L'Ascension et l'Héritage de l'Angers Noyant Handball Club

L'histoire du handball à Angers est intimement liée à celle du club d'Angers Noyant, dont les racines plongent dans le terreau fertile de Noyant-la-Gravoyère. Bien avant le retour du SCO Handball en Deuxième Division en 2020, l'aventure a commencé dans ce village, au cœur des années 1970.

Les Débuts Modestes à Noyant-la-Gravoyère

Le Club Sportif Noyantais a vu le jour le 29 octobre 1971. Enfant d'instituteurs, le CS Noyantais aborde sa première saison sportive en 1972, au plus bas échelon départemental. Rien ne destinait ce jeune club à un avenir glorieux. Les entraînements se déroulaient en plein air, dans une ambiance conviviale. Jean-Marie Coulon, l’ancien président, se souvient : « On jouait les matchs même sous la pluie. La balle était glissante, parfois le match se finissait par 4-3. »

Encadrés par les instits et profs de gym du coin, les gamins affluèrent au centre du vélodrome de Noyant-la-Gravoyère où se déroulaient entraînements et matches, quelles que soient les conditions météo. Petit à petit les bénévoles furent de plus en plus nombreux, pour la plupart des parents, bientôt rejoints par les oncles, les tantes, les amis et les voisins !

La passion et l'engagement étaient les moteurs de cette équipe. L’ambiance était incroyable, le public de plus en plus nombreux et le 4 avril 1987, devant 600 spectateurs entassés salle Léo-Lagrange, le CS Noyant - Bel-Air gagnait son accession à la Nationale 2 contre Draveil, sur le score époustouflant de 20 à 9 lors de la dernière journée de championnat ! Toutes les équipes jeunes évoluaient en régional. Les Dimanches étaient de véritables jours de fête : match de l’équipe féminine à 15h00 puis match de l’équipe Masculine à 17h00, devant une assistance très nombreuse. Il n’était pas rare de voir 700 personnes dans cette salle de sport.

L'Épopée en Nationale 2 et la Fusion

Ce furent les belles années d’apprentissage en Nationale 2 de 1988 à 1993, avec la déception de rater par deux fois les barrages d’accession à la N1B. Second à l’issue du championnat 1988-89, Angers-Noyant échouait contre Finances (Massy).

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L’Assemblée générale constitutive d’Angers-Noyant se tenait le 31 mai 1988. Angers-Noyant disputera ses premiers matches à Belle-Beille, salle Jacques-Millot. Noyant, orphelin de son équipe masculine, envoyait à l’époque un car de supporters tous les quinze jours à Angers.

À l’aube de la saison 1990-91, un jeune Yonnais signait sa première licence à Angers-Noyant pour y écrire ses plus belles pages. Laurent Sorin, car c’est bien lui, deviendra en effet par la suite une figure incontournable d’Angers-Noyant, tout comme Francis Serex, nouveau président noyangevin en 1991. La fidélité des deux hommes au club des bords de Maine sera pour beaucoup dans sa glorieuse saga.

Après cinq saisons en Nationale 2, Angers-Noyant, alors cinquième de la poule 1, va bénéficier de la refonte des poules au niveau fédéral pour se retrouver en Nationale 1.

L'Ascension vers l'Élite

Angers-Noyant continuait de gravir les échelons. Angers-Noyant terminait son premier exercice en D2 (1996-97) à une belle sixième place, puis Laurent Sorin prenait le poste d’entraîneur dès la saison 1997-98, enchaînant sans relâche ses cours d’éducation physique au Lycée Blaise-Pascal de Segré avec les entraînements d’Angers-Noyant. Sans gros moyens financiers, mais avec une formidable équipe de bénévoles et une inflexible ligne de conduite tracée par le président Serex, le club allait pas à pas s’inviter parmi l’élite française et son championnat de première division.

« Nous nous attachons à constituer un groupe solidaire et performant en restant fidèles à notre politique de formation et notre rigueur en matière de gestion » déclarait à l’époque le président noyangevin. Un leitmotiv qui permettra au club de « sortir », entre autres joueurs, quelques pépites. D’abord le Noyantais Bertrand Roiné, qui fit carrière à Angers-Noyant (1998-2004), Dunkerque et Chambéry, puis devint Champion du Monde avec l’équipe de France en 2013 et finaliste du Mondial 2015 avec l’équipe du Qatar. Mais surtout Cédric Sorhaindo (2001-2004), actuel capitaine de l’équipe de France, pivot du Barça, quadruple Champion du Monde (2009, 2011, 2015, 2017), double Champion d’Europe (2010 et 2014), Champion Olympique (2012) et vainqueur de la Ligue des Champions (2011). Une fierté pour Angers-Noyant !

