La Ligue Arabe et Israël : Une Relation Complexe et Évolutive

La relation entre la Ligue Arabe et Israël est une question complexe, marquée par des décennies de conflit, de tentatives de paix et d'évolution géopolitique. Cet article explore les origines de cette relation tumultueuse, les événements clés qui l'ont façonnée et les perspectives d'avenir.

Origines du conflit

L'origine de ce conflit remonte au refus de la Ligue Arabe de reconnaître le plan de partage de la Palestine décidé par l'ONU en novembre 1947, suite à la décision de la Grande-Bretagne de renoncer à son mandat datant de 1919. Au départ des Britanniques et à la fondation de l'État d'Israël le 14 mai 1948, les États arabes limitrophes (Égypte, Iraq, Syrie, Transjordanie et Liban) attaquent le nouvel État, tandis que, de l'intérieur, la lutte est menée par la Garde nationale arabe levée par le mufti de Jérusalem. Après une trêve de quatre semaines (11 juin-8 juillet), les Israéliens, qui ont obtenu de nombreux appuis extérieurs, refoulent les différentes armées arabes au cours d'une courte offensive, dite « des 10 jours ».

Une nouvelle trêve (20 juillet-octobre) voit l'émigration de 500 000 réfugiés arabes vers la Transjordanie, la Syrie et le Liban. Du 15 octobre 1948 jusqu'en janvier 1949, les Israéliens repoussent les Égyptiens jusqu'à El-Arich et s'emparent de l'ensemble du Néguev et de la Galilée. L'Égypte demande un armistice, accordé le 24 février, bientôt suivie par le Liban (23 mars), la Jordanie (ex-Transjordanie) [3 avril], la Syrie (20 juillet). L'Iraq refuse la négociation, mais, n'ayant pas de frontière commune avec Israël, retire ses troupes. Les lignes de cessez-le-feu deviennent les frontières d'Israël, plus favorables que celles du partage de l'ONU.

Crise de Suez (1956)

En juillet 1956, Nasser nationalise la Compagnie internationale privée du canal de Suez. La France est déjà engagée dans la guerre d'Algérie. En accord avec la Grande-Bretagne, elle met au point une intervention en Égypte, à laquelle le gouvernement israélien est secrètement associé. L'URSS, mais aussi les États-Unis sont tenus à l'écart de cette expédition menée à partir de Chypre (opération Mousquetaire). Elle survient à un moment où le nationalisme actif de Nasser, son prestige et ses alliances arabes offensives ainsi que la faveur de l'URSS - qui vient de se substituer aux États-Unis pour réaliser le barrage d'Assouan - font peser sur Israël des dangers réels, dont une des concrétisations est le blocage du trafic maritime du golfe d'Aqaba et du port d'Eilat par les Égyptiens à partir de leur base de Charm el-Cheikh.

Suivant le scénario préétabli entre les trois protagonistes, Moshe Dayan, commandant en chef israélien, lance une « guerre-éclair » vers le Sinaï le 29 octobre. Au total, 4 colonnes blindées - dont 3 mettent en déroute l'armée égyptienne, surprise - arrivent dès le 31 octobre en vue du canal. La quatrième colonne, la plus importante aux yeux des Israéliens, s'empare de Charm el-Cheikh le 3 novembre. Le 3 novembre, les forces israéliennes s'emparent de Charm el-Cheikh.

Lire aussi: Ligue 1 Féminine : Résultats et Analyses

Le 30 octobre, Français et Britanniques ont adressé aux deux « belligérants » un ultimatum leur laissant 12 heures pour retirer leurs troupes à 15 km de part et d'autre du canal. Le refus immédiat du Caire entraîne l'intervention franco-britannique les 5 et 6 novembre, par des actions aéroportées et des débarquements à Port-Fouad et à Port-Saïd, puis par une avance rapide le long du canal jusqu'à El-Kantara. Dès le 15 novembre, une force de police internationale de l'ONU se substitue aux forces franco-britanniques, réoccupe le Sinaï, rétablit entre l'Égypte et Israël la ligne de cessez-le-feu de 1949 et reste interposée entre les deux belligérants, y compris à Charm el-Cheikh et à Gaza (mars 1957).

