Les confrontations entre l'Afrique du Sud et les Fidji dans le monde du rugby ont toujours été synonymes de passion, de puissance et de moments mémorables. Ces deux nations, bien que géographiquement éloignées, partagent un amour profond pour ce sport, donnant lieu à des rencontres épiques sur le terrain. Cet article explore l'historique de ces confrontations, en mettant en lumière les moments clés et les dynamiques qui les caractérisent.
Une victoire rassurante de l'Afrique du Sud en 2011
Le samedi 17 septembre 2011, l'Afrique du Sud a dominé les Fidji avec une victoire autoritaire de 49-3 (mi-temps: 21-3) dans la poule D de la Coupe du monde de rugby. Après une entrée en matière victorieuse mais décevante face aux Gallois le week-end précédent, les Sud-Africains ont affiché un jeu plus offensif dès les premières secondes de la rencontre.
Le match, disputé sur un rythme effréné, a vu les deux formations se rendre coup pour coup. François Steyn a ouvert le score avec une pénalité de plus de 55 mètres, mais les Fidjiens ont mis à mal les Springboks grâce à un jeu rapide, fait de percussions au près et de jeu au large. Cependant, la défense sud-africaine, notamment grâce à une défense inversée efficace, a préservé son en-but. Le centre fidjien Seramaia Bai a égalisé avec une pénalité.
Les Sud-Africains ont répondu au défi proposé par leurs adversaires et ont attaqué les 22 mètres fidjiens. Les Fidjiens ont résisté, mais le pilier Gurthrö Steenkamp a finalement percuté et aplati, donnant l'avantage à l'Afrique du Sud (10-3).
Depuis 2007 et le quart de finale très serré entre les deux équipes lors de la dernière Coupe du monde, les champions du monde en titre sud-africains se méfiaient de ces Fidjiens imprévisibles et ont décidé de faire la différence rapidement. Sur une chandelle, les Fidjiens ont commis une erreur, Du Plessis a récupéré le ballon et a chargé. Le ballon a été rapidement éjecté vers Jaque Fourie, qui a donné un avantage conséquent à l'Afrique du Sud. Les Boks ont continué à presser dans l'axe, et Morne Steyn a ajouté trois points. Le score à la pause était de 21-3.
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En début de seconde mi-temps, après une nouvelle période de domination, François Steyn a aplati après un coup de pied à suivre de Heinrich Brussow (28-3). Les Sud-Africains ont étouffé les Fidjiens en défense, ont joué debout et ont montré une technique qu'on ne leur prêtait guère auparavant, comme la passe après contact de Schalke Burger pour l'essai de Morne Steyn, synonyme de bonus offensif pour les Boks. Les Fidjiens ont accusé le coup, et François Steyn en a profité pour accélérer de nouveau et offrir à Tendai Mtawarira un essai entre les poteaux. Un dernier essai en force de Danie Rossouw a rappelé que les champions du monde sud-africains n'étaient pas aussi moribonds que leurs dernières rencontres le faisaient croire.
Fidji - Pays de Galles (38-34) : Un match mémorable de 2007
Le 29 septembre 2007, au stade de la Beaujoire à Nantes, Fidji et Pays de Galles ont disputé un match qui restera gravé dans les annales de la Coupe du monde. Ce match, véritable huitième de finale, a offert du spectacle, des essais et du suspense.
Les Fidjiens ont dominé la première mi-temps, ralliant les vestiaires avec une avance confortable (25-10) grâce à des réalisations de Qera, Delasau et Leawere, contre un seul essai de Popham pour les Gallois. Cependant, en l'espace de onze minutes, les Gallois ont profité de l'exclusion temporaire de Qera pour refaire leur retard et même prendre la marque grâce à Shane Williams (auteur d'un essai de 70 mètres), Gareth Thomas et Mark Jones (25-29, 51e).
Nicky Little a redonné l'avantage aux Fidji grâce à deux pénalités (31-29, 60e). Le suspense était à son comble lorsque Martyn Williams a marqué sur interception (31-34, 73e). Le Pays de Galles pensait alors tenir sa victoire, mais c'était sans compter sur une dernière percussion dévastatrice du pilier fidjien Graham Dewes (38-34, 76e).
