Mourad Boudjellal, figure marquante du rugby français, est surtout connu pour avoir présidé le Rugby Club Toulonnais (RCT) de 2006 à 2020. Son passage à la tête du club varois a été marqué par une ambition démesurée, des recrutements de stars internationales et une série de succès sans précédent dans l'histoire du RCT. Cependant, après avoir quitté le monde du rugby, Boudjellal semble vouloir tourner la page et se consacrer à de nouveaux horizons.
Ascension du RCT sous l'ère Boudjellal
En mai 2006, Mourad Boudjellal rachète Toulon alors que le club est en Pro D2. Boudjellal investit massivement dans le recrutement de joueurs de renom, tels que Tana Umaga, Yann Delaigue et George Gregan. Après deux saisons de recrutements XXL, le club de la rade retrouve l’élite du rugby français. La suite est une période faste pour le RCT, avec notamment la résurrection de Jonny Wilkinson et un triplé historique en Coupe d’Europe (2013, 2014, 2015). Avec le RCT, Mourad Boudjellal a particulièrement brillé. Il a notamment remporté trois fois la Coupe d’Europe, consécutivement (2013, 2014 et 2015).
Fin de l'aventure toulonnaise et nouveaux horizons
Alors qu’il a quitté Mayol en 2020, Mourad Boudjellal est logiquement toujours associé au club toulonnais et plus largement au rugby français. En février 2020, il cède son poste de président du RCT à Bernard Lemaître, qui était devenu l’actionnaire majoritaire du club depuis le 3 décembre 2019 et qui en a pris le contrôle quasi total (99 %).
Mais Boudjellal n'en veut plus : "Ça m’oblige à suivre l’actu' du rugby. Je n’en ai plus envie et j’en ai marre que les gens m’associent au rugby" a-t-il lâché à Var Matin. Mourad Boudjellal va en effet arrêter sa chronique hebdomadaire "Mourad de Toulon" réalisée pour le site web Rugbyrama. "Je suis bien dans l’édition et vous ne me verrez plus jamais dans le sport" a confié au quotidien local celui qui a lancé le label "Oxymore" l’an dernier chez Gallimard.
Tentatives de diversification dans le football
Après son départ du RCT, Mourad Boudjellal a tenté de se diversifier dans le monde du football. Il s’était posé officiellement en candidat à la reprise du SC Toulon, qui évolue en championnat National de football (3e division). Mais les discussions avec le président et actionnaire majoritaire du club, Claude Joye, ont été compliquées, notamment sur la future gouvernance du club.
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En 2021, il rachète Hyères 83 FC avec l’ambition de faire monter le club en ligue 2, en nommant notamment Nicolas Anelka comme directeur sportif. Depuis quelques saisons, il est l’actionnaire majoritaire d’Hyères (N2), mais plus pour longtemps. Mourad Boudjellal va bientôt quitter le monde du sport. Il doit, d’abord, terminer sa mission au sein de l’équipe de football d’Hyères (N2), où il est l’actionnaire majoritaire. Mourad Boudjellal avait de fortes ambitions avec le club de football varois. Son dernier défi sportif au sein du club de foot de Hyères s’est soldé par un échec.
Intérêt pour l'Olympique de Marseille (OM)
Parallèlement à ses projets dans le football varois, Mourad Boudjellal a également manifesté son intérêt pour l'Olympique de Marseille (OM). Mourad Boudjellal a déclaré, vendredi 26 juin sur RMC, avoir déposé un projet de rachat sur le club phocéen avec l’aide de fonds en provenance du Moyen-Orient. Il a déclaré être « porteur d’une offre de fonds étatiques et privés du Moyen-Orient » et « portés par un homme d’affaires franco-tunisien qui est très important », mais dont il n’a pas voulu dévoiler l’identité. Il avait affiché, depuis des mois, ses visées sur le Sporting Club de Toulon, le club de football toulonnais. Mais, aujourd’hui, c’est sur l’Olympique de Marseille (OM) que son intérêt s’est déplacé.