Guerre des Six Jours (1967)

L'alliance politico-militaire entre l'URSS et l'Égypte de Nasser s'est approfondie, et l'armée égyptienne ainsi que l'armée syrienne ont reçu de considérables équipements en matériels modernes blindés et d'aviation ainsi que de nombreux « conseillers soviétiques ». De leur côté, les Occidentaux (dont les Français) ont également fourni aux Israéliens des matériels parmi les plus performants. Le 19 mai 1967, l'Égypte demande et obtient la relève par sa propre armée des Casques bleus de l'ONU en place au Sinaï depuis 1957. Elle réoccupe donc Charm el-Cheikh et masse ouvertement des contingents blindés dans le Sinaï. La Syrie fait de même à sa frontière.

Israël réagit par une campagne préventive lancée dès le 5 juin. La campagne dure six jours et est un succès considérable pour les forces israéliennes, qui, dès le premier jour, détruisent l'aviation égyptienne sur ses aérodromes ainsi que celles des Syriens, des Irakiens et des Jordaniens. Le général en chef israélien Yitzhak Rabin mène alors de rapides opérations blindées à Gaza, dans le Sinaï et à Charm el-Cheikh du 5 au 8 juin; puis, du 6 au 8 juin, il conquiert la Cisjordanie contre les forces jordaniennes du roi Husayn, qui subissent de très lourdes pertes. Enfin il se tourne vers la Syrie et, après la saisie du plateau du Golan, marche sur Damas, lorsque le cessez-le-feu, exigé par l'ONU dès le 7 juin, arrête la campagne le 10. La poche de Gaza, le Sinaï sauf Port-Fouad, la Cisjordanie, dont la totalité de la ville de Jérusalem, enfin le plateau du Golan restent occupés par les Israéliens. En août, les chefs d'État arabes réunis à Khartoum s'engagent à ne pas reconnaître Israël et à ne pas négocier avec lui. L'ONU vote le 22 novembre 1967 la résolution 242, qui détermine les conditions politiques d'un retour à la paix : retrait israélien des territoires occupés, mais reconnaissance d'Israël par les États arabes et solution raisonnable du problème des réfugiés palestiniens.

Guerre du Kippour (1973)

La mort de Nasser le 28 septembre 1970 et son remplacement par Anouar el-Sadate vont modifier les conditions politiques des conflits israélo-arabes. D'abord, une certaine forme de guerre d'usure qui avait persisté après la guerre des Six-Jours et menaçait de ruiner économiquement les deux pays s'achève par une espèce d'accord tacite. En outre, Sadate, très conscient de l'impasse de la situation, désire la faire évoluer vers une normalisation pouvant déboucher sur une paix globale. Mais ses efforts se heurtent partout au scepticisme et à la mauvaise volonté, après qu'il ait demandé à l'URSS de retirer ses conseillers militaires (juillet 1972). Le conflit, pourtant annoncé à plusieurs reprises comme inéluctable par Sadate lui-même, est une surprise pour le monde international et pour la première fois pour le gouvernement d'Israël. Très soigneusement et secrètement préparé par l'Égypte et la Syrie, il est déclenché le samedi 6 octobre 1973 à 13 h 00 - jour de fête du Yom Kippour en Israël - simultanément par une attaque massive syrienne au Golan et un franchissement égyptien du canal de Suez. L'Iraq, la Jordanie, le Maroc et l'Algérie y participent. L'arrière-pensée politique de Sadate semble bien avoir été de provoquer, quelle que puisse être l'issue du conflit, une intervention internationale et d'obtenir ainsi l'application de la résolution 242.

Israël est surpris dans plusieurs domaines : la mobilisation, à peine ébauchée, n'est achevée que le soir du 10 octobre; le franchissement du canal est réussi techniquement dans des délais beaucoup plus courts que prévu, et la masse des blindés égyptiens est très vite à pied d'œuvre. Les aviations arabes constituent une menace potentielle considérable, de même que les batteries nombreuses et bien servies de fusées antiaériennes de type SAM 2, 3 et 6. Même sur le plan tactique de la guerre des blindés, les Égyptiens, en particulier, mettent en œuvre les armes antichars portatives modernes (fusées SAGGER et lance-roquettes RPG 7) qui stopperont, le 9 octobre, en lui détruisant 150 chars, une contre-attaque vers le canal de la seule division blindée israélienne disponible.