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Comme celle d’avoir intégré l’élite en 2000, après quatre saisons de structuration et de progression en D2 sous la houlette du duo Serex - Sorin. Certes, Angers-Noyant rata le titre de champion de France de D2 pour avoir concédé le nul lors de l’ultime match à Jean-Bouin face à Villepinte, mais la fête fut mémorable avec les 3000 spectateurs qui s’étaient déplacés pour l’événement.

L'Apogée en Division 1

Le 8 octobre 2000, Angers-Noyant a vécu un moment historique en accueillant Montpellier en D1. L’aube de six saisons d’élite est aussi l’apogée d’un groupe construit depuis plusieurs années. Une bande de joueurs menée par un jeune entraîneur, Laurent Sorin, qui fut le coéquipier de plusieurs d’entre eux jusqu’en 1997. Une troupe assez indéfinissable, atypique, solide, vivante, acharnée. Habitée. Ce jour-là, Montpellier s’impose 26-23, sans jamais être tranquille face à ce furieux promu. Être impressionné n’était pas dans notre ADN, dit simplement Sorin. Recevoir le grand Montpellier, c’était un rêve. Peut-être parce qu’ils venaient presque tous de nulle part. C’est Jean-René Ragon qui le dit, le capitaine. On a poussé une trappe au-dessus de nous pour voir la D1, que personne n’avait connue au club, du président aux joueurs, hormis Gherbi qu’on a recruté cet été-là, un joueur de grande classe, dit Sorin.

Les Turbulences et la Renaissance

Angers-Noyant tient le choc, jusqu’en 2006. Retour en D2. Puis vient 2008 et la fin du mandat de président de Francis Sérex, lancé en 1991 et remplacé par Christophe Maniable. Angers-Noyant rétrograde encore jusqu’en N1, après deux saisons de D2 qui l’ont vu croiser le fer avec… le H.

Arrivé lors de la saison 2007-2008, Christophe Maniable reprend le club en main. Angers Noyant obtient son accession à la D2 en devenant Champions de France de Nationale 1 en 2008-2009. Cette accession en D2 fut acquise de haute lutte en matches de barrage aller et retour contre Ajaccio. Le premier match avait lieu à Jean-Bouin, théâtre des exploits noyangevins depuis 1995. Les acteurs se souviennent de cette première rencontre qu’ils ont dominée de 9 buts avant de céder du terrain et de partir en Corse avec un tout petit matelas de 3 buts (27-24). Le match retour promettait d’être chaud dans le chaudron ajaccien. Il le fut ! Souvent menés (12-10, 30′, 20-15, 45′) mais jamais vraiment décrochés, les Noyangevins faisaient de la résistance grâce à un Carnet impérial dans les buts, 7 buts de Marcel Mazure et 5 de Laurent Coustier. Au bout du bout, ils s’inclinaient 25-24 mais décrochaient l’accession au bénéfice des 3 buts d’écart du match aller.

À l’issue de la saison 2010-2011, l’entraîneur Denis Tristant a quitté ses fonctions d’entraineur et est devenu entraineur de la sélection congolaise masculine de handball. Son successeur se nomme David Peneau.

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Angers-Noyant, lui, retrouve rapidement la D2, dans laquelle il survit pendant sept ans, grâce à plusieurs repêchages, notamment, avant la retombée en Nationale 1 en 2017.

Cette saison 2014-2015 marque un virage pour le club d’Angers Noyant, soucieux de faire évoluer la situation après des saisons difficiles.

L'Ère Angers SCO Handball

Un an plus tard, Angers-Noyant devient Angers-SCO Handball. Le début d’une nouvelle histoire, loin du H, de ses titres en Coupe de France (2017), en Coupe de la Ligue (2015) et de sa finale de Ligue des champions, en 2018.

