Le monde du rugby est bien plus qu'un simple sport. C'est une culture, une passion, un art de vivre où la camaraderie et le respect se mêlent à la ferveur et à la compétition. Et au cœur de cette culture, on retrouve les chants, les hymnes, les cris de guerre qui galvanisent les joueurs et les supporters. Ces expressions musicales, souvent ancestrales, racontent des histoires, célèbrent des victoires et transcendent les frontières. Des chants écossais épiques aux hakas néo-zélandais intimidants, en passant par les mélodies galloises émouvantes, chaque nation a sa propre identité sonore, son propre moyen d'exprimer sa fierté et son amour pour le rugby.
Les Hymnes Nationaux : Plus que de Simples Chansons
Les hymnes nationaux occupent une place particulière dans le cœur des supporters de rugby. Ils sont un symbole de l'identité nationale, de l'histoire et des valeurs du pays. Entonnés avec passion avant chaque match, ils créent une atmosphère unique et solennelle, un moment de communion entre les joueurs et le public.
Flower of Scotland : L'Écosse Rebelle
"Flower of Scotland" est l'hymne national officieux de l'Écosse. Son histoire est intimement liée à la rivalité historique entre l'Écosse et l'Angleterre. Adopté par le public écossais en 1989, il a rapidement remplacé "God Save The Queen" dans le cœur des supporters. Les paroles de "Flower of Scotland" célèbrent la victoire des Écossais menés par Robert the Bruce contre l'armée anglaise d'Édouard II à la bataille de Bannockburn en 1314. Ce chant patriotique est un symbole de la fierté écossaise et de la volonté d'indépendance du pays. L'anecdote raconte que le capitaine écossais David Sole demanda au public d’entonner deux couplets de ce nouvel hymne, et non un seul, pour déstabiliser les Anglais et faire en sorte que le XV d’Ecosse gagne sur le terrain encouragé par le public. Et c’est ainsi que l’Ecosse remporta le tournoi et réalisa la même année le Grand Chelem.
Swing Low Sweet Chariot : L'Angleterre Spirituelle
« Swing Low, Sweet Chariot » est un chant que tout un peuple reprend de manière émouvante à chaque match du XV de la Rose depuis plus de 15 ans. L'histoire de "Swing Low, Sweet Chariot" remonte à 1988, lors d'un match du Tournoi des V Nations où l'Angleterre était menée par l'Irlande. Chris Oti, jeune ailier anglais, inscrit trois essais en une mi-temps, et des supporters de l'école Bénédictine commencent à chanter ce gospel pour célébrer leur héros. Le stade entier reprend le chant, et "Swing Low, Sweet Chariot" devient l'hymne officieux du XV de la Rose.
Waltzing Mathilda : L'Australie Folklorique
En Australie, « Advance Australia Fair » est l’hymne officiel. Toutefois, les Australiens lui préfèrent souvent « Waltzing Mathilda », une chanson du folklore australien, qui a une connotation bien plus populaire. Cet hymne raconte l’histoire d’un vagabond qui vit de menus larcins et qui après avoir dérobé un mouton préfère se noyer plutôt que de se rendre à la police. Il a été utilisé pour la première fois en 1976 pendant les jeux Olympiques de Montréal comme hymne sportif lors d’un match opposant l’équipe Australienne de rugby à la féroce équipe des All-Blacks de Nouvelle Zélande, se voulant être la réponse à l’emblématique Haka. Dès lors, il est devenu en quelque sorte l’hymne non-officiel du pays, en particulier lors des rencontres rugbystiques.
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Hen Wlad Fy Nhadau : Le Pays de Galles Émouvant
Hen Wlad Fy Nhadau,« Land Of My Fathers » en anglais, est un chant est inoubliable. Il est reconnu comme un des plus beaux hymnes. « Land Of My Fathers », en gallois « Hen Wlad Fy Nhadau », est en effet l’hymne que les supporters Gallois de rugby ont l’habitude de chanter avant, pendant et après les matchs , et ce quelque soit le résultat. Ce chant serait la création du barde Evan James (1809 - 1878, Ieuan ab Iago de son nom bardique), qui en aurait écrit les paroles, et de son fils James James (1833 - 1902, Iago ab Ieuan) qui en aurait composé la mélodie en 1856.
