où ils trouvent Louis Mesnier. Les Suisses démontrent une plus grande maîtrise collective et se procurent des occasions. Maurice Guichard, le gardien français, est mis à contribution face aux attaquants suisses dont il repousse les tentatives. Les Français parviennent aussi à se créer des occasions. Un centre de Wilkes est repris de la tête par Cyprès mais le ballon passe au-dessus de la cage d’Alfred Uster, le gardien suisse. En réaction, un tir de l’attaquant Hans Kämpfer oblige Guichard à un plongeon spectaculaire pour repousser le ballon du bout des doigts. En deuxième période, la sélection helvétique domine toujours, mais ce sont les Français qui vont ouvrir le score par Gaston Cyprès à l’heure de jeu. Le journal L’Auto du lendemain décrira ainsi son but : « Cyprès reçoit de Royer la balle que venait de passer Allemane ; Cyprès va droit vers le but suisse ; il feint un shoot, puis se ravise, et au moment où il va passer à Garnier, il s’aperçoit que le coin droit du but est libre. Cinq minutes plus tard, Cyprès parvient à nouveau à battre le gardien suisse, mais l’arbitre n’accorde pas le but, estimant que le joueur du Paris FC était hors-jeu. La Suisse tente de refaire son retard et se déploie pour éviter que l’histoire de sa sélection commence par une défaite. La France s’impose finalement 1-0. C’est la première victoire de son histoire. « Le football-association, sport méconnu par le grand public, vient de s’affirmer une fois de plus » écrit dès le lendemain l’ancien joueur du Stade Français Ernest Weber, devenu chroniqueur à L’Auto. Son compte-rendu s’étend sur une colonne et demie en page 3 du quotidien. Il n’y a aucune photo, sinon une caricature du capitaine suisse Eduard Garonne. “Ce résultat ne gâte pas le succès de la journée au contraire, peut-on lire par ailleurs. L’équipe de France sera réunie en mai pour une nouvelle expédition à Bruxelles qui se transformera en déroute, la Belgique l’emportant 7-0. En 1906, les mêmes Belges récidivent à Saint-Cloud en l’emportant 5-0. Une score bien doux à côté du 15-0 qu’infligeront les Anglais en novembre au Parc des Princes. Lorsqu’elle rencontrera de nouveau la Suisse, l’équipe de France se montrera souvent sous un meilleur jour.

La Pyramide du Football Suisse : Une Structure Complexe et Passionnante

La pyramide du football suisse est un système complexe composé de neuf niveaux, offrant une structure compétitive diversifiée. Au sommet se trouve la Swiss Super League, fondée en 1897, qui rassemble aujourd'hui 12 équipes (depuis la saison 2023-24) et constitue la ligue de première division. La Swiss Football League représente le sommet du football professionnel en Suisse. Elle est composée principalement de deux divisions : la Super League et la Challenge League. Chaque saison, les résultats et classement des clubs sont suivis de près, alimentés par les traditionnelles rivalités entre équipes. Le suspense jusqu’à la dernière journée garantit aux fans des moments intenses.

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La Swiss Cup : Un Tremplin vers l'Europe

La Swiss Cup est une compétition nationale importante, offrant au vainqueur une place en phase finale de l'UEFA Europa Conference League. Cette coupe représente une opportunité pour les clubs suisses de se mesurer à des équipes européennes et de gagner en visibilité. Un autre chapitre clé du football suisse est incontestablement la Coupe de Suisse. Cette compétition rassemble clubs amateurs et professionnels, offrant des rencontres qui captivent et surprennent toutes sortes de supporteurs. À travers les années, la Coupe de Suisse a révélé bien des surprises : des outsiders manifestant toute l’étendue de leur talent lors de rencontres où ils sont donnés perdants. De tels exploits renforcent la beauté imprévisible de ce tournoi, raffermissant l’engouement national pour le beau jeu. Nombreux sont les clubs entrés dans la légende en remportant la Coupe.

Le Football Féminin : Une Ascendance Fulgurante

Le football féminin en Suisse connaît une croissance remarquable, avec un championnat divisé en six niveaux. Le football féminin, autrefois dans l’ombre, gagne enfin la reconnaissance méritée en Suisse. Soutenu activement par l’association suisse de football, ce secteur connaît une expansion sans précédent grâce à des efforts continus de professionnalisation et de médiatisation. Des championnats sérieusement organisés, élément fort de cet essor fulgurant, offrent aux joueuses la chance de se hisser au niveau international. Des joueuses talentueuses telles que Ramona Bachmann ou Lia Wälti incarnent brillamment cet élan. La popularité croissante de ces figures emblématiques accompagne celle du football féminin tout entier. Cette saison aura lieu la 50e finale de la Coupe féminine.

