L'ancien stade du LOU Rugby: Une histoire lyonnaise

À la fin des années 1980, les Lyonnais pouvaient passer leur dimanche après-midi au stade Vuillermet, situé à la jonction de Lyon et de Vénissieux, pour assister à deux matchs pour le prix d'un. De la tribune, ils pouvaient voir le LOU rugby, alors en groupe B, et sur le terrain annexe, les féminines du FC Lyon, l'ancêtre de l'OL féminin. Le LOU était autrefois un géant local endormi, éclipsé par l'OL et l'Asvel, le club le plus titré de l'agglomération.

Les premières années de gloire et l'exil

À Lyon, les amateurs de sport se pressaient à Gerland et cours Émile-Zola à Villeurbanne, dans la Maison des sports enfumée les soirs de matches européens. Vuillermet était un exil, loin de la passion. Dans un contexte lyonnais qui laissait de la place à tous, de l'Asvel-Rugby au XIII de Lyon-Villeurbanne, le LOU première époque a connu deux moments de gloire : le titre de champion de France en 1932 et 1933, mené par son capitaine Vincent Graule, et l'arrivée du demi de mêlée des All Blacks, Chris Laidlaw, qui l'a fait remonter en Première Division en 1970. Laidlaw avait été mis en contact avec le club par le restaurateur Gérard Astic, qui tenait « Chez Rose ».

Le LOU aujourd'hui : Un empire en expansion

Aujourd'hui, le LOU est un club de Top 14 qui occupe Gerland et étend son influence sur les terrains environnants. C'est une histoire entrepreneuriale et d'influences, une histoire à la lyonnaise, qui a longtemps opposé Jean-Michel Aulas, le président de l'OL, et Olivier Ginon, le patron du LOU.

Tensions et rivalités : Une histoire à la lyonnaise

Les tensions entre Aulas et Ginon ont commencé lorsque Ginon a souhaité réaliser un projet proche de celui de l'OL, en partant d'un stade existant que l'OL avait en vain essayé de transformer. Gérard Collomb, alors maire de Lyon, avait accordé au patron du LOU des conditions extrêmement favorables, avec un bail emphytéotique de soixante ans, et la possibilité de construire tout autour du stade. Aulas estimait que c'était un projet concurrent et très inspiré du sien. Finalement, les deux hommes ont trouvé un accord amiable, grâce à leur avocat commun, qui stipulait que Ginon ne devait pas organiser de concerts de plus de 20 000 personnes.

Autour du stade de Gerland, six SCI ont été montées pour construire, avec la bénédiction municipale, un autre empire que celui qui a vu le jour à Décines. Cependant, le club ne possède qu'une part infime de ces SCI, de l'ordre de 1 %. Olivier Ginon penserait désormais à prendre le contrôle du palais des sports de Gerland.

Lire aussi: Évolution du poste de talonneur en France

Le retour à Gerland et l'engouement populaire

Depuis que le LOU occupe Gerland, de vieux supporters lyonnais reviennent fréquenter le bout de l'avenue Jean-Jaurès, pour le plaisir de monter les marches historiques du stade sous les voûtes de Tony Garnier. Alors que l'ancien site du stade Vuillermet est envahi par la végétation, Gerland reste un quartier animé en fin de semaine.

Yves Billet, qui suit le LOU pour le Progrès depuis 35 ans, observe que le LOU a su se constituer un vrai public, avec une moyenne de 15 à 16 000 spectateurs, et que c'est sans doute le club où l'avant-match et l'après-match sont les plus festifs. Beaucoup d'étudiants viennent à Gerland après les matches.

Le Matmut Stadium de Gerland : Un stade chargé d'histoire

Le stade de Gerland, renommé Matmut Stadium Gerland en 2017, est la seconde enceinte sportive de l'agglomération lyonnaise, derrière celle de l'Olympique Lyonnais. Il est situé dans le 7e arrondissement, dans le quartier de Gerland. Œuvre de l'architecte lyonnais Tony Garnier, le stade de Gerland a été mis en chantier en 1913.

De la conception à la réalisation : Un projet ambitieux

L'idée était de terminer le stade pour l'Exposition internationale de 1914, mais le délai était trop court. Une première phase a été proposée avec quelques pistes, une tribune et des vestiaires. La Première Guerre mondiale a interrompu les travaux, qui ont repris en 1919, avec l'aide de prisonniers de guerre allemands. L'enceinte est finalement opérationnelle en 1920. La piscine olympique en surélévation, avec son plongeoir de 10 m, a été construite en 1929, bien que prévue par Tony Garnier dans son projet initial de 1913.

L'évolution du stade : Adaptations et transformations

L'Olympique lyonnais a été le club résident du stade de 1950 à 2015. Le Lyon olympique universitaire évoluait avant cette date au stade des Iris à Villeurbanne. Ne disposant pas de tribunes couvertes à son inauguration, le stade a connu des vagues d'aménagements successifs. La piste cycliste qui ceinture le terrain de football a été sacrifiée dès la fin des années 1960 afin d'augmenter la capacité d'accueil, dépassant alors la barre des 50 000 places, soit 51 860 places en 1984 pour accueillir des matchs du Championnat d'Europe de football.

Lire aussi: Anciens Joueurs de l'Équipe de France : Un Regard Rétrospectif

Afin de recevoir la Coupe du monde de football en 1998, le stade a subi de nombreux changements. Les deux virages ont été démolis, à l'exception du mur d'enceinte composé d'arcades, et reconstruits. Désormais couverts, ils sont beaucoup plus proches du terrain que les anciens, mais ont également perdu en capacité. Les tribunes latérales ont vu leurs sièges entièrement changés : les anciens bancs en bois ont été remplacés par des places individuelles. La capacité du stade a ainsi été réduite à 43 051 places.