Après 1987, les Fidji ont atteint pour la deuxième et dernière fois de leur histoire les quarts de finale.
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Uruguay - Fidji (30-27) : Une surprise en 2019
Lors de la Coupe du monde 2019, les Fidji ont subi une défaite surprenante face à l'Uruguay (30-27). Battus lors de leur premier match de la compétition par l'Australie (39-21), les Fidji n'avaient d'autre choix que de s'imposer face à l'Uruguay.
Sur le papier, Los Teros, 19e nation mondiale, ne représentaient pas un gros danger. D'ailleurs, lors de leur dernière confrontation, le 17 novembre 2018, les Fidji s'étaient imposés facilement (37-8).
Cependant, les Fidji sont peut-être arrivés avec trop de confiance. Maladroits et dépassés dans l'engagement, les joueurs du Pacifique ont finalement vite déchanté face à la solidarité et au pragmatisme des Uruguayens.
Dans le sillage d'une charnière inspirée (Arata-Berchesi) et de leaders de combat comme Kessler ou Gaminara, Los Teros ont pris la marque dès la 14e minute pour ne jamais la lâcher. Les hommes d'Esteban Meneses ont signé là le troisième succès de l'histoire de l'Uruguay en Coupe du monde après ceux de 1999 face à l'Espagne et de 2003 face à la Géorgie.
Barbarians français contre Fidji (1989)
Le 22 octobre 1989, à Bordeaux, les Fidji ont affronté les Barbarians français dans un match amical. Les Fidji ont remporté la rencontre avec six essais de Teleni (2), Serevi, Wagavatu, Savaï et Naitiulagiligi, et quatre transformations de Koroduadua (3) et Serevi.
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Composition des équipes :
- Barbarians français : MacNeill, Lacombe, Rancoule, Sella, Charvet, Bonneval, Botha, Berbizier, Maset, Erbani, Winterbotton, Ravier, Cadieu, C. Portolan, Moscato, Tolot.
- Fidji : Koroduadua, Erenavula, Naituilagiligi, Naduika, Wagavalu, Serevi, Vesuvulagi, Naruma, Teleni, Dere, Rasari, Savaï, Taga, Naiviliawasa, Naituka.
La domination australienne sur les Fidji depuis 1954
Les Fidji n’ont plus battu les Wallabies depuis 1954. Soixante-neuf ans, c’est long. Très long quand il s’agit d’une hégémonie quasiment familiale. En effet depuis 1954 et 18 rencontres, les Fidjiens n’ont plus battu les Wallabies. Et quoi de mieux qu’un match de la phase de poules du groupe C de la Coupe du monde pour briser cette mauvaise série ? C’est tout l’enjeu ou presque de cette rencontre entre les Flying Fijians et l’Australie programmée à Saint-Étienne. Les Wallabies comptent dans leur effectif pas moins de sept joueurs nés ou tous d’origine fidjienne.
L'importance des joueurs d'origine fidjienne dans l'équipe australienne
Les Wallabies comptent dans leur effectif pas moins de sept joueurs nés ou tous d’origine fidjienne. Parmi eux, on compte Marika Koroibete, Samu Kerevi, et Suliasi Vunivalu (trois-quarts), Mark Nawaqanitawse (ailier), Issac Fines-Leleiwasa (demi de mêlée), Langi Gleeson et Rob Valetini (troisième ligne). De quoi pimenter la rencontre ? Peut-être. Et attendrir les chocs ? Hors de question. Les Fidjiens comme les Wallabies ont prévu de cogner fort.
La fierté fidjienne transcende les frontières
Le sélectionneur des Flying Fijians, Simon Raiwalui, préfère souligner la marque de fabrication fidjienne plutôt que d’y voir une animosité particulière. « Nous sommes fiers de tous les Fidjiens qui jouent dans le monde entier, a assuré le Fidjien né en Nouvelle-Zélande et qui a grandi en Australie. Certains ont dû partir à l’étranger pour obtenir des opportunités, mais nous sommes fiers de tous nos frères, qu’ils jouent pour les Fidji, l’Australie ou d’autres pays. Ça va être sympa avec trente Fidjiens sur le terrain. »