Le Racing Club de France (RCF), fondé en 1882, est un club omnisports dont la section football a marqué l'histoire du sport français. Cet article explore l'histoire du club, son stade emblématique, le stade Yves-du-Manoir de Colombes, et son héritage durable.
Les Origines du Racing Club de France
Créé en 1882 par des élèves du lycée Condorcet à Paris, le Racing Club de France est d'abord un club d'athlétisme. La légende raconte que les premières courses étaient organisées dans le hall de la gare Saint-Lazare. En 1885, le club s'engage avec le Stade Français dans la création de l'Union des Sociétés Françaises de Sports Athlétiques (USFSA), qui encourage initialement la pratique du rugby.
En 1896, la section football est créée, ajoutant une nouvelle dimension au club. Le Racing connaît son premier succès en 1902, devenant champion de Paris et vice-champion de France, avec des résultats identiques en 1903.
L'Ère du Stade de Colombes : Yves-du-Manoir
Au début des années 1930, le Racing s'impose comme la principale équipe de football de la ville puis de la région. Le club évolue au stade Yves-du-Manoir de Colombes, une enceinte mythique qui a accueilli les événements du sport français pendant des décennies. En 1907, le Racing Club de France jette son dévolu sur l’ancien champ de course de Colombes transformé par le journal Le Matin en enceinte athlétique. Le premier match des Ciel et Blanc à Colombes se dispute sans doute le 2 février 1908 contre le Sporting club universitaire de France (SCUF), en championnat de Paris de 1re série.
Le Racing Club de France participe à la construction d’une arène prestigieuse de plus de 65 000 places : le Stade Yves du manoir de Colombes.
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Un stade emblématique
Le site, destiné au sport dès 1883, est à l’origine un hippodrome, transformé en stade pour accueillir des compétitions d’athlétisme, de rugby et de football à partir de 1907. L’architecte Louis Faure-Dujarric, ancien rugbyman du Racing, a été le maître d’œuvre des travaux du stade de Colombes en vue des Jeux de Paris 1924. Le joyau du Racing a longtemps été le grand stade de Colombes, rebaptisé Yves-du-Manoir en 1928.Le stade va subir dans cette perspective des grands travaux en 2022-2023 qui vont grandement le transformer. Le terrain olympique va être transformé en un stade de 15 000 places, qui verra donc défiler les équipes de hockey qualifiées pour Paris 2024, mais qui est ensuite destiné à offrir une enceinte moderne pour le Racing-football. L'ensemble du complexe accueillera lui diverses installations liées au hockey (Fédération, CTN, terrain de 1 000 places), au football (4 terrains) et au rugby (3 terrains).
Un haut lieu du sport français
Le stade Yves-du-Manoir fût pendant longtemps, en plus d'une installation du RCF, un des hauts lieux du sport français, et en particulier du football hexagonal. Mais surtout, le stade de Colombes a accueilli en 1938 la finale de la 3ème Coupe du Monde (Italie-Hongrie 4-2), organisée cette année là en France.
Au début des années 1930, le Racing s’est imposé comme la principale équipe de football de la ville puis de la région. En juillet 1940, alors que l’Alsace était annexée par l’Allemagne, le Racing devenait le Rasensport et participait au championnat organisé par la Fédération allemande. Quelques années plus tard, une nouvelle tribune d’honneur de 2500 places assises était construite (côté Nord), en même temps que l’aménagement de gradins derrière les buts et une nouvelle piste d’athlétisme. Les travaux se sont poursuivis en plusieurs tranches jusqu’en 1984 afin de limiter les conséquences sur les matches.
Le premier match de rugby sur la pelouse de Colombes est disputé en 1908 par le Racing Club de France. Les dirigeants du club profitent des Jeux de 1924 pour construire une vaste enceinte qu’ils utiliseront toutefois de manière irrégulière pour les matchs de leur équipe de rugby.
Les années de gloire
Jean-Bernard Lévy qui prend la présidence du Racing en 1928 sera à l’origine de la mutation du club Ciel et Blanc. Les bons résultats vont très vite suivre. Le Racing atteint la finale de la Coupe de France en 1930. En 1932, la première ligue professionnelle de France voit le jour. Le Racing est enregistré et devient indépendant du club sportif d’origine en raison de sa professionnalisation. La même année un match amical a but caritatif au profit des blessés de guerre est organisé entre le Racing et les Gunners d’Arsenal. Le Racing devient le premier club français à voyager en avion, notamment à Londres, pour affronter ses amis anglais. Ce match sera renouvelé chaque année et ce pendant de nombreuses saisons.