Pendant l'été 2005, la tribune Jean-Bouin a été dotée de loges afin d'attirer de nouveaux partenaires à l'Olympique lyonnais. Le stade a perdu quelques places à la suite de cette modification. Le 5 décembre 2015, le stade de Gerland a fermé ses portes au Championnat de France de football, sur une défaite 2 buts à 0 contre Angers SCO, pour laisser place au Parc Olympique lyonnais. L'OL évolue dans cette nouvelle enceinte depuis le 9 janvier 2016.

Le LOU Rugby à Gerland : Un nouveau chapitre

Après le départ de l'Olympique lyonnais, le stade de Gerland est devenu un stade de rugby avec le LOU Rugby qui y a élu domicile en 2017, après avoir rejoint l'élite du Top 14. Le stade a été renommé Matmut Stadium Gerland et une réduction de la configuration d'accueil des spectateurs (capacité ramenée à 35 029 places) a été menée entre mai et août 2017. Ce chantier s'est traduit par la création de nouveaux gradins dans les tribunes latérales Jean-Jaurès et Jean-Bouin.

Gerland : Un lieu d'événements majeurs

En 2003, le stade de Gerland a été l'un des hôtes de la Coupe des confédérations. En 1999, la finale du Challenge européen (la deuxième compétition européenne de clubs de rugby à XV) a opposé l'ASM Clermont Auvergne et Bourgoin-Jallieu devant 31 896 spectateurs.

Les origines du LOU Rugby et son évolution

Le LOU Rugby, section rugby du club omnisport du Lyon Olympique Universitaire, trouve ses origines en 1896, à l’initiative de quelques étudiants du Lycée Ampère à Lyon, qui fondèrent deux équipes : le Racing Club de Vaise et le Rugby Club de Lyon. En 1898, le Racing Club de Vaise et le Rugby Club de Lyon fusionnèrent, donnant naissance au Racing Club de Lyon. En 1902, le jeune club lyonnais fait évoluer son nom pour la troisième fois, devenant le Lyon Olympique. En 1910, le club est renommé Lyon Olympique Universitaire.

Lire aussi: Histoire du rugby français

Les premiers terrains et le stade des Iris

Le LOU s’installera pendant plusieurs années au Stade des Iris, à Villeurbanne, avant de revenir au Stade Vuillermet dans les années cinquante. En 1900, le Racing Club de Lyon fête l’inauguration du Stade de la route d’Heyrieux, qui n’est autre que l’actuel Stade Vuillermet.

Les titres de champion de France et l'arrivée de Chris Laidlaw

L'histoire sportive du LOU Rugby est notamment marquée par deux titres de Champion de France consécutifs : en 1932 et en 1933. Le club fera malgré tout parler de lui lors de la saison 1971/1972 grâce à l'arrivée de Chris Laidlaw, 1/2 de mêlée et capitaine des All Blacks. C'est tout simplement le premier joueur néo-zélandais à rejoindre le championnat de France !

L'ascension vers le professionnalisme

Le LOU Rugby refera surface à la fin des années 80 et au début des années 90, en seconde division, avec deux titres remportés (1989, 1992). En 2002, le LOU Rugby, qui évolue toujours au Stade Vuillermet, devient Champion de France de Fédérale 1 et accède pour la première fois au Championnat de France de PRO D2. Lors de la saison 2007/2008, les lyonnais atteignent la phase finale du championnat, s'inclinant malheureusement aux portes de la finale face à Mont-de-Marsan.

L'accession au TOP 14 et le déménagement au Matmut Stadium

En 2011, le LOU Rugby évolue désormais en TOP 14 pour la première fois de sa jeune histoire professionnelle. Cette première saison parmi l’Elite (2011/2012) sera marquée par un changement de stade : fini le Stade Vuillermet, place au Matmut Stadium, à Vénissieux, inauguré le 19 novembre 2011 contre Toulon. De retour en PRO D2 en 2012, le LOU reste ambitieux, en témoigne les arrivées conjuguées de Sébastien CHABAL et de Lionel NALLET.

Le LOU Rugby aujourd'hui : Une équipe de premier plan

S’appuyant notamment sur l’arrivée de l’international français Frédéric MICHALAK, les saisons qui suivront cette remontée seront celles de toutes les « premières » pour le LOU en TOP 14. Cette période sera aussi marquée par la migration du LOU au Stade de Gerland, rebaptisé Matmut Stadium de Gerland.

Le stade des Iris : Un lieu oublié de la mémoire collective

Le stade des Iris, situé à Villeurbanne, a été l'épicentre de la vie sportive lyonnaise entre 1908 et 1974. Il a vu se dérouler de nombreuses rencontres sportives internationales, spécialement le rugby, et a eu pendant un temps un rayonnement à l'international. Il a aussi été le berceau de deux illustres clubs lyonnais, le LOU et l'OL. Aujourd'hui, ce lieu est anonyme dans la trame urbaine et n'est plus un stade de rugby.

Un patrimoine fragilisé

C'est un patrimoine fragilisé, rien n'indique sa présence face au parc de la Commune de Paris et au centre social. Il semble qu'il n'y ait plus de gradins. Ce n'est plus un lieu de rencontre, où les gens s'arrêtent et où des évènements sportifs ont lieu.

Identité visuelle du LOU Rugby : Le loup comme symbole

Au niveau de l’identité visuelle, deux couleurs chères aux supporters sont adoptées : le rouge et le noir. En 1908, c’est donc le nom d’aujourd’hui qui est adopté, avec le Lyon Olympique Universitaire. Celui qui prononce le LOU, sonne comme l’animal de la meute. C’est pourquoi le LOU Rugby va utiliser un loup comme symbole.

tags: #ancien #stade #lou #rugby