L'ASON Volley-Ball, club emblématique d'Orange, incarne une histoire riche et complexe, marquée par une ambition sportive constante, un engagement social profond et, malheureusement, des difficultés financières qui ont failli lui coûter son existence. Cet article explore les différentes facettes de ce club, de ses racines ancrées dans la citoyenneté à ses aspirations nationales, en passant par ses défis économiques et ses efforts pour maintenir son rôle social.
Une Tradition de Citoyenneté par le Sport
Depuis sa création en 1964, l'ASON a été guidée par une philosophie fondamentale : le sport est une composante essentielle de la citoyenneté, et inversement. Maurice Purpan, fondateur du club et dont le nom a été donné au gymnase de Fourchevieille, a insufflé cette vision dès le départ. Son fils, Manuel Purpan, actuel président, perpétue cette longue tradition. Pour Manuel Purpan, l'ASON est constituée d'une partie visible, les performances sportives, et d'une autre, plus immergée, mais tout aussi importante : son implication dans la vie sociale de la communauté orangeaise.
Maurice Purpan a créé avec son fils un monstre de compétition insatiable de victoire.
Ascension Sportive et Ambitions Nationales
Au fil des décennies, l'ASON s'est affirmée comme un adversaire redoutable, gravissant les échelons du championnat national. De 1995 à 2012, le club a connu une ascension fulgurante, passant du niveau départemental aux 20 meilleures équipes nationales. Pendant quatre ans, l'équipe première est même passée professionnelle, terminant dans le top 10 des championnats nationaux.
Manuel Purpan ambitionnait de voir l'équipe atteindre le top 5 en fin de saison et accéder à la Ligue A, l'élite du volley-ball français. Actuellement en Ligue B (l'équivalent de la Ligue 2 au football), l'ASON a réalisé des performances qui honorent la ville d'Orange, rivalisant avec des clubs prestigieux comme Paris, Lille ou Cambrai.
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L'Engagement Social : Une Mission d'Insertion
L'ASON ne se limite pas à la compétition sportive. Le club est profondément impliqué dans le tissu social de la cité des princes. Comme le souligne Manuel Purpan, l'ASON s'est imposé une mission d'insertion sociale dans le quartier de Fourchevieille, où il est historiquement implanté, avec le soutien de la mairie.
Les joueurs et les animateurs du club interviennent dans sept écoles de la ville, promouvant le volley-ball et ses valeurs auprès des jeunes. Jonathan Stanicki, animateur, souligne que l'image du club a évolué au fil du temps. Les équipes, toutes catégories confondues, sont aujourd'hui composées à parts égales de jeunes issus des Zones d'Éducation Prioritaires (ZEP) et d'autres quartiers de la ville.
L'ASON a également connu des succès sportifs notables au niveau des jeunes, avec l'équipe de benjamins atteignant la finale des championnats de France à Lens en 2011.
Démêlés Financiers et Relégation
Malheureusement, l'histoire de l'ASON est également marquée par des difficultés financières. La mairie d'Orange a réduit sa subvention, contraignant le club à fermer sa section professionnelle et à repartir en championnat amateur, en Nationale 2.
La dette cumulée du club s'élevait à 180 000 euros auprès des caisses de retraite et des créanciers de la Yéti Cup, un tournoi de volley mal organisé à Orange. Luigino Cortese, le président de l'ASON, a confirmé que la mairie ne souhaitait plus avoir d'équipe professionnelle, ce qui a conduit à la relégation en division inférieure.
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Cortese a regretté les errements financiers passés, imputant les difficultés du club à ses prédécesseurs et au fiasco de la Yéti Cup, qui ont motivé la mairie à réduire la subvention de 450 000 à 250 000 euros.
Espoir de Remontée et Maintien de la Mission Sociale
Malgré ces difficultés, l'espoir de revenir en Ligue B demeure. Luigino Cortese a souligné que l'ASON conservait sa mission sociale au cœur de Fourchevieille. Il a exprimé sa conviction que le club était capable de redresser la barre et de se maintenir en Ligue B, tout en regrettant la décision de la mairie.
Le club compte profiter de cette période en Nationale 2 pour asseoir sa structure amateur et se mettre en capacité de monter si la mairie partage à nouveau le projet.
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