Cette création a été motivée par la situation financière très critique d’Angers-Noyant en fin de saison 2017-2018 et du constat fait par les deux hommes : « Aujourd’hui, le modèle associatif ne permet plus d’être ambitieux. De fait, le championnat français s’est hissé au sommet de l’Europe, dans le sillage d’une équipe nationale qui truste les titres européens, olympiques et mondiaux. Désireux de développer encore plus la marque Sco, Saïd Chabanne s’est donc employé à convaincre Christophe Maniable de reprendre les rênes du club de hand dans une structure nouvelle : une société par actions simplifiée (SAS). « J’ai vite fait le parallèle avec mon arrivée au Sco football. Le handball avait aussi connu la première division dans les années 2000. C’est donc sur ces bases qu’est né Angers Sco Handball, dont Angers Sco association a en charge toute la partie amateur. Saïd Chabanne et Christophe Maniable ne veulent pas brûler les étapes : « on a du travail à faire avant de développer nos ambitions. Malgré les difficultés de ces dernières saisons, l’héritage est glorieux.

Au terme d'une belle saison, l'Angers SCO Handball a acquis sportivement sa place en LNH. Cela faisait quatre ans qu'on avait perdu de vue Angers, après plusieurs années en deuxième division. Les voilà de retour en Proligue à partir de la saison prochaine, grâce à une histoire récente riche et de belles opportunités. Et si le club se structure sérieusement pour passer au professionnalisme, le sportif suit également. L'entraîneur Guillaume Dupin, assisté depuis cette saison par l'ancienne gloire du handball tunisien Issam Tej, a conclu l'exercice avec une belle 3ème place.

Cette saison, malgré une entame de championnat de N1 difficile, avec deux défaites inaugurales à Rennes puis face à Vernouillet, la machine s'est lancée par une victoire de prestige à Vernon, en 3ème journée (26-31). "On avait énormément changé l'effectif à l'intersaison, presque les deux tiers, contextualise l'entraîneur Guillaume Dupin. On avait besoin de temps pour bosser sur le projet et améliorer les relations. Mais malgré ces difficultés, on a réussi une belle prestation collective à Vernon qui a lancé notre saison, et notre série de 10 victoires." Car en effet, à partir de là, Angers impressionne. Entre le 15 septembre et le 15 février, les Mainoligériens ne connaîtront qu'une seule fois la défaite, dans un duel de haut vol à Gonfreville lors de la 10ème journée (34-32). "La confiance qu'on a eu nous a permis de gagner des matchs qu'on aurait pu perdre. On avait réussi à gagner contre les 3 VAP à l'extérieur et le dernier a domicile, se satisfait le coach. Il n'y a que le faux-pas à Gonfreville qui nous empêchait d'être devant." Mais la reprise après la trêve hivernale n'est pas celle espérée. En 5 rencontres, seulement 2 courtes victoires face à Rennes et Pau. "On a rapidement su que Vernon n'était plus dans la bataille, et on se retrouvait alors avec 7 points d'avance sur le 3ème VAP, Caen. Le groupe a commencé à calculer alors qu'il fallait prendre les matchs les uns après les autres. On a dû faire une réunion car on allait se mettre en danger, mais on a ensuite bien réagi avec une très belle victoire à Pau. C'était un match d'hommes, une victoire importante pour nous. A partir de là, il nous manquait 2 victoires sur les 7 matchs qui restaient.

4ème attaque, 4ème défense, la formation de Guillaume Dupin a su s'illustrer des deux côtés du terrain. Le duo d'entraîneurs se satisfait d'une défense "réellement de qualité et impactante sur l'homme", permettant aux gardiens de s'illustrer, Maxence Rizzi terminant 3ème meilleur gardien du championnat (131 arrêts). Du travail reste néanmoins à réaliser sur la gestion des pivots, qui leur ont causé certains tourments cette saison. De l'autre côté du terrain, l'entraîneur observe que "les matchs les plus performants qu'on a fait sont ceux où on a maîtrisé le rythme." Et en effet, le jeu rapide a été d'une frappante efficacité, avec bien sûr, en fer de lance, l'ailier droit grec Grigorios Ioannou, meilleur buteur du championnat (92 buts). Quant à l'attaque placée, "on a manqué de shoots de loin, déplore Guillaume Dupin, mais on a été très cohérents sur notre plan d'isoler les défenseurs et jouer des les duels. Ce plan de jeu, plutôt très bien réalisé sur le terrain, a été porté et construit par un binôme nouveau. Si Guillaume Dupin est au club depuis 2014 et termine sa 3ème saison à la tête de l'équipe première, il a été secondé cette année par Issam Tej. "Ça s'est très bien passé, il a vraiment apporté ce que j'attendais de lui. Il a su mettre une grande animation et nous rentrer dans les matchs, par sa générosité et son entrain naturel : il est toujours à 2000 à l'heure ! Sa volonté de gagner, son irrespect de la défaite, il nous a aidé à devenir une équipe qui gagne, et des joueurs qui gagnent. Un duo dont se satisfait également le président Christophe Maniable : "On va dire qu'ils se sont bien trouvés.