L'Euro 2025 et le projet Legacy

Alors que l’engouement autour de l’Euro 2025 en Suisse se manifeste à travers de grandes scènes de liesse partout en Europe, un projet d’envergure se dessine en coulisses. Le Legacy, porté par l’Association suisse de football, vise à inscrire durablement l’héritage du football féminin suisse bien au-delà de cet événement. C’est une opportunité unique, le plus grand tournoi organisé en Suisse depuis 1954. L’UEFA a changé les critères de candidature pour 2029, rendant improbable l’organisation d’un tournoi d’une telle ampleur en Suisse à l’avenir.

Le projet Legacy a été présenté il y a un an, marquant un tournant important avec l’accent mis sur la stratégie de développement du football féminin. L’objectif est d’engager le dialogue avec l’ensemble des acteurs du paysage footballistique en Suisse, en leur communiquant les objectifs suffisamment tôt. Ce projet est considéré comme un « billet en or » pour ouvrir les portes nécessaires et initier les dialogues clés.

La stratégie de développement du football féminin repose sur trois piliers : le football amateur, le football d’élite et l’impact social du football en dehors des terrains. Concernant le football amateur, l’ambition est de doubler le nombre de licenciées entre début 2024 et fin 2027, passant de 40 000 à 80 000 joueuses. Pour le football d’élite, l’accent est mis sur la visibilité et l’engagement du public, avec l’objectif de doubler le nombre de suiveurs de l’Axa Women’s super league. Le dernier pilier concerne l’impact social du football, visant à augmenter la présence des femmes dans les postes à responsabilité dans le foot.

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Des formations spécifiquement destinées aux femmes ont été lancées, avec des résultats significatifs : entre 2024 et 2025, autant d’entraîneuses ont été formées qu’au cours des sept années précédentes. Le projet de développement du football féminin bénéficie d’une subvention publique de quinze millions de francs suisses, provenant de la Confédération, répartie en trois volets : transports publics pour les matches, communication nationale et campagnes marketing, et cofinancement par l’Association suisse de football. Une part significative de ce budget est versée aux associations régionales, afin qu’elles puissent mettre en œuvre leurs propres stratégies d’héritage à l’échelle locale.

L’ASF est l’acteur qui est là pour soutenir tout le monde : les clubs de l’Axa Women’s super league ou les associations régionales. L’objectif est d’assumer la gestion de cette vague, en se positionnant clairement en tant que pilote national de cette transition.

Une initiative inédite a été lancée pour former des speakerines pour l’ensemble des matchs de l’Euro, avec l’objectif de faire de l’Euro 2025 le premier grand tournoi féminin animé exclusivement par des voix féminines. Cette formation débouche sur la délivrance d’un diplôme officiel de l’ASF. Sara Dubler, une des speakerines de l’Euro, a expliqué vouloir inspirer à sa manière d’autres personnes à s’engager dans le sport.

Clubs Suisses sur la Scène Européenne

Les clubs suisses participent régulièrement aux compétitions européennes, contribuant à la réputation du football suisse. Grâce au classement UEFA, la Suisse se hisse actuellement à la 14e place, témoignant de la compétitivité de ses clubs. L’impact du football suisse ne serait pas ce qu’il est sans ses clubs historiques. Le FC Bâle, le Grasshopper Club Zürich et les Young Boys de Berne comptent parmi les noms incontournables de la scène nationale. Leur histoire, jalonnée de réussites et parfois de désillusions, est riche en enseignements pour tout amateur du ballon rond. Ces clubs ont souvent brillé sur la scène internationale en Ligue des Champions et en Ligue Europa, augmentant ainsi la visibilité du championnat de Suisse.

Les Stades Suisses : Sanctuaires du Football

Les stades suisses sont de véritables sanctuaires pour les passionnés de football, offrant des infrastructures modernes capables d'accueillir des milliers de spectateurs.

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Défis et Opportunités du Football Suisse

Bien que le football suisse connaisse un succès notable, des défis persistent quant à la pérennité de son développement. Mais avec chaque défi naît également une opportunité : accroître la visibilité à l’international, intensifier la formation des jeunes talents, diversifier l'implication régulière du public via les événements sportifs majeurs ainsi que les plateformes numériques. Pour davantage et un meilleur football !