Il n’a pas voulu dévoiler l’identité de cet homme d’affaires « pour l’instant car une banque privée a été mandatée pour faire une offre de rachat à M. McCourt », l’actuel propriétaire, américain, de l’OM. Celle-ci doit être formulée « la semaine prochaine », a précisé plus tard dans la journée M. Boudjellal. Vendredi, M. Boudjellal a déclaré qu’il ne pourrait « pas tenir [s]es engagements avec le Sporting Club de Toulon » si ladite offre, « était acceptée par Frank McCourt », le propriétaire du club olympien.
Retour aux sources : l'édition et la bande dessinée
L’homme qui a longtemps été dans le monde de l’édition dans la BD va prochainement revenir à son premier amour. Une époque révolue pour le fondateur des éditions Soleil qui a décidé de revenir à son premier amour : la bande dessinée. "Je me régale […] j’ai le plaisir de faire des bouquins qui marchent. Je ne pensais pas reprendre autant de plaisir", raconte le Varois. Mourad Boudjellal semble donc vouloir se consacrer pleinement à sa carrière dans l'édition et la bande dessinée, un domaine où il a déjà connu le succès par le passé.
Franc-parler et polémiques
Si Mourad Boudjellal est devenu au fil des années aussi iconique, c’est aussi pour son franc-parler. Rappelez-vous sa fameuse déclaration "sodomie arbitrale" après une défaite au stade Marcel-Michelin de Clermont (25-19, le 8 janvier 2012). Il était loin d’être un président discret et aimait avoir les projecteurs braqués sur lui.
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Réflexions sur la santé des joueurs et les commotions
Sur LCI ce vendredi, Mourad Boudjellal revient sur les confidences de Sébastien Chabal, ancien international français, qui a expliqué n'avoir "aucun souvenir" de ses matchs. Si la prise en charge des chocs à la tête a évolué, celui qui a présidé le RC Toulon de 2007 à 2020 reconnait que "tous les clubs ont parfois fait des conneries". "Tous les clubs ont parfois fait des conneries par rapport à la santé des joueurs", a regretté Mourad Boudjellal ce vendredi sur LCI. "Il y a une première époque où effectivement, on va dire la vérité, quand un joueur avait une commotion, on allait voir un neurologue et on essayait de faire en sorte qu'il lui signe son bon pour pouvoir jouer, parce qu'on avait besoin du joueur", confit celui a présidé le RCT, Rugby club toulonnais, entre 2006 et 2020. Aujourd'hui, les clubs n'ont plus la main
Depuis 2022, lors d'un choc à la tête, l'arbitre ordonne la mise en place d'un "protocole commotion", qui éloigne le joueur du terrain le temps de déterminer si l'impact est suffisamment significatif pour causer des dommages. Le joueur est ensuite suivi durant plusieurs jours pour vérifier qu'il ne souffre pas d'une commotion."Aujourd'hui, les clubs n'ont plus la main. La Ligue a pris la main à travers le médecin de match qui, lui, n'hésite pas une seconde et qui fait passer en priorité la sécurité du joueur", explique Mourad Boudjellal.
Affaire Melvyn Jaminet et désintérêt du club
Les réactions continuent ! L’affaire Melvyn Jaminet prend de l’ampleur depuis dimanche soir dans le rugby français. Après le RCT et La FFR dimanche, c’est la LNR qui a pris la parole ce lundi pour condamner les propos tenus par l’international français dans une vidéo publiée par erreur sur internet. Le numéro 15 du RCT y dit vouloir donner « un coup de casque » au premier arabe qu'il croise dans la rue.
Mourad Boudjellal, l'ancien président de Toulon (2006-2020), estime que Melvyn Jaminet a le droit de rejouer, mais pas en équipe de France. « Je ne vote pas Éric Zemmour, donc je me serais séparé de Jaminet. Notamment pour l'image du club. Maintenant que le RCT a décidé de le garder, je n'ai rien contre son retour à la compétition. On ne va pas lui mettre perpète. Il a le droit de rejouer. Il a purgé sa peine. Même s'il a fait connerie sur connerie en prenant par exemple un avocat (Me Carlo Alberto Brusa) qui fait des émissions avec Dieudonné. C'est une bêtise. En revanche, cette histoire m'a amené un désintérêt du club. Il y aura un avant et un après Jaminet. Ses propos sont inacceptables, et ça confirme ce que je pensais de cette direction… Jaminet n'a plus le droit à l'erreur. Mais ce qui est affligeant, c'est que si demain il traverse le terrain, on lui pardonnera tout.
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