Si Angers peut à nouveau prétendre à rejoindre l'antichambre de l'élite, c'est grâce à une histoire récente pleine de rebondissements, qui a permis au club de trouver sa voie et se structurer sainement. Christophe Maniable en est un des principaux acteurs. Président d'Angers Noyant depuis 2006, il se retire de la direction en 2016, suite à certains désaccords concernant l'avenir du club. Sous la présidence suivante, le club observe d'importants déséquilibres entre dépenses et recettes, créant une dette de plusieurs dizaines de milliers d'euros, ce qui le conduit à renoncer à l'accession en Proligue en 2018. "Mais j'étais forcément resté en lien avec le club, on efface pas 8 ans comme ça, explique le président. D'une discussion avec Said Chabanne, président du club de football du SCO, naît l'idée d'un projet parallèle au foot pour le handball. Deux clubs différents, autonomes, mais sous la même marque. "A l'époque on part de pas grand-chose, il y avait des cadavres dans tous les placards et il a fallu se mouiller financièrement pour relancer l'association. Prenant exemple sur son "grand frère du foot", le club angevin cherche à se structurer sans brûler les étapes, et construire quelque chose de solide. Le président aime également préciser que, si la marque SCO apporte beaucoup en termes d'image, et donc d'attractivité pour les sponsors ou joueurs, les structures foot et handball sont indépendantes. "Je ne suis pas là pour manger l'argent du foot. Le hand dépense à hauteur de ce qu'il peut générer." Et si la prospection de partenaires privés est compliquée avec les conséquences de la crise sanitaire, Maniable est conscient de l'importance des partenaires privés. "On sait très bien qu'il est impossible d'accéder au niveau supérieur sans aide de la municipalité, mais notre travail c'est de faire en sorte que son quota soit moins important dans la totalité de notre budget en trouvant des investisseurs, explique-t-il.

Le Projet d'Avenir

Pour l'année prochaine, le club a dans un premier temps acté une vague de 6 départs, dont le capitaine et pivot Gillen Lusson. Les dirigeants ont ensuite officialisé la prolongation de l'entraîneur, jusqu'en 2023. "3 ans ça peut être long pour un entraîneur, mais je le connais bien depuis plusieurs années et ça ne me fait pas peur de l'emmener, explique Christophe Maniable. L'entraîneur est garant d'un système d'organisation et de fonctionnement. Du côté du terrain, malgré les 6 départs, le coach assure que "le but n'est pas de chambouler toute la structuration et la base de l'équipe. Car la cohésion du groupe est certainement la chose la plus importante d'un sport collectif, et il faut qu'on réussisse à transmettre aux nouveaux la cohésion qu'on est parvenus à avoir cette année." Ce à quoi le président ajoute qu'il faut "conserver l'âme de cette équipe. Après, comme dans tout effectif, il y a des ajustements à faire, des déçus, d'autres qui vont intégrer le collectif, …

