Le hockey sur glace, sport spectaculaire et rapide, n'est pas sans risques. Des accidents graves, voire mortels, peuvent survenir, touchant aussi bien les joueurs que les spectateurs. Cet article se penche sur ces incidents tragiques, les mesures de sécurité existantes et les adaptations nécessaires pour minimiser les risques.
Accidents Récent et Émotion Collective
Récemment, un accident a eu lieu à la patinoire de Charleville-Mézières (Ardennes), où un employé a été heurté à la tête par un palet lancé à pleine vitesse. L'incident a nécessité l'intervention des pompiers et de la police. Boris Ravignon, maire de Charleville, a confirmé que l'individu "va mieux, il a repris conscience et se repose".
Cet événement a soulevé des questions sur la sécurité des employés travaillant aux abords de la patinoire. Selon Ravignon, des protections existent autour de la patinoire, mais le palet a suivi une trajectoire inhabituelle, percutant une colonne en bois avant d'atteindre l'agent. L'agglomération envisage de renforcer les protections et pourrait imposer le port du casque aux agents.
L'Épineuse Question de la Sécurité des Spectateurs
Le hockey sur glace est un sport rapide où les palets peuvent être projetés à des vitesses considérables. Un palet de hockey est constitué à 100% de caoutchouc. Ce qui n'empêche pas les drames lorsqu'il est lancé à plus de 100 km/h, ce qui arrive bien souvent. Plusieurs incidents ont mis en lumière les dangers potentiels pour les spectateurs. En 2014, un garçon de 8 ans est décédé après avoir été frappé par un palet lors d'un match à Dunkerque. Dix ans après ce drame, le tribunal correctionnel a requis des amendes contre le club des Corsaires et l’Association Dunkerque détente, soulignant des lacunes dans la sécurité de la patinoire.
Ces événements ont conduit à un examen plus approfondi des normes de sécurité dans les patinoires. À Angers, par exemple, des vitres en plexiglas entourent l'ensemble de la patinoire, sur une hauteur minimale de 80 cm au-dessus de la balustrade. Caen a également renforcé sa sécurité en refaisant le tour de piste et en posant des filets au-dessus des vitres de protection.
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Cependant, certains estiment que la responsabilisation du public est également essentielle. Des consignes de sécurité devraient établir des espaces à risques dans lesquels il ne faut pas se placer.
Le Drame d'Adam Johnson et la Protection des Joueurs
Un autre accident tragique a mis en évidence les risques encourus par les joueurs eux-mêmes. En octobre dernier, le hockeyeur américain Adam Johnson est décédé après avoir eu la gorge tranchée par une lame de patin lors d'un match en Angleterre. Cet événement a créé une onde de choc dans le monde du hockey sur glace et a relancé le débat sur la protection des joueurs.
Si les joueurs de hockey sont équipés de nombreuses protections (casques, coudières, épaulettes, gants), certaines zones, comme le bas du visage et le cou, restent vulnérables. Suite au décès d'Adam Johnson, la police du South Yorkshire a arrêté un homme soupçonné d'« homicide involontaire ». Selon le « Mirror », la police du South Yorkshire a arrêté un homme soupçonné d'« homicide involontaire ». L’enquête avance après la mort tragique du hockeyeur Adam Johnson, survenue sur la glace, le 28 octobre dernier.
Plusieurs pays ont déjà pris des mesures pour renforcer la protection des joueurs. La Finlande et la Suède ont rendu le protège-cou obligatoire après un drame similaire en 1995. La France va prendre le même chemin puisque la Fédération française des sports de glace a décidé d'imposer le protège-cou sur toutes les patinoires de France la saison prochaine.
Mesures de Sécurité et Évolutions Nécessaires
Plusieurs mesures de sécurité sont déjà en place dans les patinoires :
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- Vitres de protection : Des vitres en plexiglas entourent généralement la patinoire pour protéger les spectateurs des palets.
- Filets de protection : Des filets peuvent être installés derrière les buts et le long des tribunes pour empêcher les palets de sortir de l'aire de jeu.
- Équipement de protection pour les joueurs : Les joueurs portent des casques, des coudières, des épaulettes, des gants et d'autres protections pour minimiser les risques de blessures.
Cependant, ces mesures ne sont pas toujours suffisantes. Des incidents tragiques continuent de se produire, soulignant la nécessité d'évolutions supplémentaires. Parmi les pistes à explorer :
- Renforcement des protections : Les protections existantes pourraient être renforcées, notamment au niveau du cou et du bas du visage pour les joueurs. Des protections en plexiglas (nom commercial passé dans le langage courant du polyméthacrylate de méthyle) ont été demandées au mois de janvier par le club de hockey de Charleville, rapportait L'Union. Mais Boris Ravignon soutient que "le dispositif qu'on a aujourd'hui, des filets, monte bien plus haut et est donc bien plus protecteur que le plexiglas.
- Obligation du protège-cou : L'obligation du port du protège-cou pour tous les joueurs, quel que soit leur niveau, pourrait réduire considérablement les risques de blessures graves au cou. La FFHG l’a déjà affirmé : le protège cou sera obligatoire dès la saison prochaine sur toutes les patinoires de France.
- Amélioration de la sécurité des patinoires : Les patinoires pourraient revoir leurs installations pour minimiser les risques de sortie de palets dans les zones publiques. L’audience a permis de mettre en lumière les lacunes dans la sécurité de la patinoire. Des incidents similaires avaient déjà eu lieu avant la mort de l’enfant : une femme avait notamment été grièvement blessée en 2004. Malgré ces accidents, aucune mesure de sécurité suffisante n’avait été prise.
- Sensibilisation du public : Il est important de sensibiliser le public aux risques potentiels et de rappeler les consignes de sécurité. « Une seule chose peut être améliorée : la responsabilisation du public, note Roselyne Bienvenu, adjointe aux Sports à la ville d'Angers. Des consignes de sécurité établissent des espaces à risques dans lesquels il ne faut pas se placer. Il en va aussi de la prudence des supporteurs ».
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