Amhrán na bhFiann : L'Irlande Combattante
Bien que politiquement divisée en deux (province de l’Ulster et République indépendante d’Irlande), lors des matchs du XV Irlandais, c’est tout un peuple qui se fédère autour de l’équipe nationale. En Irlande, pour honorer l’équipe nationale et ses joueurs, on remarque qu’il n’y a pas un seul chant mais bel et bien plusieurs. Lorsque le XV Irlandais évolue à Dublin, sur le sol de la République Indépendante Irlandaise, ce sont les chants irlandais « Amhrán na bhFiann » (la Chanson du Soldat) qui est l’hymne officiel de L’Irlande, ou encore « Molly Malone » qui sont chant.
Le Haka : Plus qu'une Danse, un Rituel Maori
Le Haka est une danse chantée traditionnelle maorie que les joueurs du XV néo-zélandais, les All Blacks, pratiquent avant chaque match. C'est un rituel impressionnant, un véritable cri de guerre destiné à intimider l'adversaire et à galvaniser les joueurs.
Les Origines du Haka
Littéralement, le Haka signifie "faire" en maori. Il existe plusieurs types de Haka, chacun ayant sa propre signification et son propre but. Le plus connu est le "Ka Mate", composé vers 1820 par le chef maori Te Rauparaha pour célébrer sa survie après avoir échappé à ses ennemis.
La Signification du Haka
Dans la culture maorie, le Haka est une danse qui peut exprimer la joie, la colère, la vengeance. Ce rituel des Iles Pacifiques était autrefois interprété par les combattants pour implorer le Dieu de la guerre avant de partir à la bataille.
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Le Haka des All Blacks
Dès la fin du XIXe siècle, les rugbymen pratiquaient le haka lors de leurs rencontres à l'étranger. Depuis la Coupe du monde de 1987, les Blacks le dansent systématiquement, à domicile comme à l'extérieur. C'est toujours un joueur d'origine maorie qui "mène" et entame le haka. Et le moins que l'on puisse dire est qu'il y a de quoi pétrifier les adversaires : regard assassin, yeux exorbités et gestes belliqueux…
Ka Mate et Kapa o Pango : Deux Versions, Deux Messages
Les All Blacks interprètent deux versions du haka : le "Ka Mate", le plus connu et le plus utilisé, et le "Kapa o Pango", un haka plus guerrier créé en 2005. Le "Kapa o Pango" est réservé pour les grandes occasions et suscite parfois la polémique en raison de son geste final, le mime d'un égorgement.
La Troisième Mi-Temps : Quand le Rugby Devient Chanson
La troisième mi-temps est un moment sacré dans le monde du rugby. C'est le temps de la camaraderie, du partage et de la fête. Et bien sûr, c'est le moment des chansons ! Après le match, les joueurs et les supporters se retrouvent au club-house pour chanter, boire et célébrer la victoire (ou oublier la défaite).
Les Classiques de la Troisième Mi-Temps
Le répertoire des chansons de troisième mi-temps est vaste et varié. On y retrouve des chants traditionnels, des chansons populaires, des hymnes de club et même des tubes internationaux. Parmi les classiques, on peut citer "Le Chasseur", "Mon Dieu que j’en suis à mon aise", "I Will Survive", "Life is Life", "Les Lacs du Connemara" et bien d'autres encore.
L'Esprit de la Troisième Mi-Temps
La troisième mi-temps est un moment de convivialité et de bonne humeur. Les chansons sont souvent entonnées à tue-tête, avec plus ou moins de justesse, mais toujours avec beaucoup d'enthousiasme. C'est un moment où les rivalités sportives s'effacent et où l'on célèbre l'esprit du rugby.
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