Lire aussi: L'organisation du football régional

C'est dans le domaine de la conduite des opérations que le rétablissement israélien s'effectuera rapidement. En attendant la fin de la mobilisation, Israël porte son effort défensif dans le secteur le plus menacé dans l'immédiat, le Golan, contre une armée syrienne de 5 divisions, dont 2 blindées, face à 2 brigades israéliennes, un millier de chars contre une centaine. C'est l'aviation israélienne qui empêche la rupture, grâce à un nombre de sorties considérable (2 000 sorties journalières en moyenne pendant le conflit). Le dimanche soir, soit en 36 heures, et bien qu'elles aient progressé profondément dans le Golan, les forces syriennes ont perdu 80 % de leurs chars, et l'équilibre des forces commence à se modifier. Dans le Sinaï, les Égyptiens n'ont pas pris le risque d'une avance rapide, mais leur potentiel est intact et ils ont même acquis un succès défensif certain sur les premiers blindés israéliens lancés inconsidérément en contre-attaque. Les Israéliens décident de maintenir leur effort dans le Golan, mais, pour réduire les pertes, ils progressent méthodiquement et avec une certaine lenteur en direction de Damas contre un ennemi combatif qui a reçu en renfort une division irakienne et une brigade marocaine. Le 14 octobre, ils se trouvent à portée d'artillerie de Damas, mais s'établissent alors sur la défensive, pour porter leur effort dans le Sinaï. Le front syrien restera désormais statique, exception faite de quelques contre-attaques blindées arabes sans grand succès et de la reprise, juste avant le cessez-le-feu (21 octobre), du mont Hermon par les Israéliens, une des opérations les plus coûteuses de toute la guerre.

Dans le Sinaï, probablement pour soulager leur allié syrien, les Égyptiens, qui disposent de 8 divisions, dont 3 blindées, lancent les 13 et 14 sans succès et au prix de lourdes pertes en blindés des attaques massives de chars sur les concentrations des Israéliens. Dans la nuit du 15 au 16, à la jonction des deux armées égyptiennes, un peu au nord du lac Amer, les Israéliens lancent 2 brigades blindées et 2 mécanisées, qui, dès le 16 au soir, réussissent le franchissement du canal. Après avoir organisé solidement vers le nord leur tête de pont, ils engagent, à partir du 19, 2 autres brigades blindées vers le sud et la ville de Suez, encerclant ainsi la totalité de la . Malgré l'intervention de l'aviation égyptienne, la destruction progressive des sites de fusées antiaériennes finit par leur assurer une certaine maîtrise aérienne. Les Israéliens ont perdu plus de 100 appareils, mais ils ont été renforcés en avions et en matériels de contre-mesures électroniques grâce à un pont aérien américain qui a fait pendant au pont aérien analogue de l'URSS vers les nations arabes. Le 22 octobre, la ville de Suez est presque atteinte et, au cessez-le-feu, le 24, la IIIe armée égyptienne encerclée.

Parallèlement aux opérations militaires, la diplomatie internationale a été fort active, aiguillonnée en outre par la décision prise le 17 octobre par les pays arabes producteurs de pétrole de réduire leurs exportations vers l'Europe et les États-Unis. À l'issue du séjour de Henry Kissinger à Moscou (21 octobre), le Conseil de sécurité de l'ONU adopte le 22, et renouvelle le 23, une résolution américano-soviétique pour un cessez-le-feu immédiat, accepté par Israël et l'Égypte et rejeté dans un premier temps par la Syrie, l'Iraq, l'OLP et la Libye. Après une mise en état d'alerte de toutes les forces américaines (25 octobre), à la suite de l'avertissement soviétique à Israël sur le non-respect du cessez-le-feu, le Conseil de sécurité fait adopter le principe de l'envoi sur place d'une force de 7 000 Casques bleus, sans participation des contingents de pays membres permanents du Conseil.

Initiative de Paix Arabe (2002)

Il y a maintenant dix ans, le 28 mars 2002, la Ligue des Etats arabes réunie lors d’un sommet à Beyrouth au Liban, proposait une initiative de paix allant jusqu’à envisager des relations normalisées avec Israël dans le cadre d’une paix globale comprenant l’ensemble des pays arabes. La difficulté à mettre en œuvre les accords d’Oslo (Oslo 1 et Oslo II) et l’échec de la rencontre tripartite entre le président américain Clinton, le président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat et le Premier ministre israélien Ehoud Barak en juillet 2000 à Camp David, aux Etats-Unis, alimentent l’impression que les perspectives du processus de paix sont définitivement oubliées. L’espoir suscité par ce processus de paix est dorénavant remplacé par la frustration. La majorité des Palestiniens ne constate aucune forme de retrait israélien, ni de base d’un futur Etat palestinien indépendant alors que la politique israélienne de colonisation se poursuit.