Jacky Fatton : Une Légende du Football Suisse

Son petit gabarit ne l'a pas empêché de devenir l'un des plus grands buteurs de l'histoire du football helvétique. Transcendant, omniprésent sur le terrain, "Jacky" redevenait humble, proche et attachant lorsqu’il en sortait. Cette simplicité naissait aussi un vrai charisme. Celui qui vient du fond de l’être et qui ne trompe pas. Les supporters, et particulièrement celui des Charmilles, ne s’y est jamais trompé. Un temps où tout le public genevois avait les yeux de Chimène pour le Servette. Toutes classes sociales confondues, chacun vivait le football à sa manière. Né à Hexincourt en France en 1925, le jeune bambin débute sa carrière à l'âge de 18 ans au Servette Genève. Avec le club suisse, il remporte trois titres de champion, une coupe nationale et termine meilleur buteur du championnat trois fois (1949, 1950 et 1962). International Suisse à 53 reprises entre 1946 et 1955, il avait marqué les esprits lors de la Coupe du Monde 1950 au Brésil. À São Paulo, il avait permis aux Helvètes de tenir en échec le Brésil sur son terrain (2-2), grâce à un doublé signé Jacky Fatton. Il avait également participé à l’épopée suisse quatre ans après avec une ligne d’attaque qui comprenait Roger Vonlanthen, Robert Ballaman et Geni Meier. À domicile, les hôtes avaient alors atteint les quarts de finales de l’épreuve reine, défaits par l’Autriche 7 buts à 5 alors qu’ils menaient 3 pions à 0 après dix-neuf minutes de jeu seulement! Juste après la compétition, il rejoint l’Olympique Lyonnais pour trois saisons. En 1957, l'enfant prodige retourne dans son club de toujours, le Servette, et s'offre deux nouveaux championnats sous la férule de Jean Snella en 1961 et 1962. Le club a d’ailleurs rendu son plus bel hommage, lorsque le stade mythique du Servette a fermé définitivement ses portes. En lui réservant une formidable ovation, que Jacky a vécu avec émotion et animé de son éternelle modestie. Le bilan de cet attaquant né, en fin de carrière, est très impressionnant: 274 buts en ligue nationale suisse et 33 en Division 1 française.