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Sous la houlette de son entraîneur anglais George Kimpton qui adopte la nouvelle tactique du WM (3-2-2-3) et emmenés par leurs deux attaquants vedettes, le français Roger Couard (23 buts en 22 matchs) et l'anglais, ancien de Manchester United, Frédérick Kennedy (19 buts en 29 matchs), le Racing est sacré champion de France le 24 mai 1936 et termine premier au classement devant l'Olympique Lillois et le RC Strasbourg.
Le Racing a remporté cinq Coupes de France (1936, 1939, 1940, 1945 et 1949) et un titre de champion de France en 1936. Ces succès ont marqué l'apogée du club avant-guerre.
Les Turbulences et les Tentatives de Renaissance
Alors qu’il célèbre plus de 50 années d’existence, le club connaît un déclin et doit faire face à une situation financière délicate, à tel point qu’en 1967, le club redevient non-professionnel.
En 1982, l'industriel Jean-Luc Lagardère décide de s'investir dans le football et se donne pour but de doter Paris d'un second grand club, à l'image d'autres capitales européennes telles que Madrid ou Londres. Le président décide de ressusciter le nom et l'image du Racing, comptant sur les nostalgiques de la grande époque pour faire naître un public. Il rachète la section professionnelle du Paris FC, rebaptisée Paris 1, et la fusionne avec la section football du Racing sous le nom de Racing Paris 1, puis Racing Club de Paris. Malgré l'existence de règlements interdisant cette pratique depuis 1920, le club incorpore à son nom une marque commerciale en 1987: Matra, et devient le Matra Racing. Mais son ambition d'être un grand d’Europe en 10 ans et voir le "Racing succéder à l’AS Saint-Etienne dans le cœur des Français", avec des joueurs comme Olmeta, Bossis ou Francescoli, n’est jamais allée plus haut que la 7ème place en D1 acquise en 1988.
Mais en 2006, il a dû se résoudre à la perte de la concession de la Croix-Catelan. Sans ce centre, qui générait les seuls excédents de recettes, c’est alors la quasi-faillite du club, qui doit se replier sur ses autres sites, situés à Versailles, au golf de la Boulie ou encore dans le 17e arrondissement de Paris.
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Le renouveau sous Patrick Norbert
En mars 2018, le club est repris par Patrick Norbert, ancien producteur de cinéma à la tête d’une société de promotion immobilière et ex-président d’Angers SCO (Ligue 2).
Depuis 2018, c'est Patrick Norbert, ancien acteur, producteur, président d'Angers de 2003 à 2006, et aujourd'hui dans l'immobilier, qui tient les rênes du Racing. « Je ne pensais jamais remettre les pieds dans le foot mais le Racing, c'est spécial. C'est emblématique et, comme quelques autres, on se dit toujours qu'il refera un jour surface », admet-il.
Au terme d’une saison de haute volée en National 3 Île-de-France, le Racing termine l’exercice 2021/2022 à la première place avec 60 points et retrouve l’échelon supérieur. Les hommes de Guillaume Norbert terminent la saison avec la meilleure attaque du championnat (62 buts inscrits) et la meilleure défense (20 buts encaissés). Pour son retour en National 2, le Racing s’impose (0-3) contre Saint-Pryvé Saint-Hilaire et réalise une grande saison, marquée par une belle deuxième place derrière le FC Rouen.
L'Héritage et l'Avenir
Le Racing Club de France est un club riche d'histoire et de traditions. Ses couleurs, ciel et blanc, son palmarès et le stade Yves-du-Manoir sont ancrés dans la mémoire collective.
Depuis les années 90, le Racing est reconnu pour son excellence dans le domaine de la formation. La section regroupe aujourd’hui plus de 1,000 licenciés répartis dans différentes équipes masculines et féminines évoluant au plus haut niveau régional et national.
« Le Racing club de France avait besoin d’une nouvelle dynamique, explique Philippe Baudillon, élu président en décembre 2021. Nous travaillons sur la relance d’un projet sportif ambitieux qui se déploiera après les JO de 2024 autour de la santé, l’éducation, l’insertion, sur la place des femmes dans le sport, sur le handicap. » Pour la première fois de sa longue histoire, le RCF va créer une section cyclisme.
Le club évolue actuellement en National 2 et vise le plus haut niveau, porté par des entraîneurs passionnés et dévoués. Le retour à Colombes, dans un stade Yves-du-Manoir rénové pour les Jeux Olympiques de 2024, devrait redynamiser le club et son environnement.