Alors que la tension est à son comble tout au long de l’année 2000, Ariel Sharon, chef du Likoud, se rend le 28 septembre sur l’Esplanade des Mosquées à Jérusalem. Cette visite, interprétée comme une provocation par les Palestiniens, déclenche dès le lendemain la seconde Intifada. Les violences se multiplient, la contestation se transforme rapidement en lutte armée organisée par le Hamas, le Djihad islamiste, les brigades al-Aksa, le Fatah et est réprimée par l’armée israélienne. L’arrivée au pouvoir d’Ariel Sharon, en février 2001, durcit davantage cette politique. Il souhaite mettre fin à la résistance palestinienne, accusée de vouloir anéantir l’Etat hébreu, et briser l’Autorité palestinienne créée avec les accords d’Oslo en bombardant fréquemment ses infrastructures. Malgré les condamnations de l’usage du terrorisme par Yasser Arafat, les attentats-suicides se multiplient contre des militaires mais aussi des civils. Le 13 mars 2002, le Conseil de sécurité de l’ONU vote la résolution 1397 (14 voix pour et une abstention de la Syrie), qui exige la condamnation de la conduite israélienne. Cette résolution mentionne pour la première fois la perspective d’un Etat palestinien.

Lire aussi: Triomphe Roumain en Ligue des Champions

Le 14ème sommet de la Ligue des Etats arabes s’ouvre ensuite les 27 et 28 mars 2002 dans la capitale libanaise. Il est marqué par l’absence du président égyptien Hosni Moubarak, du roi de Jordanie Abdallah II, ainsi que de Yasser Arafat. Ce dernier n’a en effet pas pu se rendre à Beyrouth faute de pouvoir obtenir la garantie d’un retour possible à Ramallah. L’organisme régional tente, depuis sa création en 1945, d’harmoniser les politiques des différents régimes face à la question palestinienne. Suite aux propositions du saoudien Abdallah Ben Abdel Aziz, alors prince héritier, et à partir du plan établi durant le sommet de Fès en 1982, les 22 pays membres adoptent à l’unanimité le 28 mars 2002 le plan « Initiative de paix arabe ».

Dans ce plan, le conseil arabe de la LEA demande « à Israël de revoir sa politique et de s’orienter vers la paix en annonçant qu’il adopte la paix globale comme choix stratégique ». Le conseil de la LEA « réclame » également qu’Israël se retire intégralement de tous les territoires occupés en 1967, reconnaisse la formation d’un Etat palestinien indépendant avec pour capitale Jérusalem-Est et s’étendant sur les territoires occupés de Gaza et de Cisjordanie. Il appelle par ailleurs à ce que la question des réfugiés palestiniens soit soumise à une « solution juste » en conformité avec la résolution 194 de l’Assemblée générale de l’ONU de décembre 1948. Cette initiative de paix arabe propose enfin la reconnaissance explicite de l’Etat d’Israël. Elle est pourtant immédiatement rejetée par le Premier ministre israélien Ariel Sharon qui refuse de se retirer sur les lignes du 4 juin 1967 pour des raisons de sécurité. Il cherche alors à se soustraire de tout accord qui imposerait un partage de l’Etat hébreu et préfère considérer les avancées arabes comme une stratégie de destruction contre son pays. Le 28 mars, 29 civils israéliens sont tués dans un attentat-suicide revendiqué par le Hamas et visant un hôtel où a été célébrée la pâque juive. L’opération « Rempart » est alors lancée le 29 mars dans le but de réoccuper l’ensemble de la Cisjordanie.

Positions récentes et Sommet de Riyad (2023)

Le site de la BBC y voit “l’une des critiques les plus dures” d’Israël par un officiel saoudien depuis le 7 octobre 2023. Lundi, à l’issue d’un sommet réunissant à Riyad une cinquantaine de pays de la Ligue arabe et de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), Mohammed Ben Salmane a dénoncé le “massacre commis contre les peuples palestinien et libanais”, utilisant le mot “génocide” pour décrire la situation à Gaza. “La première déclaration du genre faite par le Premier ministre du royaume et de facto son leader”, observe Middle East Eye. Le prince a également critiqué la “profanation de la mosquée Al-Aqsa” ou “la remise en cause du rôle essentiel de l’Autorité palestinienne sur tout le territoire palestinien”.