Le club a d'ores et déjà officialisé les noms des deux premiers nouveaux d'un effectif "dont les contours sont dessinés à 95%", d'après les mots du président. L'arrière gauche croate Josip Grbavac (1,89m, 25 ans), passé notamment par Izvidac (Bosnie) où il a disputé la Ligue SEHA. "Un bon shooteur de loin, capable de défendre et performant dans les relations avec le pivot et l'ailier gauche" souligne son futur coach. L'autre recrue est macédonienne, en la personne du solide et jeune pivot Kristjan Anastasovski (1,85m, 98kg, 23 ans). Formé au Vardar Skopje, il est annoncé par Dupin comme un futur Andrea Parisini, ex-angevin élu meilleure révélation de cette saison de Starligue. La formation des jeunes sera aussi au cœur du projet. "C'est l'ADN du club de transformer les jeunes, résume Dupin. La première impulsion a été le changement de nom, et l'adoption de la marque SCO. "On ne veut pas faire du St Cyr ou du Aurillac, la structuration du club se fait marche par marche. Ce qui m'intéresse aujourd'hui c'est de se pérenniser en Proligue. L'étape suivante sera le déménagement dans de nouvelles infrastructures, construites en lieu et place de l'ancienne patinoire de la ville. Prévu pour septembre 2022, le lieu est aménagé pour le club et accueillera les bureaux, les équipements de musculation et d'entraînement et, bien entendu, une salle de match (1 200 places). En bref, un lieu de vie. "Mon seul regret est que ça soit pour dans deux ans, nous dit Christophe Maniable.

Rivalités et Ambitions Régionales

Handball. Les deux meilleurs clubs de la Région, aujourd’hui séparés par deux divisions, n’ont jamais brillé en même temps sur la scène nationale. L’histoire a commencé à Noyant-la-Gravoyère, petit village, niché dans les hauteurs de l’Anjou, berceau du handball de haut niveau dans le Maine-et-Loire. C’était avant 1988 et la création d’Angers-Noyant par un jeu de fusion qui a permis de faire rayonner le handball du « 49 » au-delà de ses frontières. Au point de voir migrer le siège du comité régional de handball, historiquement installé à Nantes, vers Segré en 1981, accompagné de son Pôle Espoir et d’une équipe dirigeante quasi exclusivement composée de personnalités du Maine-et-Loire.

De Marie-José Autrique, la présidente, à Francis Sérex, le trésorier, également vice-président du club omnisports de Segré et bien servi par des collectivités qui octroient des locaux gratuits. Les meilleurs jeunes de la région, par le biais du Pôle, rejoignent Angers. Pendant ce temps, la frange nantaise de l’instance est minée par les luttes intestines. Les clubs du « 44 », eux, se livrent « une guerre de clochers », raconte Gaël Pelletier, président du HBC Nantes depuis 2008, déjà présent au club dans ces années 80. « Personne ne voulait s’allier et, d’ailleurs, personne ne s’est allié. Il fallait qu’un projet émerge. En proie à des difficultés financières, le HBC Nantes change d’équipe dirigeante en 1997-1998 et annonce : « Dans dix ans, nous serons en D1 », livre Pelletier. « Nous avons lancé une démarche structurante, pour améliorer chaque partie du club, tout en regardant ce qui se faisait de bien ailleurs. » Sans avoir à observer bien loin. Angers-Noyant est alors bien installé en Division 2. Et accède à l’élite en 2000, surfant sur la vague d’un handball français en plein essor, champion du monde en 1995 et bientôt, une deuxième fois, en 2001. « C’est ce que le HBC Nantes a longtemps eu du mal à comprendre : si Angers-Noyant montait, ça ne pouvait que les stimuler », retrace Francis Sérex. Angers est devenue une place forte du hand dans l’Hexagone. Le HBC Nantes a lui largué les amarres en N1, qu’il fréquente durant cinq ans. Stabilisé, dans l’anonymat du troisième échelon, il mûrit ses nouvelles ambitions. « On ne voulait pas passer les étapes sans créer les conditions de la réussite », explique Gaël Pelletier, par ailleurs directeur d’un EPHAD dans la périphérie nantaise. « Surtout qu’à l’époque, le handball était très dépendant des collectivités. « Je me rappelle des négociations serrées avec M. Antonini (alors maire d’Angers) et M. Rotureau », se souvient Francis Sérex, en souffrance à l’heure de combler les caisses par des partenariats privés. « Nantes à cet énorme avantage de posséder un bassin d’entreprises beaucoup plus important », poursuit l’ex-dirigeant, qui voyait aussi les pépites de sa formation filer les unes après les autres. D’Iles à Annonay, en passant par Sorhaindo ou encore Roiné. « Il y avait la proximité de Paris, et pour certains, c’était un rêve d’y jouer et d’y vivre », raconte Sérex. « On les remplaçait par des jeunes joueurs de notre formation, ou en devenir, mais on n’avait pas les moyens de recruter des éléments confirmés capables de nous faire passer un cap.