Les Débuts du Football Féminin en Suisse

Au début, la pratique de ce sport par les femmes n’était pas appréciée partout. Aucune des associations nationales d’Amérique du Sud n’en voulait. Le Paraguay l’avait même totalement interdite. À ce défaut, qui entachait la réputation de l’ASF, s’ajoutait une menace interne, représentée par l’Association romande de football féminin (ARFF), officiellement constituée le 29 novembre 1969, à l’issue d’un championnat qu’elle avait organisé seule et sans appui. Forte de cette expérience, l’ARFF prévoyait de créer une licence pour les joueuses et de les assurer contre les accidents et l’invalidité. Elle avait aussi constituée une sélection pour répondre à des propositions de rencontres internationales. Des contacts avaient également été établis avec des équipes suisses alémaniques pour créer une coupe de suisse. L’ASF ne pouvait laisser faire, d’autant moins qu’on s’acheminait vers deux importantes votations populaires: l’encouragement au sport par la Confédération, y compris à l’école et pour les filles (27.09.70) et l’octroi du droit de vote aux femmes au niveau fédéral (7.02.71). Son comité central décida donc à l’unanimité d’accepter le football féminin dans sa séance du 21 mars. Il s’engagea aussi dès ce moment-là à organiser le prochain championnat féminin suisse. Il lança même sans attendre un tour final pour l’octroi du titre 1969 entre les quatre meilleures équipes de Suisse, soit Sion-Valère et Yverdon du côté romand, Sparta Zurich et Lucerne du côté alémanique. Les deux événements avaient être précédés d’une rencontre à Lausanne le 31 mars entre le comité de l’ARFF, les délégués des équipes romandes et des représentants du comité central de l’ASF. Cette première réunion fut suivie d’une seconde le 28 avril. Les deux débouchèrent sur la création officielle d’un département féminin au sein de l’ASF et sur la constitution d’un comité qui fut chargé «d’organiser l’ensemble du football féminin en Suisse». Cet organe était présidé par Pierre Stuby, de Lausanne, épaulé par quatre personnes: Georgette Morisod, d’Yverdon, et Jean Boll, de Granges (VS) côté romand; Heidi Widmer, d’Aarau, et Franz Moser, de Zurich, côté alémanique. Le nouveau comité semble avoir chapeauté dorénavant le tour final du championnat inofficiel de 1969, qui se déroula entre avril et juin 1970 et fut remporté par le FC Sion-Valère avec 14 points remportés en 6 matchs. Il lança aussi parallèlement la compétition suivante, organisée d’emblée cette fois au niveau suisse, entre dix équipes divisées en deux groupes. Du côté romand, la nouvelle équipe de Sainte-Croix, qui avait disputé un de ses premiers matchs le 12 avril, avait rejoint celles de La Chaux-de-Fonds, Boudry, Yverdon et Sion. Cette dernière équipe gagna facilement ses quatre matchs en marquant 21 buts et en n’en recevant que 3. Les journaux ne semblent pas avoir publié les derniers matchs et le classement final du “championnat” romand. On ne connaît pas non plus précisément la composition du groupe alémanique, probablement formé des Damenfussballclub (DFC) de Zurich, Aarau (AG), Lucerne, Young Fellows(ZH) et Winterthour (ZH). Faute de suivi dans la presse, on ignore aussi qui termina à sa tête et s’il y eut une sorte de finale entre la formation alémanique victorieuse et celle de Sion. On sait seulement que le 19 avril eut lieu une rencontre amicale entre Zurich et Aarau, en vue du prochain championnat. On sait aussi que Lucerne et Young Fellows (anciennement Sparta Zurich) participèrent aux côtés de Sion et Zurich au premier tournoi féminin international de football organisé en Suisse les 9 et 10 mai à Zurich. C’est dans ces circonstances que la télévision commença à s’intéresser au football féminin. Celle de la Suisse romande y consacra une première émission, réalisée par Bernard Vité et Henri Lacombe. Diffusée le 27 juin dans le cadre de “Caméra Sport” et à une heure de grande écoute (20 heures 20), elle démontra combien l’opinion publique était encore opposée à la pratique de ce sport par les femmes. La troisième tâche à laquelle s’attela le comité de ce que l’on appelle dorénavant la Ligue féminine suisse de football (LFSF) fut de mettre sur pied la première sélection nationale pour participer au championnat du monde en Italie. Jacques Gaillard, entraîneur de Sion-Valère, prit en main l’équipe de Suisse et l’accompagna en Italie avec Franz Moser. La sélection helvétique comprenait 16 joueuses, dont 10 Romandes, parmi lesquelles 7 Valaisannes. Elle faisait partie du groupe I, qui comprenait aussi l’Italie, le Mexique et l’Autriche, alors que le deuxième était formé de l’Angleterre, de l’Allemagne, du Danemark et de la Tchécoslovaquie. Le comité de la Ligue féminine suisse commença à préparer le prochain championnat suisse peu après la fin du Mundial et la retransmission d’une rencontre entre l’Italie et la France à la télévision. À la fin juillet, il constatait que 17 équipes s’étaient inscrites mais qu’aucune ne provenait des cantons de Bâle, Berne, Fribourg et Soleure. Il lança donc un appel, notamment pour compléter le groupe de Suisse centrale. Son invitation fut entendue et plusieurs équipes se constituèrent alors, la plupart de manière indépendante et quelques-unes, à l’instar de Schaffhouse, Seebach et Sion, en tant que sections féminines de clubs. On remarque dans cette liste la prédominance du canton de Zurich, avec 4 équipes, suivi de celui de Vaud (3), St-Gall, Soleure et Neuchâtel (2). Le championnat commença le 6 septembre, en suivant le règlement des juniors. On prévoyait deux rondes de rencontres entre chacune des équipes de chaque groupe et une poule finale au printemps suivant, entre les trois ou les six premières de chaque section. On avait renoncé, pour le moment, au contrôle de genre! La durée des matchs avait donc été fixée à 35 minutes par mi-temps et le ballon utilisée devait être de grosseur 4. Avant même le début de la compétition, un rédacteur du journal Le Jura prétendait s’être «déplacé hors des frontières jurassiennes afin de suivre, en spectateur, un match officiel de la ligue féminine». Ironisant «quelque peu», il avouait d’abord que le «spectacle» l’avait «laissé complètement indifférent». Mais, de manière un peu contradictoire, il ajoutait aussitôt que son «esprit s’est révolté à la vue des différentes scènes qui se sont succédé durant les septante minutes de ce match». Le journaliste estimait que sa réaction n’avait rien à voir avec une «mysogynie» ou un «racisme du sexe» dont on pourrait l’accuser. Pour lui, il était simplement inconcevable que «la Femme s’adonne à la pratique de certains sports qui requièrent des qualités primordiales de puissance, de force et de virilité». Estimant que la féminité s’en trouvait dégradée, bafouée même, le journaliste considérait que ce sexe devait s’abstenir non seulement de jouer au football, mais aussi de courir le demi-fond, de lancer le boulet et même de pédaler, entre autre. Il se disait, en revanche, conquis et ravi par les exhibitions des gymnastes ou les figures «envoûtantes et ensorcelantes» des patineuses, expressions du charme, de l’élégance et de la «grâce innée» de la Femme. Comme d’autres avant lui, il dénonçait donc certains «pionniers qui, par goût de l’extravagance, ou au nom de l’originalité et de la nouveauté» continueront à lancer «la Femme dans une voie qui va à l’encontre de sa nature propre». Il concluait en affirmant que la libération et la promotion de la Femme lui tenaient à cœur, de même que «l’épanouissement de son être physique et moral», pour autant qu’on lui conserve sa dignité.

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