Comme le rappelle Middle East Eye, “malgré les spéculations sur le fait que le royaume et Israël étaient sur le point de normaliser leurs relations”, Riyad a régulièrement critiqué l’État hébreu pour ses actions depuis un an. “Les commentaires du prince sont emblématiques de la frustration grandissante des Saoudiens sur le plan diplomatique”, commente Al-Monitor, ajoutant que l’Arabie saoudite a cherché à “présenter un front uni avec les nations arabes et islamiques en ce qui concerne la cause palestinienne”. D’autres participants ont fait entendre leur voix. “Les mots ne peuvent pas exprimer la situation désespérée du peuple palestinien”, a déploré Ahmed Aboul Gheit, le secrétaire général de Ligue arabe. “Les actions entreprises par Israël sapent les efforts pour une paix durable. Ce n’est qu’avec la justice que nous pourrons établir une paix durable. Le monde ne peut pas détourner le regard”, a-t-il insisté, dans des propos rapportés par le site d’Al-Jazeera.

Sans aller jusqu’à utiliser le mot génocide, le président égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi, a évoqué le “meurtre systématique de civils à Gaza”. Pour Recep Tayyip Erdogan, Israël a l’objectif d’“annihiler les Palestiniens”. Dans un discours décrit par Israel Hayom comme le moment où le sommet a atteint son “crescendo”, le président turc a appelé à un embargo sur les armes et la suspension des accords commerciaux avec Israël. Le communiqué publié à la fin du sommet se désole d’un “contexte de crime de génocide” et “réaffirme la pleine souveraineté de l’État de Palestine sur [Jérusalem-]Est occupé[e], la capitale éternelle de Palestine, et rejette toute décision israélienne ou mesure visant à consolider l’occupation coloniale de la ville”. Un communiqué qui “présente beaucoup de similitudes à celui qui a été publié un an plus tôt”, constate The New York Times. Comme le remarque Al-Jazeera, les 57 membres de l’OCI et les 22 membres de la Ligue arabe n’ont toutefois pas réussi à se “mettre d’accord sur une action à mener”.

Facteurs d'Inertie de la Ligue Arabe

Plusieurs facteurs expliquent l'inertie de la Ligue arabe face aux crises régionales. La première, et elle concerne la majorité d’entre eux, est de conserver coûte que coûte des liens solides avec les États-Unis, grand allié et protecteur d’Israël. Pour certains pays, dont les monarchies du Golfe, l’Amérique, même tentée par plus d’isolationnisme, est une garantie majeure de sécurité. Pour d’autres, il s’agit d’éviter d’être dans le collimateur d’une administration qui voit le monde de façon binaire : les obligés et les adversaires.

C’est ce qui explique pourquoi la tournée de M. Donald Trump dans les pays du Golfe entre le 13 et le 16 mai s’est aussi apparentée à un voyage commercial. À Riyad, le président américain a pu décrocher un contrat record : 142 milliards de dollars de commandes d’équipements militaires de pointe par l’Arabie saoudite. À Abou Dhabi, un autre accord stratégique a été signé avec OpenAI. Mais les pays arabes savent qu’acheter américain ne suffit pas pour se concilier les bonnes grâces de M. Trump. Il faut aussi s’engager sur la voie de la normalisation avec Israël. Un processus amorcé par les accords Abraham en 2020 et dont le président des États-Unis pense qu’il aurait dû lui valoir le Nobel de la paix. La levée des sanctions américaines contre la Syrie a illustré les enjeux autour de cette normalisation.

Le sommet de Bagdad ne pouvait donc remettre en cause cet équilibre où les États-Unis jouent un rôle pivot. Pour de nombreux membres de l’organisation, notamment les pays du Golfe, il n’est pas question de rompre avec Washington ou d’entacher les perspectives économiques qu’offre la normalisation des relations avec Israël. L’exemple des Émirats arabes unis, signataire des accords Abraham depuis 2020, est assez convaincant. Aucun pays n’a expulsé les ambassadeurs israéliens présents sur son sol, malgré les appels insistants de leurs opinions publiques à rompre les liens diplomatiques. Officiellement, ces deux pays s’y opposent.

Enjeux liés aux réfugiés palestiniens

Les dirigeants jordaniens comme égyptiens savent à quel point la question des réfugiés palestiniens est inflammable politiquement. Ils n’ignorent pas que leurs gouvernements seraient vus comme complices de la colonisation israélienne s’ils venaient à accueillir des exilés sur le long terme.

tags: #ligue #arabe #israel