Noyangevins et Nantais se croisent en Coupe de France, en 2011 (23-32). La greffe avec le SCO entrouvre la porte à des retrouvailles, un jour, sur la scène de la Starligue. Mais le chemin sera long. « On voit à Nîmes et Montpellier, par exemple, qu’il est possible d’avoir deux villes voisines au plus haut niveau », remarque Francis Sérex. « Ce serait très profitable aux deux clubs si cela se produisait », estime Gaël Pelletier. « Les derbys sont très mobilisateurs, médiatiquement et au niveau populaire. Les accessions sont sans doute plus compliquées aujourd’hui, mais Angers ne part pas de rien.

L'Héritage de Francis Sérex et la Continuité

Après 17 années aux commandes d'Angers-Noyant, qu'il a notamment vu accéder à la D1 sous son impulsion, Francis Sérex a passé la présidence du club noyangevin à Christophe Maniable. Un moment empreint d'une forte émotion. Passation de pouvoir. Comme il l'avait annoncé en mai dernier, Francis Serex a quitté la présidence d'Angers-Noyant. Après 17 années à ce poste, la chose ne s'est pas faite sans une très vive émotion. Devant une bonne centaine d'adhérents, Francis Serex n'a pu retenir ses larmes au moment de retracer l'histoire du club. Trop de souvenirs forts, comme ceux partagés avec Alain Campe à la création du club sur Angers, trop de moments inoubliables comme cette liesse lors de l'accession à la D1. Et surtout de très touchants hommages de la part de son « fils spirituel, » Laurent Sorin, ancien joueur, capitaine puis entraîneur de la D1, et d'Alain Guichard, vice-président d'Angers-Noyant.« Je suis fier du bila,n devait-il déclarer, mais ce dont je suis le plus fier, c'est d'avoir travaillé avec vous, car c'est vous qui avez fait Angers-Noyant. » Il s'adressait en même temps à tous les bénévoles du club en leur certifiant que « la force d'Angers-Noyant réside dans votre engagement à tous ! » Toujours membre du conseil d'administration, Francis Serex a été nommé président d'honneur du club.

Un projet sur 4 ans Mais assurément, une page de l'histoire d'Angers-Noyant s'est tournée hier à Jean-Bouin. Christophe Maniable et sa nouvelle équipe vont devoir en écrire une autre, au moins aussi belle. C'est en tout cas l'ambition du projet 2008-2012 présenté hier par le nouveau patron du club des bords de Maine qui annonce tout de go « un retour en D1 dans les quatre ans, et si possible dans les deux ans qui viennent. » Et l'homme, en bon chef d'entreprise, n'est pas du genre rêveur. « Nous voulons mettre du dynamisme partout. Nous allons rencontrer tous les joueurs mercredi soir pour savoir s'ils sont prêts à adhérer au projet. Je sais qu'il a rencontré un écho favorable auprès de certains joueurs cadres. Aux autres de nous dire s'ils veulent y entrer ou pas, sachant que ce sera la première question au moment du renouvellement des contrats et du futur recrutement. Nous allons être très clairs avec eux par rapport à ça. Notre projet pour demain est désormais en marche. Un maintien en D2 nous fera gagner du temps, mais si par malheur nous devions descendre, il ne serait pas du tout remis en cause. » Reste la question des moyens financiers, car pour la première fois la France est devenue première nation du handball mondial compte tenu de ses résultats à tous les niveaux, et les salaires des joueurs ont tendance à être en phase avec cette reconnaissance. « Nous avons de grosses ambitions, il y faudra donc de gros moyens, admet Christophe Maniable. C'est pourquoi nous allons redévelopper le partenariat, d'abord en nous servant de nos réseaux professionnels, ensuite en retrouvant une belle image du club en terme de résultats pour pouvoir trouver une oreille attentive auprès d'autres partenaires potentiels. »

Défis Verts et Engagement Communautaire

La nouvelle équipe d'Angers-Noyant lance une première opération qui devrait ravir. « Le Défi vert » consiste à acheter un tee-shirt vert à 5 €. Ce tee-shirt servira de ticket d'entrée au match de dimanche face à Aix, mais également aux quatre matches à domicile qui suivront contre Besançon, Dijon, Massy et Billère.

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